Parcelles-Voirie : Sauver Moïse des eaux
Parcelles assainies
Jamil Sané trace sa voie
Il devra aussi veiller à sauver Moïse des eaux
L’amélioration de l’environnement des transports dans la zone des Parcelles assainies devrait s’achever avec la lutte contre les inondations. Ceci sous-entend des compétences apparemment hors de portée des municipalités et des Groupements d’intérêt économique locaux.

L’axe Dior-Grand Médine est sans doute l’épreuve de feu que le maire Jamil Sané est en train de réussir ; cet enfer pavé de bonnes intentions était le parcours du combattant des voyageurs parcellois dans leurs multiples pérégrinations sur un périmètre ressemblant à un champ de patates traversé par un troupeau d’éléphants. Si Aboubacar Jamil Sané réussit à résoudre le douloureux phénomène des nids de poule, de crevasses et de l’inondation permanente de la cuvette entre Mame Abdou et le croisement 22, il sera le phénix des hôtes de ces bois, comme dit La
Fontaine.La zone balnéaire des Parcelles assainies de Dakar était le fief des parachutistes sénégalais qui y fêtaient la Saint-Michel ; elle était constituée de dunes sur une étendue appréciable et l’aménagement entamé dans les années 70 avec le projet n’a pas permis d’en faire une zone plane, de la Patte d’Oie à Cambérène.
Certes, pour ce qui concerne l’histoire récente de la voirie urbaine, Amadou Bâ avait littéralement ouvert la voie avec l’axe Dior-mosquée, entre les unités 15 et 12 ; mais les travaux simultanés entamés par l’équipe municipale s’inscrivent plus dans la durée d’un mandat municipal que celle d’une campagne électorale, fût elle celle de la Présidentielle. Au demeurant, le contexte électoral de l’époque n’avait pas réussi à emporter l’adhésion, bien que le travail fût apprécié parce que soulageant les voyageurs de ces nombreuses montagnes russes. Avec la route Dior-Grand Médine, le maire réussit d’autant plus qu’il vient de consacrer la route Marie-Immaculée, de l’église aux deux voies de Cambérène, après avoir réussi la route du terrain Acapes au croisement entre Mame Abdou et 22.
Le travail complète les efforts entre la Vdn et Dior et est d’autant plus important que cette zone Dior-Grand Médine présente un défi de taille : il n’est pas nivelé, il est souvent inondé sur les deux-tiers.
L’axe Dior-Grand Médine sera donc important pour l’environnement des Parcelles assainies car il sera le grand test de l’eau, dans une impossible politique d’assainissement et d’évacuation des eaux de surface qui ont donné des images sublimes durant le dernier hivernage.
Les efforts antédiluviens n’ont pas réussi à sauver Moïse des eaux, malgré les milliards engloutis entre Mame Abdou et le croisement 22, entre Norad et la mairie même ou même le petit bout du marché de l’unité 17.
L’image est encore douloureuse de cet Imam inondé appelant les plus hautes autorités au secours ; il aura réussi à entraîner le maire dans les eaux.
Étaler le goudron, paver les routes et réussir le ruissellement et l’infiltration est un défi qui échappe aux moyens limités d’une municipalité et de petits GIE sans grandes ressources techniques et financières spécialisés dans la débrouille. L’originalité de Jamil Sané sera de réussir un renforcement des capacités des entreprises locales engagées dans la voierie et le pavage s’il leur offre l’occasion de se mettre au diapason des entreprises de pavage qui parviennent à créer des objets laissant filtrer l’eau pour tout à la fois conserver la nappe phréatique et éviter le sermon des imams inondés.
Pathé MBODJE


