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Sénégal-Panorama politique : Crises & trucages

Sénégal-Panorama politique

Crises & trucages

Crises et combines ont accompagné la vie politique de ces 75 dernières années au Sénégal.

Dossier réalisé par

Cheikh Tidiane DIACK

I-La période de 1945 à 1960

Galandou DioufLe Sénégal a une histoire politique riche marquée par des évènements importants dans l’évolution du processus démocratique.
La période de 1945 à 1960. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, des mouvements indépendantistes, de libération nationale naissent partout en Afrique. Au Sénégal, elle est marquée par la rivalité de 2 camps le Bloc démocratique du Sénégal (BDS–et le Parti du Regroupement africain –Pra–A Sénégal avec la présence des forces communistes animées par les intellectuels. Les 2 camps ont fini par se fusionner pour donner naissance à l’Union progressiste sénégalaise–UPS– qui a enfanté l’actuel Parti socialiste.

Les communistes ont mis sur pied le Parti africain de l’Indépendance en 1957. Cinq années après, ce parti a été dissout suite aux événements de Saint-Louis et du Sénégal-Oriental (le terrorisme et le maquis). Il entre dans la phase de la clandestinité. Les dirigeants sont matraqués, poursuivis, suspendus, certains sont allés en exil, une bonne partie en Union soviétique, période coïncidant avec la guerre froide entre 2 blocs antagonistes, les États Unis ( capitaliste) , l Union soviétique ( communiste) .

Le Sénégal accède à l’indépendance deux années après le référendum (la tournée de de Gaulle). On entre dans la période du néocolonialisme après l’obtention de l’indépendance négociée. Senghor élu président, Lamine Guèye, président de l’Assemblée, et Mamadou Dia chef du gouvernement. Deux années après, Mamadou Dia fut emprisonné suite à une accusation de coup d’État qui n’était qu’un prétexte pour l’écarter :  il était un nationaliste et anti-impérialiste ;  il fallait s’en débarrasser. Majmouth Diop est chassé de la direction du parti, exilé au Mali. Les forces d’obédience communiste continuaient la lutte pour une indépendance véritable.
En 1968, éclata une grève générale, le pays tombe dans le noir, l’économie paralysée, le mouvement étudiant, les ouvriers et les forces révolutionnaires entrèrent dans la danse. Une différence de vues et d’appréciation divise le parti communiste. Pour une partie, le mouvement devait être le fer de lance de la révolution au Sénégal ;  ils quittèrent pour créer un mouvement qui a abouti à la création de la Ligue démocratique/Mouvement pour un parti du travail. Pour les autres, les conditions d’une révolution étaient loin d’être réunies avec des arguments solides. Les forces paysannes alliées naturelles de la classe ouvrière étaient utilisées par le pouvoir pour mater les grévistes. Cette période de 68 à 74 a été décisive dans la lutte pour l’instauration d une société démocratique. 
Au sortir des évènements de 68, les forces politiques clandestines constituées des nationalistes (Rassemblement national démocratique–RND, Mouvement républicain sénégalais–MRS) et des communistes qui regroupaient plusieurs courants, les pro-soviétiques (LD et PAI-Sénégal), les maoïstes( And Jëf/Mouvement révolutionnaire pour la Démocratie nouvelle–MRDN), les troskystes (LCT), les stalinistes (OST), sans oublier le MDP de Mamadou Dia, animé par Mody Diagne et Abdoulaye Thiam Laye, Mamadou Dia étant en prison.
Le président Senghor nomme Abdou Diouf Premier ministre en 1970 dans un contexte de bouillonnement politique et de crise économique dee à la sécheresse et de la montée du prix du baril du pétrole. Senghor, pour faire son entrée à l’Internationale socialiste, était obligé de faire une ouverture démocratique. C’est ainsi qu’il a reconnu le Parti démocratique sénégalais–PDS– de Abdoulaye Wade, ancien militant de l’UPS devenu Parti socialiste qui se disait parti de contribution, le MRS de Boubacar Guèye, neveu de feu Lamine Gueye et le PAI de Majmouth Diop qui revenait du Mali où il était exilé en 1974. Les forces révolutionnaires continuèrent la lutte dans la clandestinité.

Le mouvement syndical n’était pas en reste. Deux principales forces rivalisaient dans  la lutte syndicale, la CNTS, syndicat jaune, affilié au parti au pouvoir, et le SUDES, syndicat des enseignants qui était bien implanté dans le l milieu enseignant contrôle par les les communistes prosovietiques (LD et PAI Sénégal. En terme d’agitation et de propagande, le RND et AJ étaient les meilleurs, bien implantés dans la campagne, utilisant la langue de Kocc Barma comme moyen de communication et les causeries axées sur le vécu des paysans. AJ contrôlait toutes les ONG qui intervenaient dans l’encadrement des masses. Le mouvement étudiant était composé de 2 grandes forces que sont l’UNAPES contrôlée par les maoïstes (AJ) et l’UNDES par les marxistes-léninistes (Pai Sénégal et LD).
Le débat idéologique s’invitait dans toutes les rencontres politiques, c’était une véritable passion. Les premières élections organisées ont eu lieu en 1978 qui avaient vu la participation des forces politiques reconnues : le PS, le PDS, le PAI Maj et le MRS. Les forces communistes avaient infiltré le PDS, parti le plus représentatif de l’opposition pour lui donner une orientation révolutionnaire et en faire un véritable parti d’opposition. L’âge de vote était fixé à 21 ans mais nous nous intéressons aux discours et animations, surtout à Abdoulaye Wade.

Que de restrictions ! Los organes de presse n’étaient pas nombreux : le principal de l’opposition était “Takussan”; l’organe mensuel du PDS. Entre Senghor et Wade, c’était la ruse, la fourberie, Laye Ndiombor un pseudonyme que Senghor utilisait pour le qualifier.

1978, une année électorale mouvementée, la première après l’ouverture démocratique limitée.

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(à suivre)

Prochain article

Elections truquées, opposition au Parlement

Les élections couplées (Présidentielle et législatives) de 1978 ont été truquées : le vote n’était pas secret, il n’y avait pas d’isoloir, le code électoral était taillé sur mesure. Senghor réélu avec une écrasante majorité à l’Assemblée nationale. L’opposition fait son entrée avec la présence des députés du PDS.