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Municipales : Dagana, terrain miné

Elections municipales 

Du local au global

Les élections locales qui se profilent nous imposent de profonds changements au niveau de la scène politique sénégalaise. Nous allons inévitablement vers la recomposition du paysage au regard de l’orientation et de la démarche des forces présentes. La mouvance présidentielle est  en décomposition avec la démarcation du Pastef de la coalition ” Diomaye président” et les tentatives d’implantation de ladite coalition qui veut se constituer en appareil politique attractif. Cette rivalité qui ne dit pas son nom risque de créer une implosion au niveau de la classe dirigeante. Qui va en profiter ? Wait and see. 

L’opposition significative regroupée dans un front de défense de la République (FDR), composée de 2 grandes forces l’APR et Nouvelle responsabilité de Amadou Bâ sorti 2ème aux dernières élections présidentielles, peut faire mal en profitant des erreurs des forces dirigeantes qui tardent à satisfaire la demande sociale
Nous allons vers de grandes alliances stratégiques et circonstancielles avec la présence de leaders avec un discours convaincant profitant des manquements du régime en place dont Thierno Alassane Sall, Anta Babacar Ngom-ci contre-, Papa Djibril Fall et Barthélémy Dias. A la lumière des démarches empruntées par les uns et les autres, nous pouvons avoir une idée des alliances possibles.
Le mouvement citoyen n’est pas en reste vu le regard que l’opinion a sur les politiques qui déçoivent à travers la non corrélation entre leur discours étant dans l’opposition et leurs pratiques une fois au pouvoir. La situation confuse  illisible nous impose un regain de patience et d’observation pour éviter des erreurs dans nos choix.
La gestion des collectivités territoriales étant un domaine complexe dû à la pression politicienne avec la présence de gens n’ayant rien compris sur les textes qui régissent la décentralisation. Il faudrait en profiter pour rendre à un grand homme qui a marqué son empreinte dans le processus de réforme qui a abouti à la communalisation intégrale, qui nous a quitté récemment :  Mr Alé Lô-photo-, longtemps président des élus locaux et maire de Taïba Ndiaye.
A ce jour, le président Bassirou Diomaye Faye n’a pas encore signé le décret convoquant le corps électoral mais les contingents affûtent leurs armes vers la compétition de tous les dangers au regard des discours entre adversaires.

CTDIACK

Déchirures mortelles

C’est le “Retenez-moi ou je fais un malheur”

Et pan sur le bec : Faut-il passer par  Dagana pour démêler l’écheveau national, c’est-à-dire ces déchirures mortelles qui doivent aider à de meilleures coalitions pour stabiliser durablement le Sénégal ?

Mystère et boule de gomme : le Sénégal dans le flou artistique au moment même où il se prépare à des législatives sans date ni candidat.

Sur le volet de politique nationale, la séparation probable des 2 têtes de la majorité présidentielle n’est pas encore actée et l’analyse politique est limitée du fait de cette inconnue. L’opposition s’organise mais sans nul doute la séparation des deux têtes siamoises du pouvoir politique sera un événement majeur qui marquera la situation politique jusqu’en 2029. L’existence séparée de 3 blocs (opposition, Sonko, Diomaye) ou le renforcement partiel de Diomaye par une partie de l’opposition sont sur la table.

La preuve, du local au national, en passant par le terreau propédeutique de Dagana.

Ici, la majorité municipale s’est construite autour du maire, Oumar Sarr. Celui-ci jusqu’à présent ne s’est pas déterminé. Il avait exprimé son souhait de se retirer après 30 ans de gestion municipale. Du fait qu’aucun de ses partisans ne s’est imposé et de l’appel insistant de sa base, il est fort probable qu’il soit à nouveau candidat avec un bloc constitué de son parti le PLD, de BBY, de l’opposition et des partisans de Mouhamadou Makhtar Cissé. Ce bloc ne s’est pas encore matérialisé du fait des incertitudes sur la date des prochaines élections territoriales.
Pour la commune de Dagana, la situation est maîtrisée. Pastef y est relativement faible. Il y a en ce moment, outre la majorité municipale, trois candidatures d’opposition :


Cheikh Cissé, richissime homme d’affaires, soutenu par certains « intellectuels » pour des raisons matérielles, un bon cas d’école : niveau scolaire primaire, s’est enrichi avec les régimes de Wade et de Macky Sall, s’est dit par sa mère parenté à Macky Sall. Il a été candidat à la mairie en 2014 et n’a pas participé aux élections locales en 2022 du fait qu’il n’avait pas été choisi tête de liste par BBY. Obnubilé par son argent. Marié à Dagana avec la cousine et homonyme de la mère du maire, Oumou Kaltome Gaye.
La famille de la mère du maire, Oumou Kaltom Mbodj, est la branche des Gaye et Mbodj du Walo, notamment de Kharé, Mbilor et Keur Mour.

Vieux Lô, transitaire. S’est mobilisé depuis 2022 avec Pastef. Veut être candidat sous sa propre bannière s’il n’est pas choisi par Pastef.

Le candidat officiel de Pastef, Bollé Diaw

Face à la force politique de la majorité municipale, il y a des appels à l’unité de l’opposition, ce qui est improbable vu que les têtes de liste affichées ne vont certainement pas se retirer et se détestent farouchement.