Universités : Le piège de l’inexpérience
Les troubles à l’université
Le piège de l’inexpérience
Ces jours-ci, les universités ont connu de très graves troubles lors desquels il y’a eu des blessés et un décès à déplorer profondément.
Peut-être que les autorités sont tombées dans le piège de l’inexpérience.
S’il était facile de trouver une solution aux multiples problèmes de l’université ce serait déjà fait.
Le président Abdoulaye Wade a certainement commis une erreur en généralisant l’attribution de bourses à l’ensemble des étudiants. Peut-être que pour certains parmi eux, la bourses n’est pas indispensable. Par contre pour d’autres elle est vitale.
L’autre dimension de l’erreur est d’avoir créé une dépense sans pour autant s’assurer de l’existence de son financement.
Le niveau nécessaire pour obtenir le baccalauréat a été abaissé considérablement. Or l’utilité d’un diplôme est liée au niveau exigé pour son obtention et à sa rareté outre le savoir faire qu’il suppose chez son titulaire.
Il y’a manifestement une population estudiantine très supérieure aux capacités d’accueil des infrastructures existantes. La rigueur aurait voulu que ces capacités soient respectées comme d’ailleurs cela se fait actuellement dans nombre d’écoles supérieures ici même au Sénégal.
Combien de fois entend-t-on dire : “J’ai mon diplôme mais je trouve pas emploi” ?
Ceci est le constat de l‘inadéquation de certaines formations proposées aux réalités de l’économie.
À propos des violences, il faut le constater pour le déplorer. Les armes blanches découvertes dans le campus prouvent que leurs détenteurs ne sont pas conscients que le respect et la considération qui sont données à l’ensemble de la communauté universitaire à travers les franchises exigent d’eux un comportement éthique exemplaire en toutes circonstances.
La gestion des forces de sécurité et défense doit certainement être revue. Les étudiants ne sont pas des ennemis à combattre. Ce sont des protestataires parmi lesquels existent probablement des casseurs. Mais confondre la bonne graine et l’ivraie n’est pas permis au niveau de l’encadrement de ces forces. L’université a pris depuis longtemps une trajectoire qui doit être rectifiée si l’on veut qu’elle réponde aux réelles besoins de l’Etat et des entreprises.
Aux États-Unis où j’ai fait une partie de mes études supérieures, ce sont les entreprises qui viennent chercher des diplômés pour les embaucher.
Pourquoi ?
Les universités ont des programmes qui s’adaptent continuellement à l’évolution des besoins de l’économie et des entreprises.
Une réalité qui doit inciter à la réflexion sur les formations que l’enseignement supérieur devrait proposer.
Ababacar Sadikhe DIAGNE,
Ancien élève des classes préparatoires aux Grandes écoles; Ingénieur diplômé de l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile (ENAC), Toulouse, France, et du MIT (Massachusetts Institute of Technology), Cambridge, USA
