GMT Pile à l'heure, Génération Média&Technologies,la ligne du Devoir.

« Une ligne éditoriale très soixante huitarde, une approche iconoclaste sur fond de culture humaniste ».

Sonko-Diomaye : Awalé Yoon

Sonko-Diomaye

Awalé Yoon

L’appel du 8 novembre a réveillé les démons de la division visibles dès la mise en place de la nouvelle administration ; l’allié Awalé a choisi son camp en prônant l’unité autour du président de la République.

15 avril 2024
23 mai 2024

C’est peut-être cette forme de réaction directe d’une partie du gouvernement qui donne autant de poids à la remarque de Abderrahmane Diouf : “Le président n’est pas chef de parti ; il n’applique pas une justice des vainqueurs “. Le lynchage par les réseaux sociaux rappelle celui auquel le président de la République a été soumis dès les premières nominations d’avril : Pastef ne se retrouvait pas complètement en Diomaye et le manifestait bruyamment, comme aujourd’hui lorsqu’il jette l’opprobre sur les “alliés”. La première leçon à retenir de la déclaration du 8 novembre devrait ainsi être de consacrer uniquement les Patriotes, et les Patriotes seulement. Pour aller où reste la plus grande inconnue de l’après-Tera.

Certes, comme un long fleuve tranquille, les activités du gouvernement ont toujours fait l’objet de commentaires peu amènes, obligeant à s’interroger sur la solidité de l’attelage ; la césure est tranchante quand le membre du gouvernement place l’État loin des turpitudes de la vie. Surtout, les différentes prestations à date de celui qui se veut l’Alpha et l’Oméga de la vie ont suscité de nombreuses piques et répliques qui ont accompagné le compagnonnage Ousmane Sonko-Diomaye ; elles n’ont pas atténué les récentes charges contre le Premier ministre, au contraire. Enfin et contrairement à une idée largement répandue, le gouvernement est d’abord responsable devant le président de la République qui peut convoquer chacun de ses membres séparément pour repréciser ses perspectives ; il met sous l’autorité du Premier ministre, formule administrative, sans se dévêtir complètement au profit de celui qui co-signe “par le président de la République”.
Les supputations du début qui avaient entraîné l’hilarité quelque part quant à un souhait de diviser le binôme ont jeté dès l’entame un début de soupçon sur l’ambiguïté au sommet de l’État : Ousmane Sonko avait laissé apparaître dès avril 2024 quelques signes d’irritation que le temps n’a malheureusement pas aidé à compenser ; bien au contraire, des divisions, des tendances, clans ont irrité un chef de gouvernement non couvert d’irresponsabilité pénale comme le président de la République dans l’exercice de ses fonctions.

Avec le 8 novembre en perspective, la forte tendance à la remise en cause fait éclater les réseaux sociaux : une bonne campagne de communication commençait à porter ses fruits pour le gouvernement, globalement; quand les contradictions internes ont pu irriter ; étalées presque officiellement, la prestation politique depuis le 10 et le 27 octobre laisse penser à une rupture individuelle plus qu’institutionnelle qui ne saurait ébranler les bases d’une République solidement assise.

 

Pathé MBODJE