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Parti socialiste-Partir se renforcer pour Macky

Parti socialiste

La course de tête

Benno doit aujourd’hui se disloquer

pour mieux se renforcer

Au candidat réel ou allégué de Macky Sall pour une relance opportuniste du Parti socialiste s’ajoutent ceux de l’intérieur de la formation des Verts et les exclus de la maison du père. La recomposition verte est en marche au sein même de la coalition où Macky Sall réduit les siens à leur plus simple expression cependant que l’opposition prend du poil de la bête.

 

Il n’y a pas que Macky Sall à se préoccuper du futur de ses alliés, du Parti socialiste en particulier : il a compris, avec les autres, qu’il les réduit à leur plus simple expression ; si, en 2012, le Parti socialiste et l’Alliance pour la République pouvaient totaliser un quart de l’électorat (11 et 15%), voir aujourd’hui les Verts avec 5 députés est une préoccupation pour la coalition majoritaire qui perd par ses alliés son embonpoint, inversement proportionnel à celui des autres en face auxquels on prédisait l’enfer en les réduisant comme peau de chagrin.
Il n’est dès lors point d’être clerc pour conclure au besoin politique de dissoudre la coalition pour permettre à ses composantes de se refaire une santé électorale…à plus ou moins long terme.
Et ceci d’autant qu’à l’interne on se crève les chignons.
Serigne Mbaye Thiam avait lancé la course de tête en se prétendant élu par quelques sages qui l’avaient pressenti, curieusement à la veille d’un remaniement supposé pour lequel il fallait donner signe vie.
Vilane lui a avait contesté ce monopole du patriotisme en se mettant lui aussi en vedette, au moment où l’Alliance pour la République voulait fausser le sens de la coalition en lançant la meute sur Kaffrine, avec Abdoulaye Seydou Sow qui a finalement poussé l’allié socialiste à la périphérie de Kaffrine.
Magnanime, Macky Sall met le coup de pied à la poudrière Ps, surtout au lendemain des Législatives du 31 juillet où les Verts ont étalé leur déchéance avec des résultats décevants pour une formation majeure ayant gouverné pendant 40 ans.
La compassion du président ne part pas cependant d’un bon principe, comme dans la fable : inquiété par Ousmane Sonko, Macky Sall chercherait à casser la dynamique unitaire théorique de la coalition Yewwi Askan Wi en suscitant un certain stakhanovisme. Inutile puisque, si les alliés avaient décidé de frapper ensemble aux Locales et aux Législatives, ils marcheraient par la suite chacun de son côté pour 2024. Certes, Ousmane Sonko se veut lièvre devant les tortues. C’est une fuite en avant pour mettre tout le monde d’accord au cas où Macky Sall refuserait l’amnésie générale pour Khalifa Sall et Karim Wade et que Barthélémy Dias continuerait de patauger dans les eaux  de Ndiaga Diouf ; c’est en effet oublier que lui-même n’a pas su décider le gendarme enquêteur au tout début de l’affaire Adji Sarr à faire pression sur une plaignante qui a accusé le leader de Pastef de viols et qu’il doit conséquemment répondre en Cour. C’est le e-calcul qui veut faire pression sur un président soucieux de stabilité sociale au point de faire pression sur Dame justice.
Et il y a les outsiders, exclus de la maison du père mais pas du cœur des militants qui les réservent pour la fine bouche. Barthélémy Dias est de ceux-là : parti à son cœur défendant en même temps que d’autres, il a assuré un digne intérim pendant l’absence de Khalifa Sall, au point de le suppléer dans le cœur endurci de certains par sa prestance et prestation colorées. On l’a présenté par moments comme le candidat naturel au cas où Khalifa Sall serait frappé de forclusion.
Des études butent aussi sur « un point de consensus » que constituerait Aïssata Tall Sall : sa survie n’est pas seulement politique mais sociale quand des franges importantes des sociétés sénégalaises la couvent. « Sa compétence, personne n’en doute ; son itinéraire est des plus indiqués. Il lui reste à récupérer l’appareil politique du Ps, d’autant que Macky Sall a le même flair, mais plus pour affaiblir Sonko que pour ouvrir la voie à d’autres.
Je ne connais pas Aïssata mais elle est une alternative crédible. Il faut qu’on y travaille. Je dis bien que je ne la connais pas, mais elle a un itinéraire parlant et pourrait être la candidate de consensus, surtout que, côté exercice du pouvoir, elle n’a pas d’ardoise ».

P. MBODJE