Panorama politique : La complotite
Crises & trucages
Crises et combines ont accompagné la vie politique de ces 75 dernières années au Sénégal.
Dossier réalisé par
Cheikh Tidiane DIACK
VII-Le serpent de la complotite
Me Wade sollicite un second mandat, désigne son Premier ministre comme directeur de campagne face à une opposition déterminée à réduire son électorat. Macky dirige la campagne et donne la majorité à Wade qui est réélu pour un second mandat mais cette fois ci de 5 ans suite à une révision de la constitution réduisant le mandat de 7 à 5 ans. Quelques mois après se tiennent les élections législatives. Macky Sall dirige la liste de la coalition Sopi qui obtient une majorité mais l’opposition est bien représentée à l’Assemblée nationale avec 3 groupes parlementaires et des non-inscrits. Ainsi, nous avons une Assemblée plurielle avec le niveau des débats plus élevés. Le Parti
socialiste enregistre beaucoup de départs dont Mamadou Diop, photo, Souti Touré, Robert Sagna, Abdoulaye Makhtar Diop, Famara Ibrahima Sagna. Macky Sall quitte la primature pour atterrir à la tête du pouvoir législatif ; il devient le président de l’Assemblée nationale et est remplacé par Cheikh Aguibou Soumaré qui devient Premier ministre (ci haut).
Le serpent qui avait mordu Idrissa Seck se dirigea vers Macky, victime d’un complot suite à une convocation de Karim Wade pour être auditionné sur sa gestion au super ministère des Infrastructures. Pour le limoger, on fait voter une loi, la loi Sada Ndiaye, qui réduit le mandat du président de l’Assemblée nationale de 5 à 1 an renouvelable. La majeure partie des députés était contre mais seront reçus par le ministre comploteur qui a été à l’origine de la liquidation de Ousmane Ngom, de Idrissa Seck, de Aminata Tall. Ce ministre avait dit dès son entrée au PDS qu’il allait prendre la direction du parti en succédant à Wade. A travers ses manœuvres sous terraines, il a réussi à les écarter d’une manière machiavélique. C’est lui qui a corrompu une bonne partie des députés (nous connaissons la somme d’argent que chaque député a reçue).
La loi est votée, Moustapha Cissé Lô et Mbaye Ndiaye ont refusé de voter et ont fini par être démis de leur fonction de député par décret violant la loi : un élu du peuple ne peut pas être démis par décret. En homme d’honneur, Macky démissionne de toutes ses fonctions électives (maire, député, président de l’Assemblée nationale) et du PDS. Suivi par les députés ci dessus et de certains responsables, il crée sa formation politique, l’Alliance pour la République et rejoint l’opposition. Cap vers les élections locales de 2009.
Jusqu’à l’accession de Wade au pouvoir, la CNTS était le syndicat le plus représentatif sous la direction de Madia Diop, un ancien du PAI qui maîtrise le marxisme-léninisme. Un homme éloquent qui, bien qu’affilié au parti au pouvoir, se battait pou la cause des travailleurs. C’est sous son magistère qu’ils ont eu beaucoup d’acquis à travers des grèves qui, parfois, ont paralysé l’économie.
Madia Diop arrivait parfois que les syndicats se retrouvaient sur les mêmes points de revendication, surtout les grandes centrales, la CSA de Iba Ndiaye Diadji et l’UNSAS de Mademba Sock qui, avec le SUTELEC, avait plongé le pays dans le noir durant 3 jours mettant le président Abdou Diouf dans tous ses états.
Si le mouvement politique a pour mission de conquérir le pouvoir, le mouvement syndical lutte pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des employés ; il arrive qu’ils se croisent; défendant les mêmes intérêts (de classe) et empruntent les mêmes formes de lutte (Vladimir Lénine : L’anarchisme et l’anarco-syndicalisme). Les forces politiques contrôlent les syndicats pour intensifier la lutte et réchauffer le climat social pour affaiblir le pouvoir.
Après l’alternance de l’An 2000, Madia Diop cède la direction de la CNTS à Mody Guiro en rivalité avec Cheikh Diop et Ibrahima Sarr. Cheikh Diop sort et crée la CNTS/Force du changement, appuyé par le président Wade qui a tout fait pour liquider la CNTS authentique.
Après l’arrêt des chantiers de Thiès, les entrepreneurs hommes d’affaires proches de Idrissa Seck sont poursuivis. C’est en cette période que Jean Lefebvre de Bara Tall entre dans des difficultés qui ont été à l’origine de sa fermeture. Une société qui employait des milliers de personnes est liquidée au profit des entreprises étrangères et celles proches du pouvoir du fait de leur proximité avec le pouvoir.
