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Maroc-Afrique : Retour en grâce avorté

Maroc-Afrique
Retour en grâce avorté
Il y a eu des morts non encore élucidées, des intoxications à la veille de la finale de la Can Maroc 2025 non encore explicitées, une finale ratée. Au final, des supporters sénégalais casquent. Retour en grâce raté pour le royaume chérifien.

Une grâce royale ne saurait désormais prévaloir sur la diplomatie culturelle déployée depuis janvier dans l’affaire des 18 supporters sénégalais retenus au Maroc et lourdement condamnés le 16 février dernier après les incidents de la finale. Leur condamnation dans des conditions ubuesques est une vraie atteinte à la dignité des mis en cause seuls face à la Cour et une gifle à la souveraineté nationale.
Le Sénégal a sans doute manqué de vigilance en se reposant sur les liens séculiers pour ne pas brusquer Rabat.
Le Maroc n’a toujours pas réussi son intégration africaine après la crise du Sahara et son retrait de l’organisation de l’Unité africaine ; et l’attirance du pourtour méditerranéen est toujours forte, après une tentative avortée.
Dix-huit supporters sénégalais enfermés au Maroc
Lions en rage

Dix-huit supporters sénégalais retenus depuis la finale ont été condamnés ce jeudi 19 février à des peines allant de trois mois à un an de prison. Les incidents de la finale n’ont pas concerné tous les belligérants en cour. 18 millions de Lions en rage. C’est le 18 Brumaire dans les 18 mètres marocains.

18 millions de Lions en rage. C’est le 18 Brumaire dans les 18 mètres marocains.

De notre correspondant au Gabon

“Qu’est ce qui se passe ?”, serait-on tenté de se demander. Bientôt plus d’un mois et des Sénégalais sont détenus au Maroc et l’opinion semble se désintéresser à leur sort.

“Qu’est ce qui se passe ?”, serait-on tenté de se demander. Bientôt plus d’un mois et des Sénégalais sont détenus au Maroc et l’opinion semble se désintéresser à leur sort.“Qu’est ce qui se passe ?”, serait-on tenté de se demander. Bientôt plus d’un mois et des Sénégalais sont détenus au Maroc et l’opinion semble se désintéresser à leur sort.
Beaucoup d’enseignements doivent être tirés de ce comportement qui jette une lumière honteuse sur tout un peuple. Après les scènes de liesse, les grandes dissertations sur l’unité nationale, les récupérations de toutes sortes, place à l’égoïsme et l’indifférence nationale. Pourtant, on continue de célébrer la coupe, elle est exhibée présentement au nord, avec une caravane époustouflante, accueillie dans l’allégresse par les foules, des estrades publiques ou les personnalités politiques, sportives et administratives prolongent les dissertations patriotiques et nationalistes.
Les torts sont divers et chacun pourra prendre son lot, car ce drame judiciaire concerne tout Sénégalais.
Les joueurs devaient-ils quitter le Maroc sans exiger la libération de leurs supporters ? Sadio Mané et ses coéquipiers ont-ils eu tort de rentrer précipitamment ? Présentement avons-nous entendu un seul joueur en faire son affaire ? Les joueurs eux-mêmes, tous ensemble en ont-ils fait leur affaire ? Ont-ils mis un groupe de suivi entre eux-mêmes ? Leur responsabilité dans cette affaire ne s’arrête pas à gagner la coupe. Ils sont une force organisée dont l’estime et la voix peuvent dénouer des situations inextricables, surtout celle-ci où ils sont impliqués directement et indirectement. On me dira que ce n’est plus leur patate, c’est celle des autorités. Eux, ils ont été de vrais Lions dans le rectangle vert avec un trophée à la clé. Mission accomplie. Ou encore, on me dira que ce n’est pas le rôle des joueurs, eux tous sont tenus par des contrats très contraignants vis-à-vis de leurs clubs, ou même le protocole libératoire de la FIFA. D’ailleurs, certains parmi eux comme Ismael Jakobs, Ibou Mbaye n’ont pas assisté au Sargal national, obligations professionnelles et calendrier obligent. Oui : le PM est parti au Maroc, un espoir de libération avait été suscité… Écran de fumée, le barreau marocain en grève (heureusement les avocats ont repris leur toge), Me Patrick Kabou, ostracisé, n’a pas eu d’intimité avec ses clients interdits de parler en wolof, les conditions de détention draconiennes, aucune solidarité nationale, rien qui rappelle la souffrance de ces valeureux patriotes, aucune communication populaire ou institutionnelle , l’aphasie de la société civile à deux balles prête à manger du Sonko… Est-ce normal ? La Fédération sénégalaise de Football semble n’être pas concernée, elle est occupée par ses caravanes.
Pour densifier la pression, les autorités politique et sportive auraient dû rester au Maroc. Elles devaient à coup sûr créer une pression positive sûr les autorités marocaines, d’autant plus que cette finale avec ses développements se vivait en mondovision. Le Maroc à qui on avait tressé des lauriers, pour avoir réussi une bonne organisation de la CAN, rattrapé par une finale décevante, aurait vite lâché du lest et tiré le rideau sûr cette compétition.
C’est quand même terrible que ces jeunes soient ainsi abandonnés.
Aujourd’hui, il faut alerter pour donner à ce problème, une dimension africaine.
Voilà une situation inacceptable dont la responsabilité est nationale.
Un peuple, ce n’est pas seulement vibrer ensemble, quand la joie est là ; c’est aussi savoir s’indigner, protéger les siens et les faire respecter intra et extra muros.Alioune SECK