Moustapha Bâ : Division autour d’une unanimité
Décès de Mamadou Moustapha Bâ
Division autour
d’une unanimité
Les blancs dans les derniers instants de vie de Mamadou Moustapha Bâ ont inutilement produit du bruit blanc et enfoncé somme toute des portes ouvertes qu’aucune enquête ne permet désormais de refermer hors de tout doute raisonnable.

“Mais on t’a trouvé
Mort, au coin d’une rue
Une nuit d’été
Qui criait jusqu’aux nues”
Enrico Macias : Compagnon disparu
“La famille de l’Almamy Maba Bâ vous informe que la cérémonie de levée du corps de l’ancien ministre des Finances et du Budget Mamadou Moustapha Bâ est prévue de mercredi à partir de 10 heures à l’hôpital militaire de Ouakam.
Elles sera suivie de l’inhumation à Nioro du Rip.
Que Dieu couvre Mamadou Moustapha Bâ de sa miséricorde”
Tout est bien qui finit bien, après la tension de la semaine dernière : une famille divisée autour d’un homme qui fait l’unanimité a trouvé un allié auprès du procureur de la République pour faire la lumière à propos de la mort de Mamadou Moustapha Bâ. Pour l’honneur et la dignité du défunt, pour le décédé lui-même et la grandeur du Droit positif sénégalais, Moustapha Bâ doit parler, comme tous les morts, et pas seulement en criminalité.
L’article 66 du Code de Procédure pénale évoqué en l’espèce sied, qui ne remet cependant pas en cause les termes du certificat de décès qu’il complète comme contre-expertise : le long silence des sanglots s’expliquerait par le tout aussi long coma (neuf jours, selon le certificat délivré en France) durant lesquels le téléphone n’a pas pu fonctionner correctement. Y’avait-il un accompagnant ?
L’Observateur No 6322 du 05 novembre 2024, Page 5 ajoutait aux portes ouvertes non encore toutes fermées en répercutant ce message qui serait sorti du téléphone de l’ancien ministre : “Chers collègues, je suis au regret de vous dire que mon téléphone est cloné. Merci de ne plus m’envoyer de message ni d’appeler. Je suis actuellement à Paris et je rentre à Dakar sous surveillance”. En plein imbroglio dans les journées du 9 et du 10 novembre, une information sur les fritures en ligne dans les communications au Sénégal ajoute une autre porte ouverte au capharnaüm que constitue actuellement le Sénégal à la veille des Législatives de ce dimanche–afriqueconfidentielle.com du 11 novembre.
L’opinion retient que Mamadou Moustapha Bâ est allé seul en France comme il y avait ses habitudes ; victime d’un malaise, il aurait couru vers une pharmacie proche de son hôtel et serait tombé dans un long coma. Voilà ce que seraient les faits qu’une enquête de la Division des Investigations criminelles saisie par le procureur de la République du Sénégal devrait permettre de vérifier. Le premier communiqué du procureur de la République réfute cette thèse en un article
La nouvelle de la disparition de Mamadou Moustapha Bâ a cependant réveillé des incompréhensions au sein d’un groupe non intégré autour d’un homme jovial qui fait toujours l’unanimité sur lui ; les différences de points de vue émises à l’annonce de la disparition révélaient déjà plus une réserve contre l’épouse face à une famille apparemment tenue dans l’ignorance d’un voyage au retour fatal ; la famille qui réclame à juste titre son fils dans les terres de Maba Diakhou Bâ le fait mois contre une épouse qu’elle n’intègre plus dans ses perspectives que pour une historicité qu’il faut maintenir vivace.
Pathé MBODJE
