Ukraine : Échanges de faim
Guerre en Ukraine
Échanges de faim
L’Occident en guerre par procuration en Ukraine rassure sur sa capacité à raisonner Vladimir Poutine à ne pas user de l’arme nucléaire tout en testant son propre armement ; alors que l’humanité essayait péniblement de se relever des difficultés de résilience imposées par la Covid-19, voici que la folie de l’homme entraine d’importantes répercussions sur les marchés de l’énergie et des denrées alimentaires. La guerre Est-Ouest par l’Ukraine a été un échange de faim tragique dont les causes prêtent à rire.
Poutine lui-même soudain visité par la grâce en cette veille de Noël reconnaît que la guerre en Ukraine traîne en longueur quand, avec Zelensky l’Ukrainien assiégé, chaque État chante victoire : l’invasion de l’Ukraine depuis le 24 février tourne à la tragi-comédie et rappelle les deux sièges de Sébastopol entre le 30 octobre 1941 et le 4 juillet 1942 et de 1854-1855.
Les derniers échanges annoncent peut-être la fin d’une tragi-comédie née d’un eugénisme russe frileux devant les menaces d’adhésion de l’Ukraine à l’Otan, une ligne rouge que l’Occident a poussé Kiev à brandir, malgré ses dénégations tardives.
Implication des armées
occidentales
et conséquences pour la terre
Il est dangereux de laisser des comédiens accéder au niveau de pouvoir où est M. Zelensky. En effet, ils peuvent dissimuler leurs vrais sentiments et manipuler leurs interlocuteurs. Par ailleurs, la compétence leur ferait plutôt défaut.
Personne ne peut et ne doit rester indifférent au drame humain que vivent les populations ukrainiennes. Présenter la situation militaire en Ukraine comme un succès, comme le fait leur président, relève au mieux d’une tragique erreur d’appréciation ou au pire d’un cynisme achevé, compte tenu des destructions et de l’exode des malheureuses et innocentes populations.
Comment est-ce que l’armée ukrainienne a pu avoir, aussi rapidement, la maîtrise opérationnelle de l’utilisation des systèmes d’armes aussi sophistiqués que ceux lui permettant d’identifier et de détruire des objectifs stratégiques russes ?
Ces systèmes d’armes ont plusieurs sous-systèmes/composantes, lesquels peuvent être activés ou mis en œuvre de manière décentralisée.
L’identification, la désignation des cibles et le guidage des vecteurs des charges militaires, parties intégrantes des activités de combat, peuvent être sous-traités. L’implication des armées occidentales va probablement plus loin que ce que déclarent leurs gouvernements.
Lors des récents conflits ou d’opérations de luttes antiterroristes, des opérateurs très éloignés des sites des affrontements arrivaient à piloter des engins sans présence humaine à bord et au besoin à détruire des cibles choisis tels que des camps ou des regroupements de combattants adverses.
La destruction de dépôts de munitions de la Russie ou de celle du vaisseau amiral Moskva de la flotte russe en Mer noire ou le sabotage mystérieux des deux gazoducs Nordstream1 et 2 font penser que l’expertise militaire mise à contribution dans ces opérations n’est pas exclusivement ukrainienne, malgré les discours qui font accroire le contraire.
Cette guerre a montré l’obsolescence de certains systèmes d’armes tels que les blindés lesquels sont, aujourd’hui, facilement détruits par des armes quasi-individuelles.
Voilà qui explique ce qui semble être une nouvelle stratégie de l’armée russe avec des frappes à distance, visant des infrastructures vitales, notamment durant l’hiver ukrainien aux rigueurs extrêmes.
En réaction à ces bombardements, des sites stratégiques comme les bases aériennes russes sont frappées par des tirs que les autorités ukrainiennes s’abstiennent de revendiquer.
La question à poser est : « D’où partent ces engins qui arrivent à franchir les défenses russes ? »
Les hypothèses à ce propos sont nombreuses. Il est prudent de ne pas croire aveuglément à celles avancées par les autorités de Kiev; peut-être qu’une aide extérieure discrète ne serait pas à exclure.
Contrairement à la doctrine antérieure qui n’envisageait le recours aux armes nucléaires qu’en cas de menace existentielle sur le pays, le président russe a récemment déclaré que ce recours ne se ferait que pour répondre, par réciprocité, à une attaque de cette nature. Cette déclaration bien rassurante à prime abord est plutôt inquiétante : une veille stratégie, mais toujours en usage, est de rassurer l’adversaire pour l’amener à « baisser la garde » afin de mieux le surprendre au moment opportun.
Au niveau de l’OTAN, d’anciens ou actuels responsables tiennent des propos bien éloignés des voies vers la paix pensant, sans doute, que la situation est plutôt favorable pour enfoncer davantage la Russie dans les difficultés économiques et militaires. Il s’y ajoute une propagande effrénée poussant à la révolte une frange de la population russe, qui commence à sentir les effets adverses des multiples et multiformes sanctions, initiées par les « Occidentaux ».
Le jeu est dangereux et la doctrine de l’enjeu existentiel est loin d’être obsolète.
Un affrontement nucléaire, même limité, n’épargnera pas le territoire européen.
Qui seront les véritables perdants en cas de conflit d’une autre échelle ?
Les véritables enjeux, pour tous les États et l’humanité toute entière, sont les changements climatiques.
Les activités militaires sont et doivent être comptées parmi les facteurs premiers qui induisent les changements climatiques.
Ceux qui avaient accueilli, par des quolibets voire le mépris, les mises en garde de René Dumont, lors de la campagne électorale de l’élection présidentielle française en 1974, quant aux abus sur la nature, ont eu tort.
Aujourd’hui, nombre d’experts doutent de la possibilité d’arrêter la course du monde vers l’abîme environnemental.
Au moment où se tiennent des conférences, qui sur le climat, qui sur la conservation de la biodiversité, les dirigeants de certains pays parmi les plus « avancés » nous gratifient de tensions qui pourraient précipiter la fin du monde.
Sagesse, responsabilité où êtes-vous ?
Ababacar Sadikhe DIAGNE
Ancien élève des classes préparatoires aux grandes.
Ingénieur diplômé de l’Ecole nationale de l’Aviation civile (ENAC),
Toulouse, France, et du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Cambridge, USA.
