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« Une ligne éditoriale très soixante huitarde, une approche iconoclaste sur fond de culture humaniste ».

Ousmane Sonko : L’instinct, l’instant, le temps

Ousmane Sonko

Le temps, la durée
Le présent, le futur

Comme Marx, Ousmane Sonko a cette faculté de dérouler le temps mais de n’en vivre que l’instant. Son instinct lui recommande de préférer le présent du futur.
Faute cependant de maîtriser son instinct, ses impulsions, Sonko conjugue plus au présent qu’il confond avec le futur : demain, c’est aujourd’hui.

Verni par sa victoire historique de mars 2024 après 10 ans de lutte, Ousmane Sonko a eu le mérite d’être au temps de la jeunesse et de l’Afrique. En seulement une décade de bataille, il a fait mieux que Mitterrand et Abdoulaye Wade. Au surplus, comme de Gaulle, il est arrivé au bon moment, au tournant culturel d’une population africaine éreintée par l’indépendance quand l’Afrique des années 2000 est plus pauvre que celle sous les colonies, toutes proportions étant égalespar ailleurs.

Une étude réalisée pour “Le Devoir” en 2021 suggérait déjà certaines conclusions à partir de l’effet digital né dans les années 90, moment fondamental dans la densité morale africaine : “Nous observons depuis plusieurs années que « l’effet Duesenberry » basé sur l’imitation et la démonstration s’affaiblit et laisse place à l’imagination digitale… Notre jeunesse crée beaucoup et il suffit d’observer le mode vestimentaire aussi bien chez les filles que chez les garçons.

S’il fallait parler comme les philosophes de l’Inde, il faudrait dire que le « voile de Maya » se déchire et que nous nous dirigeons lentement mais sûrement vers un nouveau monde, vers un nouveau Sénégal, vers un nouveau Mali, vers un nouveau Niger”. Elle est reproduite dans la présente édition comme article du jour, publiée juste avec l’irruption de Ousmane Sonko sur la scène politique africaine qui vit toujours les mêmes affres, du Sénégal en Ethiopie.

Ousmane Sonko ne gère malheureusement que le temps présent, sans s’être jamais mis en perspective : devant Diomaye, il avait cinq ans, une éternité pour cet homme pressé comme un éléphant dans un magasin de porcelaine : il a littéralement tout brisé sur son passage.
À mi-mandat, il sombre dans la sinistrose d’un François Fillon et sa théorie du gué ; tropicalisée, elle est devenue le garant d’une “révolution pour le développement du Sénégal et de l’Afrique“.
Certes, il s’est posé comme modèle d’une jeunesse en renaissance culturelle, en recherche moins d’une revanche que d’un meilleur équilibre moral et matériel.

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Fillon et le gué

L’expression « au milieu du gué » pour François Fillon symbolise son abandon par une partie des Républicains suite au « Penelopegate » en 2017. Malgré son maintien, l’affaire a brisé sa dynamique présidentielle, menant à sa défaite au premier tour (20% des voix) et à une condamnation définitive pour emplois fictifs.
Le Point
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Son métabolisme tourne autour de lui-même et de lui seul et devient une rengaine en définitive sur le sempiternel appel au secours autour du “I and I”.
Depuis Passy, la rigidité semble comme l’os de Mor Lam. L’Assemblée, le 24 février, confirme une rampe révolutionnaire à laquelle Ousmane Sonko s’agrippe d’autant rageusement que, devant, Bassirou Diomaye Faye veut faire main-basse sur Pastef pour consolider une coalition pour le moment sans densité.