Souveraineté sanitaire et pharmaceutique : Produire
Sénégal-Souveraineté sanitaire et pharmaceutique
De la dépendance à la capacité de produire
Garantir des soins et des médicaments de qualité et la souveraineté ? La réponse est économique, industrielle, scientifique et financière. Le Sénégal importe aujourd’hui plus de 218 milliards de FCFA de produits pharmaceutiques par an (ANSD).
Par Dr Djiby NDAO
La souveraineté ne se proclame pas. Elle se construit. Elle se construit dans nos usines, dans nos laboratoires, dans nos universités, dans nos hôpitaux, dans nos systèmes de financement et jusque dans notre capacité à garantir à chaque citoyen l’accès aux soins dont il a besoin.
C’est pourquoi la souveraineté sanitaire et pharmaceutique doit aujourd’hui être considérée comme une composante essentielle de notre transformation économique.
La question est simple : comment garantir durablement aux Sénégalais des soins accessibles, des médicaments disponibles et de qualité, tout en réduisant les dépendances extérieures qui fragilisent notre système de santé ?
La réponse ne peut pas être uniquement sanitaire ; elle doit être économique, industrielle, scientifique et financière. Une facture pharmaceutique qui doit nous interpeller.
Les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie montrent l’ampleur du défi. Selon l’ANSD (2024), les importations sénégalaises de produits pharmaceutiques sont passées de 162,5 milliards de FCFA en 2020 à 218,6 milliards en 2024. Elles ont encore progressé de 7,7 % entre 2023 et 2024.
Cette progression ne signifie évidemment pas que nous devons chercher à produire au Sénégal l’intégralité des médicaments aujourd’hui importés. Ce serait économiquement irrationnel : la souveraineté pharmaceutique ne signifie pas l’autarcie mais plutôt que nous devons savoir quels médicaments sont stratégiques, lesquels peuvent être produits compétitivement localement, lesquels nécessitent des partenariats internationaux et quelles dépendances doivent absolument être sécurisées.
Notre objectif ne doit donc pas être de fermer nos frontières pharmaceutiques, mais de réduire nos vulnérabilités critiques tout en développant nos capacités productives.
Le Sénégal a obtenu en décembre 2024 le niveau de maturité 3 de l’OMS pour son système de réglementation pharmaceutique. Cette reconnaissance traduit un système réglementaire considéré comme stable, bien fonctionnel et intégré (ANSD,2024).
Le niveau de maturité 3 ne signifie pas que le Sénégal est devenu totalement autonome en matière de production pharmaceutique mais que nous disposons désormais d’un socle réglementaire beaucoup plus solide pour accompagner le développement d’une industrie pharmaceutique crédible, sûre et compétitive.
La production industrielle, la recherche, le financement, les compétences et l’accès au marché constituent les autres étages de l’édifice. Nous devons maintenant transformer cet acquis réglementaire en capacité industrielle réelle.
La question n’est donc plus de savoir s’il faut développer une production pharmaceutique locale mais : Que devons-nous produire, à quel coût, avec quelles technologies et pour quel marché ?
Une première catégorie pourrait regrouper les médicaments essentiels à forte consommation et relativement accessibles technologiquement : certains antalgiques, antihypertenseurs, antidiabétiques, antibiotiques, médicaments pédiatriques, solutés et autres produits prioritaires.
Une deuxième catégorie pourrait concerner les produits dont l’absence provoquerait une rupture majeure du système de santé.
Une troisième catégorie devrait être orientée vers les productions à plus forte valeur ajoutée : vaccins, produits biologiques, réactifs, certains dispositifs médicaux et technologies de diagnostic.
Cette hiérarchisation permettrait de concentrer les ressources là où l’effet économique et sanitaire est le plus important.
L’État doit créer un marché, pas seulement annoncer des investissements. Il existe un problème classique dans toute politique industrielle. L’investisseur hésite à investir lorsqu’il ne connaît pas suffisamment la taille et la stabilité de son marché. C’est ici que la puissance publique peut jouer un rôle déterminant.
La commande publique doit devenir un instrument de politique industrielle. La SEN-PNA, les hôpitaux publics et les autres structures sanitaires peuvent constituer une demande suffisamment prévisible pour permettre aux producteurs locaux d’investir, à condition que les contrats soient construits autour de critères de qualité, de prix, de disponibilité et de continuité d’approvisionnement.
Le principe doit être clair : acheter local lorsque le produit local répond aux exigences de qualité, de sécurité, de disponibilité et de compétitivité. Il ne s’agit pas de substituer systématiquement un produit national à un produit importé mais de donner à l’industrie locale la possibilité d’atteindre une taille critique.
La souveraineté pharmaceutique ne doit jamais devenir un prétexte à une augmentation durable du prix des médicaments. Le véritable indicateur de réussite ne sera pas le nombre d’usines construites. Ce sera la capacité à obtenir simultanément plus de production locale, plus de disponibilité, une meilleure qualité, des prix accessibles. La politique industrielle doit donc rechercher un équilibre entre trois objectifs : la compétitivité industrielle, la sécurité d’approvisionnement et la protection du pouvoir d’achat.
C’est précisément pour cette raison que l’État peut avoir intérêt à utiliser des mécanismes de financement, de garantie, de commande publique et éventuellement de fiscalité ciblée pour réduire le coût initial des investissements industriels.
Une industrie pharmaceutique moderne exige des investissements lourds. Il faut financer les bâtiments, les équipements, les laboratoires de contrôle, la certification, la recherche, la formation et la constitution de stocks. Les banques commerciales ne peuvent pas porter seules ce risque. Il serait donc pertinent d’étudier la création d’un mécanisme national de financement de la souveraineté sanitaire, associant l’État, les banques, les institutions financières de développement, les investisseurs privés et les mécanismes de garantie. L’objectif ne serait pas nécessairement de subventionner les entreprises mais pourrait être de réduire le risque initial de l’investissement. Garanties publiques, prêts à maturité longue, financement concessionnel, contrats d’achat pluriannuels et mécanismes de partage de risques peuvent permettre de faire émerger une véritable industrie.
La question n’est pas seulement : “Combien l’État doit-il dépenser ?” mais : “Comment chaque franc public investi peut-il générer davantage de capacité productive, d’emplois qualifiés, de recherche et de sécurité sanitaire ?”
La souveraineté pharmaceutique est aussi une politique de capital humain. Nous devons donc rapprocher davantage universités , centres de recherche, hôpitaux, industrie et réglementation. Le Sénégal doit former davantage de spécialistes dans les domaines de la pharmacotechnologie, de la biotechnologie, du contrôle qualité, des affaires réglementaires, de la pharmacovigilance, de l’ingénierie industrielle et des données de santé.
Nous devons attirer les investisseurs étrangers, mais avec une exigence supplémentaire : que l’investissement contribue progressivement à la montée en compétence du tissu productif national. L’objectif ne devrait pas être uniquement d’importer des capitaux. Il faut aussi importer des technologies, des compétences, des standards de qualité, des procédés industriels, des capacités de recherche. Nous devons passer de la production de médicaments à la production de valeur. C’est ici que la souveraineté pharmaceutique rejoint directement notre ambition de transformation économique.
Un médicament produit localement peut générer plusieurs effets simultanés tels que : réduire certaines importations, économiser des devises, créer des emplois qualifiés, développer des compétences industrielles, stimuler la recherche, créer des marchés pour les laboratoires et les services, favoriser l’innovation, ouvrir des perspectives d’exportation.
La santé peut donc devenir un secteur industriel à part entière. Nous devons sortir d’une conception dans laquelle la santé est uniquement considérée comme une dépense budgétaire. Une partie des dépenses de santé constitue aussi un investissement dans le capital humain et dans la capacité productive du pays. Notre marché ne doit pas s’arrêter aux frontières du Sénégal. Ce dernier compte un marché intérieur important, mais une industrie pharmaceutique compétitive doit également regarder vers l’Afrique.
Notre ambition devrait être de produire au Sénégal pour le Sénégal, mais également pour l’Afrique de l’Ouest et, à terme, pour le marché continental. Cela suppose naturellement de travailler sur l’harmonisation réglementaire, la reconnaissance des normes, la logistique, les procédures douanières et les mécanismes d’accès aux marchés. L’objectif pourrait être de faire du Sénégal un hub pharmaceutique et sanitaire régional.
Notre avantage ne viendra pas nécessairement de la capacité à tout produire. Il pourra venir de notre capacité à être compétitifs sur certains segments précis. Nous devons également investir dans les segments à forte valeur ajoutée. Vaccins, biotechnologies, diagnostic, médecine numérique, intelligence artificielle appliquée à la santé, dispositifs médicaux et recherche clinique constituent autant de domaines susceptibles de créer de nouvelles chaînes de valeur.
Les projets développés autour du vaccinopôle de Diamniadio et les capacités scientifiques existantes montrent que le Sénégal possède déjà certaines briques sur lesquelles construire. Le véritable enjeu est maintenant de les connecter à un écosystème industriel et financier cohérent.
La souveraineté pharmaceutique n’est pas une fin en soi. L’OMS souligne les progrès réalisés par le Sénégal en matière de couverture des services essentiels de santé, mais le niveau de couverture reste encore perfectible. L’amélioration de l’accès aux soins suppose donc de travailler simultanément sur la disponibilité des services, leur proximité et leur accessibilité financière.
Une couverture sanitaire réellement universelle doit permettre au citoyen d’accéder au professionnel de santé, de disposer du médicament prescrit et de ne pas basculer dans la précarité à cause du coût de sa maladie.
Il est désormais nécessaire d’aller vers un véritable Pacte national pour la souveraineté sanitaire et pharmaceutique.
Ce pacte pourrait fixer des objectifs mesurables à 2030 et 2035 autour de cinq axes :
1) Produire : augmenter progressivement la part des médicaments essentiels fabriqués localement.
2) Financer : créer des mécanismes adaptés aux investissements pharmaceutiques de long terme.
3) Former : développer les compétences scientifiques, industrielles et réglementaires.
4) Innover : renforcer les liens entre universités, recherche, hôpitaux et entreprises.
5) Exporter : positionner progressivement le Sénégal sur le marché pharmaceutique africain.
Il faut garantir que le développement industriel améliore effectivement l’accès aux soins et la protection financière des populations. Nous devons produire pour soigner et investir pour souverainiser.
La souveraineté pharmaceutique n’est donc pas seulement une affaire de médicaments. C’est une question de balance commerciale, d’industrie, de recherche, d’emploi, de capital humain, de financement, de technologie et de sécurité nationale.
Le Sénégal importe aujourd’hui plus de 218 milliards de FCFA de produits pharmaceutiques par an (ANSD).
La question n’est pas de savoir comment supprimer toutes les importations mais comment transformer une partie de cette demande importée en production locale compétitive, puis transformer cette production en emplois, en compétences, en recherche, en exportations et en souveraineté.
Le Sénégal a désormais franchi une étape importante avec la reconnaissance de son système réglementaire au niveau de maturité 3 de l’OMS (ANSD,2024), Il faut maintenant franchir l’étape suivante :
passer de la capacité à réglementer à la capacité à produire ;
de la capacité à produire à la capacité à innover ;
et de la capacité à innover à la capacité à exporter.
C’est ainsi que la souveraineté sanitaire pourra devenir un véritable levier de transformation structurelle de notre économie.
Notre ambition ne devrait pas seulement être de mieux acheter nos médicaments au reste du monde. Elle doit être, progressivement, de devenir capables d’en produire une partie, d’en maîtriser la qualité, d’en développer certains et d’en exporter vers l’Afrique.
Dr Djiby NDAO
Membre club Koom-Koom
Membre des cadres patriotes pour la république
Responsable de la commission du commerce extérieur, de la coopération économique et de la planification des échanges.
KIIRAAY-Les patriotes républicains
Responsable des cadres département de Dagana
De notre correspondant en France
L’un des premiers partis du Sénégal, a perdu la boussole. Il s’agit bien du parti socialiste, né en 1976 avec la loi des trois (3) courants.
Le premier parti d’opposition légal en Afrique fut le Parti démocratique sénégalais.
Malheureusement pour aujourd’hui, la fayotterie au sein du PDS a pris le dessus.
Elle a atteint une proportion qui amenuise totalement les Statuts et le Règlement du Parti..
On ne dit plus rien sinon parler pour plaire, alors que le mutisme est devenu la nou elle doctrine adoptée.
On dirait que c’est une nouvelle façon très moderne, de faire de la politique. Le silence est de mise..
Actuellement, on fait fi de la Devise de notre formation politique, en plus de toutes nos croyances patriotiques…
Notre parti le PDS, est étêté et la preuve, c’est que les trois premières personnalités qui le dirigent, ne se manifestent nulle part ailleurs…
Ce sont :
Abdoulaye Wade
Daouda Niang et
Karim Wade..
Tant bien que mal, nous “Compagnons de Wade des Années de braisé”, essayons de toutes nos forces de réunir le Secretatariat national du PDS, mais rien n’y fait..
Gageons que les Secrétaires nationaux ou généraux adjoints, feront un barroude d’honneur, pour accepter de se rencontrer enfin à la Permanence national Oumar Lamine Badji, pour détacher le PDS des chaînes qui le cloisonnent depuis des années..
Tous les Secrétaires Nationaux de domaine, tous les Secrétaires Généraux Adjoints, tous les ex ministres qui sont encore dans le parti et tous les députés tels Lamine Thiam, Fatou Sow et Tafsir Thioye qui se regardent tous en chiens de faillance, sont coupables par rapport à cette léthargie..
Pour sûr, Doha et Versailles en prendront pour leur grade..
Ceci, parce que nous ne survivrons pas d’ici 2029 si rien n’est fait..
II ne restera plus dans le parti, sinon un petit machin de “Karimistes”, de Laudateurs, d’adulateurs et de panégyristes éberlués et confus, pour s’arroger des titres superflus mais pas d’autres qualité de fervents militants résolus..
C’est en ce moment seulement, que nous comprendrons peut-être que les démons de la Division ont eu raison sur nos tares et notre incapacité à revenir au pouvoir..
Seulement, il sera trop tard..
Tidiane SENE,
Toulouse.
