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Panorama : L’exil marocain

Crises & trucages
Crises et combines ont accompagné la vie politique de ces 75 dernières années au Sénégal.

Dossier réalisé par
Cheikh Tidiane DIACK

XIV-Ma cabane au Canada

Pour la première fois dans l’histoire politique du Sénégal, un président sortant organise des élections présidentielles sans être candidat. Avant la prestation de serment, le president sortant reçoit son successeur accompagné par celui qui l’a désigné confirmant le slogan” Diomaye moye Sonko Sonko moye Diomaye” dans un climat de cordialité et d’apaisement. Une très belle image appréciée par l’écrasante majorité de la population, ce qui traduit l’exception sénégalaise.

Après cette visite du palais, la prestation de serment s’est tenue à Diamniadio dans le centre de conférence Abdou Diouf avec la présence de toutes les autorités politiques, religieuses, coutumières, des membres du corps diplomatique, des présidents des pays amis. De grands discours ont été prononcés surtout celui du défunt président du Conseil constitutionnel, un grand homme qui a épargné au Sénégal des troubles à travers sa décision historique de maintenir les élections, défiant le chef suprême de la magistrature qui avait signé le décret de report. Mamadou Badio Camara (paix à son âme), un digne homme qui honoré la justice sénégalaise, une justice debout face à une situation de tous les dangers. Il a encadré le processus de bout en bout en résistant à toutes les pressions. Avec lui, la confiance entre le peuple et la justice est rétablie et l’indépendance de ce pouvoir tant décrié se confirme.

Le président prête serment et se dirige vers le palais où l’attendait son prédécesseur pour la passation de service; toujours accompagné de son mentor en politique, une première dans une passation au sommet de l’État. Elle se passe dans de bonnes conditions. Le président entrant accompagne le sortant en lui affrétant l’avion présidentiel pour aller à sa destination actuelle, le Maroc. En séance de travail sur les premières mesures, le duo sort les premiers décrets de nomination qui maintiennent l’ancien secrétaire général de la présidence, nomme Mr Marie Teuw Niane directeur de cabinet du président de la République et M. Ousmane Sonko Premier ministre, chef du gouvernement qui va proposer la liste des membres du premier gouvernement de la coalition Diomaye Président.

Le Benno éclate. Amadou Bâ et une bonne partie des dignitaires de l’ancien régime vont dans la coalition Jaama ak Ndiarigne. Cheikh Issa Sall, Moustapha Diop, Magatte Sène, Abdou Karim Sall partent avec leur propre liste. Benno s’allie avec le PDS dans la coalition Takku Walu ( Dans une de nos précédentes sorties, nous avions parlé de l’Alliance Taku Walu Yewi Askane wi ; c’est le PDS qui s’etait allié avec Yewi aux élections législatives de 2022). Une partie du PDS refuse de s’allier avec le Benno dont Doudou Wade et mon ami Tafsir Thioye, un homme honnete et rigoureux dans ses principes; ainsi que la grande dame Woré Sarr. Ils se présentent avec la coalition Sopi. Barthélémy Dias se retrouve avec Anta Babacar Ngom, Bougane Guèye, Thierno Bocoum et Pape Djibril Fall dans une coalition. La mouvance présidentielle compétit avec la liste Pastef dirigée par Ousmane Sonko qui écarte tous les alliés, en choisissant des candidats issus de sa propre formation politique. Ce qui crée un malaise au sein de la coalition Diomaye président. Maitre Moussa Diop de AG Jotna quitte et s’en prend à Ousmane Sonko. Les autres restent tout en gardant la pilule sur la gorge. Plus de 40 listes vont concourir à occuper 165 sièges au perchoir.
La campagne se déroule, les discours portent essentiellement sur la recherche de la majorité, qui pour gouverner sans obstacle, qui pour donner à l’opposition le pouvoir législatif en vue d’équilibrer la gouvernance des affaires publiques. Les résultats sortis des urnes donnent une majorité écrasante au Pastef avec 130 députés, les autres se partagent les 35. Et pourtant l’écart en terme de voix n’est que 200.000. Il faut revoir le mode de répartition des sièges, surtout la liste majoritaire qui pèse sur le nombre de sièges à l’Assemblée nationale.

Ainsi démarre la nouvelle législature, celle de tous les dangers que nous vivons actuellement. L’opposition menacée par le pouvoir avec le reddition des comptes qu’elle considère comme un moyen de l’affaiblir se retrouve dans une grande alliance, le FDR, pour faire face aux restrictions des libertés et au tripatouillage des textes législatifs mais reste aphone par rapport aux formes de lutte qui se manifestent par des rencontres sans lendemain.