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Panorama : Ces opportunités ratées

Sénégal-Panorama politique
Crises & trucages
Crises et combines ont accompagné la vie politique de ces 75 dernières années au Sénégal.

Dossier réalisé par
Cheikh Tidiane DIACK

IX-Ces opportunistes

qui ont perdu Wade

 

Au sortir des élections locales de 2009, Wade nomme Souleymane Ndéné Ndiaye Premier ministre ; il remplace Cheikh Aguibou Soumaré pour préparer les élections présidentielles de 2012. Il persiste et dépose la candidature pour un 3ème mandat, considéré comme son second mandat par ses partisans. Il aurait dû ne pas se présenter et sortir par la grande porte, ce qui lui aurait permis de marquer une empreinte sans tâche dans l’histoire politique du Sénégal et de l’Afrique, compte tenu de son parcours élogieux dans l’opposition et au pouvoir ; mais entouré par des arrivistes, pouvoiristes sans foi ni morale, qui ne sont intéressés que par la jouissance, l’argent et le pouvoir.

Les souteneurs faisaient la queue au palais pour recevoir les malettes et les sacs d’argent :

un guide religieux lui avait promis 3 millions d’électeurs alors que le fichier ne contenait même pas ce nombre ;

une dame avec son slogan “ Ma carte ma caution” avait promis de faire passer Wade au premier tour.

Il n’était entouré que par des opportunistes. Ils organisérent un grand rassemblement à Mermoz.
L’opposition était plus proche des populations qui réclamaient le changement face à des pouvoiristes arrogants.
Les résultats du premier tour donnent à Wade une avance avec trente sept pour cent, suivi par Macky qui obtient 26 ;  le second tour était inévitable.
Toute l’opposition se range derrière Macky Sall et met sur pied une grande coalition : Benno Bokk Yaakar. Le slogan était :  “Gagner ensemble et gouverner ensemble”. La campagne se déroule dans de bonnes conditions. Wade favorise les rencontres et visites de proximité à la place des meetings avec beaucoup d’argent décaissé au moment où l’opposition, dépourvue de moyens, continuait ses caravanes de mobilisation. Au soir du scrutin, les résultats extérieurs commencent à tomber et donnent une large avance à Macky Sall ;  ils se poursuivent à l’échelle du territoire où le candidat de Benno sort vainqueur avec 65 pour cent. Ainsi Macky Sall devient le 4ème président du Sénégal. Wade en grand démocrate, l’appela pour le féliciter comme e l accoutumée.

La deuxième alternance se réalise au Sénégal sans effusion de sang. Le peuple sénégalais a toujours fait preuve de grandeur et de maturité dans ces moments historiques de transition du pouvoir, sa souveraineté est incontestable. Le pouvoir judiciaire, seul arbitre, a fait montre de neutralité en proclamant des résultats conformes à la vérité des urnes. Macky Sall, face au destin d une population exigeante aux défis multiples.

La deuxième alternance ouvre la voie à une nouvelle ère politique. Macky Sall prête serment et fait la passation de service avec Abdoulaye Wade qui donne des instructions à ses ministres leur demandant de collaborer avec le nouveau régime, l’Etat étant une continuité. Macky nomme un premier ministre technocrate en la personne de Abdou Mbaye, un banquier, et un autre comme ministre des Finances. Le nouveau gouvernement est ouvert aux formations politiques avec qui il a partagé le combat :  il décide de gouverner avec la coalition Benno Bokk Yakaar.
Il trouve une situation financière catastrophique, le trésor ne disposant pas d’argent. Ainsi l’ancien président déclare que dans 3 mois, il ne pourrait plus honorer les engagements salariaux. Ce qui n’est pas une surprise au regard de la manière dont l’argent était distribué. Un ministre n’ayant même pas 3 millions de salaire se permettant de se promener avec des secs d’argent.
Avec la stabilité politique, les bailleurs avait confiance au Sénégal et n’avaient pas hésité à injecter de l’argent pour appuyer le nouveau régime avec qui le rapport de bon compagnonnage était établi à travers le programme Yonou Yokouté, programme établi avant la campagne électorale.
Les élections législatives se préparent. Pour gouverner dans la stabilité, il fallait avoir la majorité à l’Assemblée où il fallait adopter les lois conformes à la nouvelle orientation politique.
Au sortir des élections, Benno obtient la majorité et décide de dérouler son programme. Le sénat et le Conseil économique et social sont dissouts. Moustapha Niasse est élu président de l’Assemblée Nationale Suite à un différend avec le Premier ministre, le ministre Alioune Badara Cissé-photo- quitte le gouvernement remplacé par Mankeur Ndiaye qui, juste après la passation de service, avait été nommé Ambassadeur du Sénégal en France. Il devient ministre des Affaires étrangères.  Makhtar Cissé reste à la tête de la douane où il avait réalisé des résultats que la douane n’a jamais obtenus. Ainsi le président Sall entame beaucoup de reformes dans la gouvernance du pays. Au niveau du foncier, secteur le plus problématique avec la dilapidation des terres, il met sur pied une commission dirigée par Maitre Doudou Ndoye pour proposer les réformes qu’il fallait. Le président Amadou Makhtar Mbow lui remet les conclusions des assises qu’il avait signées avec réserve. 

Le président Macky Sall décide d’améliorer son programme de gouvernance et l’adapter aux réalités de la gestion du pouvoir et le Yonou Yokouté cède sa place au Plan Sénégal Émergent. Un plan composé de plusieurs axes dont le financement avoisinait 7.000 milliards. Il apporte un réaménagement au niveau du gouvernement. Mr Amadou Bâ remplace Amadou Kane au finances et Makhtar Cissé devient ministre du Budget, Aminata Touré qui était à la Justice devient Premier ministre. Une délégation d’experts conduite par le ministre des Finances et celui du Budget se rend à Paris pour défendre le Plan Sénégal Émergent en vue de trouver le financement. A la tête de la diplomatie Mankeur Ndiaye apporte une nouvelle orientation. Après celle de bon voisinage, c’est la diplomatie économique qu’il fallait développer . Ainsi le Sénégal est place sur la rampe de l’émergence.

À suivre

Prochain article :

Macky veut détruire Carthage