Panorama politique : Chaud devant !
Sénégal-Panorama politique
Crises & trucages
Crises et combines ont accompagné la vie politique de ces 75 dernières années au Sénégal.
Dossier réalisé par
Cheikh Tidiane DIACK
X-Chaud devant

Macky ramène les institutions qui avaient été supprimées au lendemain de son accession au pouvoir en changeant les appellations : le sénat est remplacé par le Haut conseil des Collectivités territoriales dirigé par Ousmane Tanor Dieng et le Conseil économique social et environnemental par Aminata Tall. Ces 2 organes consultatifs viennent renforcer l’architecture institutionnelle du pays.
Khalifa Sall, premier magistrat de la ville de Dakar, entreprend changer le visage de la capitale en la rendant plus attractive avec un programme ambitieux. Ainsi il sollicite un emprunt obligataire que lui refuse le ministère des Finances. Ce qui déclencha un conflit de compétence entre l’Etat et la plus grande collectivité du Sénégal. Ce conflit a freiné les travaux d’embellissement de la place de l’indépendance. Khalifa Sall fut accusé de détournement de deniers publics, convoqué et placé sous mandat de dépôt. Cette arrestation, considérée comme une tentative d’écarter un adversaire sérieux aux élections présidentielles qui se profilent par l’opposition qui s’organise dans le cadre d’une alliance pour préparer les élections législatives de 2017.
Le climat politique se réchauffe avec les arrestations de Karim Wade et de Khalifa Sall, la radiation de Ousmane Sonko et les nombreuses convocations des dignitaires de l ancien régime à la Cour de répression de l enrichissement illicite (CREI).
Aminata Touré quitte la station primatoriale, remplacée par Mohamed Boune Abdallah Dione qui conduit d’une manière efficace et efficiente les travaux des chantiers du président Macky Sall inscrits dans le PSE. Les élections législatives de 2017 se préparent, les contingences politiques se concertent pour les alliances. Le Benno reste debout face à l’opposition composée de la principale force, la coalition Sopi et les listes qui vont sous la bannière dé leur formation politique. Boune Abdallah Dione dirige la liste
de la coalition au pouvoir qui sort largement majoritaire suivie par la coalition Sopi, le Rewmi ; Ousmane Sonko fait son entrée dans l’hémicycle avec le plus fort reste.
Le président reconduit Boune Abdallah Dione Premier ministre avec quelque réaménagement. Mankeur Ndiaye sort du gouvernement remplacé par Sidiki Kaba à la tête de la diplomatie. Auparavant, la polémique sur la non-rétroactivité de la loi réduisant le mandat du président de 7 à 5 ans a occupé la toile ; mais, après avis du Conseil constitutionnel, le président devrait poursuivre son mandat de 7 ans jusqu’ en 2019. Cap vers les élections présidentielles de 2019.
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Nous allons nous arrêter sur une question qui constitue aujourd’hui le véritable frein pour l’effectivité de la démocratie. Le rapport entre l’exécutif et la Justice. Depuis la première alternance, le pouvoir exécutif a toujours utilisé la Justice pour élargir ses bases politiques en accusant à tort d’honnêtes citoyens qui ont acquis leur richesse après de dur labeur. On peut comprendre qu’on pointe du doigt un administrateur de crédits, un ordonnateur de dépenses mais quelqu’un qui gère ses entreprises privées on l’emprisonne pour lui demander de justifier ses avoirs. Le cas de Aïda Ndiongue, une digne Walo Walo qui s ‘est battue depuis le régime socialiste dans un milieu extrêmement difficile pour se tailler une place de choix dans le monde des affaires, on l’accuse à tort parcequ elle draîne un electorat. Ça a fait mal le jour où le procureur est sorti pour étaler ses richesses. Ce qui est une atteinte à l’honorabilité et à la dignité de la personne.
La Constitution, dans son préambule, stipule que le peuple sénégalais affirme son adhésion à la déclaration universelle des Droits de l’Homme et des citoyens. Alors, on se permet pour des raisons politiciennes de bafouer les droits d’une citoyenne qui a des amis, des parents et qui est d’une grande notoriété. Aïda Ndiongue a fini par bénéficier d’un non-lieu sur tous les dossiers après avoir subi beaucoup de torts.
C’est le cas aussi de Farba Ngom qui n’a jamais géré des deniers de l’Etat, on l’emprisonne pendant 2 ans pour le libérer sans procès. Il faut mettre fin à cette situation qui est une véritable épée de Damoclès qui pèse sur la tête des hommes d’affaires qui ont tendance à explorer d’autres pays pour investir au détriment de notre jeunesse qui peine à trouver un emploi décent. Ainsi le secteur privé national qui devait booster l’économie est paralysé. La séparation des pouvoirs a été une vieille revendication que tous les opposants ont utilisée comme cheval de bataille ; mais une fois au pouvoir, on utilise les mêmes pratiques pour écarter des adversaires . Et pourtant ceux qui se prônent démocrates, sont les premiers à violer les règles démocratiques.
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A suivre
Prochain article :
2019, une première pour Sonko
