GMT Pile à l'heure, Génération Média&Technologies,la ligne du Devoir.

« Une ligne éditoriale très soixante huitarde, une approche iconoclaste sur fond de culture humaniste ».

Panorama : L’école Benno

Sénégal-Panorama politique
Crises & trucages
Crises et combines ont accompagné la vie politique de ces 75 dernières années au Sénégal.
Dossier réalisé par
Cheikh Tidiane DIACK
VIII-La leçon Benno

Macky crée l’Alliance de la République avec feu Alioune Badara Cissé, Mbaye Ndiaye, Moustapha Cissé Lô, Abdoulaye et l’implante sur tout le territoire national et dans la diaspora qui l’a beaucoup aidé à financer les activités. Au moment où l’opposition significative était en train de s’organiser dans le cadre du Benno pour préparer les élections locales, Macky Sall fait des tournées nationales : il a visité l’ensemble des collectivités qu’il connaît bien pour avoir dirigé deux campagnes électorales durant cette période. Il est accusé de blanchiment d’argent et convoqué à la Division des Investigations criminelles, suivi par une foule nombreuse mais finit par être relâché.
La stratégie adoptée par Benno est de choisir du parti le plus représentatif dans une localité pour diriger la liste, suivie par les autres. Le domicile de Dansokho servait de lieu de rencontres qui se tenaient régulièrement pour analyser la situation, élaborer les plans d’actions et évaluer les activités. Ce qui leur permettait d’occuper en permanence le terrain politique. Le Benno remporte toutes les grandes villes, Macky reconquiert Fatick, Idrissa Seck conserve son titre foncier, la cité du Rail.

Cette victoire de Benno est un message fort en direction de la Présidentielle de 2012. Le camp du pouvoir est affaibli, Wade fait modifier la Constitution, ramenant le mandat de 5 à 7 ans. Macky signe la charte de bonne gouvernance avec réserve, il décide d’aller sous sa propre bannière. Idem pour Idrissa Seck au moment où Benno se concerte pour présenter un candidat unique. Il n’y a pas eu d’accord entre les deux protagonistes que sont Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng. Le baromètre pour le choix du candidat était la représentativité au niveau de l’Hémicycle où l’AFP avait plus de députés acquis sur la liste départementale, le PS étant 2ième derrière la coalition Sopi. Il était difficile de les départager ; ainsi Benno se divise : le Benno avec Niasse qui regroupait la presque totalité des membres et le Benno avec Tanor.

En 2011, Wade se sentant affaibli devant une opposition qui contestait son 3ème mandat introduit un projet de loi instituant le poste de vice-président qui peut remplacer le président en cas d’incapacité et le quart bloquant consistant à passer au premier tour avec vingt-cinq pour cent. L’opposition dit non et organise un grand rassemblement devant l’Assemblée nationale. Tous les ténors y étaient et faisaient face aux forces de l’ordre ; c’est ce jour là qu’on a vu le député Cheikh Bamba Dièye s’enchaîner sur les grilles de l’Assemblée. Le député Maître El Hadj Diouf rejoint la manifestation de tous les dangers qui a enregistré la mort de Mamadou Diop, paix à son âme. Les grenades lacrymogènes fusaient partout, atteignant un lieu de culte (la zawia Elhadj Malick à Lamine Guèye). Toutes les forces de défense étaient mobilisées avec leurs armes, les manifestants résistaient jusqu’à ce que le président Wade, en homme de paix, retire le projet.

Le 4ème pouvoir, la presse a joué un rôle déterminant dans le processus de conquêtes démocratiques au Sénégal. Des patrons de presse comme feux Babacar Touré (Sud) et Sidy Lamine Niasse ont payé le prix de leurs entreprises en accompagnant les forces de l’opposition dans toutes les étapes du combat à travers les reportages d’événements, les plateaux où les débats étaient de haut niveau avec comme invités des intellectuels de la trempe de Sémou Pathé Guèye, Ibrahima Sène, Mandiaye Gaye, Mamadou Ndoye, Bamba Ndiaye du MSU, qui a beaucoup aidé à éditer le journal MBempaane, l’organe d’information de Takhaw Sopi, un ami à feu Mansour Sarr, rédacteur en chef et président de la commission économique du mouvement. Des plateaux animés par de grands journalistes dont Mame Less Camara, paix à son âme, qui a contribué à notre formation à travers des séances de lectures sur les questions d’actualités nationales et internationales. Il nous a fait l’honneur d’inviter notre candidat maire aux élections locales de 96 dans son émission politique “Face à face” à la RTS dans un contexte où l’accès de l’opposition aux médias d’État était impossible. Il a pris le risque de nous permettre de faire connaître le candidat à l’opinion nationale et de vulgariser notre programme pour Dagana.

Il n’y avait pas de débats de personnes à l’époque, ils portaient sur les questions d’intérêt public. Les chroniqueurs étaient des journalistes bien formés, des hommes d’éthique et de déontologie. Quel plaisir de suivre ces plateaux instructifs ou de lire ces éditoriaux et chroniques, en particulier celles de Amadou Aly Dieng dans le Témoin du doyen Mamadou Oumar Ndiaye.Un grand hommage doit être rendu à Sidy Lamine à titre posthume, un grand acteur des 2 premières alternances. Son slogan “La voix des sans voix” n’est pas un slogan creux. Voilà une presse qui était ouverte à toutes les couches en prenant en charge les revendications et doléances. Combien de fois a-t-on coupé son signal ? Combien de fois a-t-il été convoqué, emprisonné, privé de ses droits ? Un homme d’engagements qui a aidé les tenants du pouvoir actuel avant sa mort, il mérite qu’un édifice porte son nom pour l’immortaliser.

Un grand hommage doit être rendu à Sidy Lamine à titre posthume, un grand acteur des 2 premières alternances. Son slogan “La voix des sans voix” n’est pas un slogan creux. Voilà une presse qui était ouverte à toutes les couches en prenant en charge les revendications et doléances. Combien de fois a-t-on coupé son signal ? Combien de fois a-t-il été convoqué, emprisonné, privé de ses droits ? Un homme d’engagements qui a aidé les tenants du pouvoir actuel avant sa mort, il mérite qu’un édifice porte son nom pour l’immortaliser.Un grand hommage doit être rendu à Sidy Lamine à titre posthume, un grand acteur des 2 premières alternances. Son slogan “La voix des sans voix” n’est pas un slogan creux. Voilà une presse qui était ouverte à toutes les couches en prenant en charge les revendications et doléances. Combien de fois a-t-on coupé son signal ? Combien de fois a-t-il été convoqué, emprisonné, privé de ses droits ? Un homme d’engagements qui a aidé les tenants du pouvoir actuel avant sa mort, il mérite qu’un édifice porte son nom pour l’immortaliser.
Voilà un corps qui se dégrade aujourd’hui, infiltré par des gens qui n’ont aucun professionnalisme. Je décline toutes les invitations de jeunes frères journalistes sur des plateaux où ce ne sont que des faits divers ou des attaques sur la vie privée des responsables. Quel recul ! Liberté de presse n’est pas synonyme d’anarchie ou de libertinage. On permet à des ignares de désacraliser l’État, garant de notre bien-être et de notre épanouissement à travers des institutions qui font l’objet d’attaques au quotidien.