Panorama : Sweet, sweet Fanta Diallo
Sénégal-Panorama politique
Crises & trucages
Crises et combines ont accompagné la vie politique de ces 75 dernières années au Sénégal.
Dossier réalisé par
Cheikh Tidiane DIACK
XII-Sweet, sweet Fanta Diallo
Macky Sall ouvre les portes du palais aux forces vives de la nation, toutes catégories confondues : les politiques, les religieux, les hommes de culture, les communicateurs traditionnels, les hommes d ‘affaires. Ils font le défilé pour donner leur avis par rapport aux mécanismes de gestion de la pandémie de la Covid_19 qui poursuit son bonhomme de chemin avec son lot de dégâts allant des pertes humaines aux restrictions de liberté.
L’opposant le plus radical, Mr Ousmane Sonko, a proposé que le budget soit revu à la hausse pour prendre en charge les impactés au plan économique. Un budget de 1.000 milliards a été retenu. Ainsi une campagne de collecte qui a vu la participation de tous les acteurs est lancée. De jour en jour, les cas de contamination augmentèrent ; la pandémie se propageait à un rythme où tout le monde était inquiet avec un taux de mortalité en crescendo. Une équipe médicale dirigée par de grands experts de la santé a été mise au ministère de la Santé. Le dynamisme et l’engagement de l’équipe qui intervient à travers tous les maillons de la chaîne, du dépistage aux soins. Tout le corps médical était mobilisé.
Des personnes de par leur talent se sont distingués dont le professeur Moussa Seydi-photo-, le docteur Abdoulaye Bousso, la directrice de la santé devenue ministre après, le docteur Marie Khémesse Ngom, le docteur Mamadou Ndiaye pour ne citer que ceux là.
Le budget était logé au ministère de la solidarité dirigé par Mansour Faye. Des mesures préventives obligeant les citoyens à respecter la distanciation, le port des masques et l’utilisation des gels avec le slogan : “Laver les mains en toutes circonstances et en tout lieu“. Le président Macky Sall engage le combat au plan international pour que le continent africain puisse bénéficier des meilleurs vaccins après la découverte par les chercheurs dont le professeur Souleymane Mboup.
Le Sénégal reçoit une quantité importante de vaccin. Le slogan “Restez chez vous” a eu un reel impact négatif sur l’économie. Le plan de résilience permet de réduire la facture avec la distribution de denrées et des subventions accordées aux corporations et aux entreprises. Aucun secteur n’est épargné. Quand l’intérêt national est menacé, les querelles politiques et syndicales doivent être tues.
Malheureusement, c’est en plein couvre-feu que le principal opposant, le leader dira-t-on a été accusé de viol suite à une visite dans un salon de massage où sa rencontre avec une jeune fille a complètement bouleversé la politique sénégalaise en l’orientant dans une direction indécente jamais imaginée dans l’histoire politique du Sénégal. Cette période trouble de 2021 à 2024 a été celle la plus honteuse du parcours politique du pays. Complot ou pas le pays en a souffert à tous les niveaux. Relatons avec regret et des pincements au coeur ce passage combien bas et immoral de la vie de la Nation où tout un peuple a été pris en otage par une classe politique irresponsable immature, manipulant l’opinion, surtout la jeunesse, pour nous plonger dans une situation indescriptible allant de la dégradation des mœurs, de la perte des valeurs, de l’irrespect, de la promotion de la médiocrité qui ont secoué les fondements de la nation où autorités religieuses, coutumières sont habitées par une peur face à une jeunesse déchaînée sans repère avec des slogans méconnus de notre ADN culturel, le Gatsa gatsa. Quelle honte, quel opprobre. Ainsi le Sénégal des grands hommes perd sa sève nourricière et plonge le pays dans une situation que Cheikh Anta, le chantre et le gardien de la culture, n’aurait jamais au réveil de sa tombe.
L’opposition s’organise et crée une nouvelle alliance dans la perspective de préparer les élections locales prévues le 22 Janvier 2022. Le Yewi Askan wi, le Takhawou Sénégal et d’autres formations. Mr Ousmane Sonko se victimise par rapport à l’accusation de viol à son endroit et pointe du doigt Macky Sall, insinuant un complot pour l’écarter. Ce qui lui permet d’avoir le soutien d’une bonne partie de la population. Il en fait un dossier politique et fait une contre-offensive occupant en permanence les médias et le champ politique. Il profite des erreurs et des maladresses des tenants du pouvoir qui s’acharnent sur lui à travers des discours non moins convaincants, il gagne en estime et obtient le soutien de la diaspora.
Khalifa Sall et Ousmane Sonko réussirent à faire des listes qui tiennent compte du poids politique de chaque formation. Avant de sortir de la prison, il avait été radié de la mairie et remplacé par Soham Wardini de l’AFP. L’enjeu était la commune de Dakar et les grandes villes. Le Benno choisit Abdoulaye Diouf Sarr comme tête de liste majoritaire qui, après modification, devait être élu au suffrage direct, le Yewi investit Barthélémy Dias.
Au sortir du scrutin, le Benno perd les grandes villes. Dans la région de Dakar, seule la ville de Pikine échappe à Yewi qui gagne Dakar, Guédiawaye, Rufisque, Keur Massar. Yewi rafle les grandes villes : Ousmane Sonko à Ziguinchor, Babacar Diop à Thiès, Serigne Mboup à Kaolack. A Saint Louis le Yewi conteste les résultats en faveur de Mansour Faye.
Le Benno remporte la majorité des collectivités territoriales (les communes et les départements). Le dossier Adji Sar occupe le débat politique avec la convocation du leader de l’opposition qui en fait une arme de bataille en incitant la jeunesse à des séries de manifestations occasionnant des pertes humaines. A chaque fois qu’il devait déférer à une convocation, le pays plongeait dans des troubles, dans l’insécurité. Le procès finit par être tenu, il fut condamné pour corruption de la jeunesse mais bénéficiant de ses droits civiques.
Lors d’une conférence de presse, Ousmane Sonko commit l’erreur d’accuser Mame Mbaye Niang de détournement de 29 milliards, ce qui va être la patate chaude pour lui. Ainsi ce dernier porte plainte pour diffamation. La première chambre le condamne, le plaignant fait appel ; il fut jugé par contumace et condamné à 6 mois avec une amende de 200 millions, ce qui lui prive ses droits civiques. Les séries de manifestations continuent, suivies d’arrestation des responsables du PASTEF ; le président de la République prend un décret pour dissoudre le Parti. Cap vers les élections législatives de 2022.
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A suivre
Prochain article : La Nationale est la Départementale
