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Mankeur Ndiaye-Peur bleue pour un soldat de la paix Sa lutte contre l'exclusion lui vaut des menaces

Mankeur Ndiaye

Culture de la paix et de la diversité

dans une société en mal avec l’autorité

Quand on sort de ses ambiguïtés, c’est toujours à ses dépens. Mankeur Ndiaye libre de toute sujétion à l’État a voulu continuer sous d’autres formes son combat pour la veuve et l’opprimé sans diplomatie, au point de heurter avec cette métamorphose soudaine.

 

Jamais sans doute, en plus de 30 ans de carrière dans la diplomatie, Mankeur Ndiaye ne sera autant sorti de sa réserve diplomatique que depuis son retour de la République centrafricaine (RCA) en avril dernier. Casque bleu, il se bat aujourd’hui sans gants pour l’inclusion et la paix, idéaux des Nations-Unies qu’il semble désormais incarner. Et qui l’ont remporté sur son désir de repos, « après trois années harassantes ».
Le Sénégal serait-il son laboratoire pour l’international auquel il se dédie désormais ?

Ses dernières remarques après les événements du 17 juin largement partagées sur les réseaux sociaux établissent clairement le lien et l’idéal bleu d’une paix par l’inclusion. Quand paradoxalement l’intolérance gagne la société par les bouts de la lorgnette. Résultat des courses : adulé par ceux qui cherchent un allié dans leur combat contre un mal-vivre, il étonne par ce qui semble être une absence de solidarité avec un pouvoir en butte à la gestion du temps et de l’espace des populations en lutte pour leur survie honorable.
Surtout lorsque le ton ferme et pathétique donne une dimension nouvelle à sa position empreinte d’une emphase certaine différente de ses anciennes prestations tout de… diplomatie. Au point de s’éloigner d’un pouvoir en rupture de ban avec ses populations. Qui cherchent leur héros dans tous ceux qui semblent les accompagner dans leur rejet de l’autorité politique.

« Bien rentré au Sénégal ce 31 mars 2022 après 3 années au service des Nations-Unies en #RCA comme Représentant Spécial du Secrétaire Général et chef de la #Minusca. Je souhaite le meilleur au peuple centrafricain qui a immensément besoin de vivre en paix et en sécurité ».

Mankeur Ndiaye qui annonce son retour par Twitter ne semble pas se conformer avec son souhait de naguère d’être en réserve de la République lorsqu’il compte désormais s’abonner au repos du guerrier après un séjour éprouvant au service de la paix, parfois contre la volonté des autorités centrafricaines elles-mêmes avec les relations mi-figue mi-raisin avec principalement le chef de la diplomatie, lui qui ne jure que par ça.

Et qui ne pense qu’à retourner aux affaires ?

-« Pas du tout. Je me repose après 3 années harassantes ! ».

Peut-être alors au service de la communauté internationale puisqu’il consent à ajouter : « Moi je suis en dehors du champ politique. Je m’occupe désormais de l’international. Merci ».

Certains observateurs ont pu penser en avril dernier au remaniement de Abdou Diouf en 1983 avec la venue de Médoune Fall et de certaines autres têtes fortes des institutions de Bretton Woods gardiens de notre coffre-fort national (Mamoudou Touré).

Pour Mankeur Ndiaye, ça n’est pas sûr : le discours évolue de « en réserve de la République » (Le Devoir du 12 octobre 2020 page 5 et Sud quotidien numéro 8144 des 11 et 12 juillet 2020, page 4) à la vocation outre-atlantiste à la Villepin.

Quelle est la bonne version quand la lecture nationale vous place à une haute station ? Stratégie de communication ?

– « Pas du tout. Je me repose après 3 années harassantes ! ».

Var

Pape Sadio Thiam et Mohamed Bachir Diop du « Devoir » lui avaient conjointement soumis un questionnaire auquel il a apporté les réponses ci-dessous, le 03 octobre 2020. La plus attendue portait évidemment sur un retour éventuel aux… Affaires, au Sénégal. Vérifions sa réponse sans plus attendre :

« Ma qualité de haut fonctionnaire ayant accompli de hautes fonctions étatiques m’impose le devoir de m’investir en faveur du pays qui m’a tout donné, le Sénégal, à chaque fois que de besoin et selon les procédures et rouages les plus appropriés. Il n’est point besoin de dire que je suis toujours en contact avec les plus hautes autorités du pays sur des questions d’intérêt national qui interpellent mon attention ou requiert mon expertise ». Et diplomatique, en plus.

À son ami Dame Babou de Sud quotidien, il tenait à peu près le même langage : « Ce sont là effectivement des questions que je suis de loin et qui m’intéressent en tant que citoyen sénégalais et aussi, comme vous le dites, en tant qu’ancien ministre des Affaires étrangères de mon pays. Je reste bien entendu en contact permanent avec le président de la République, des amis politiques et des amis tout court pour échanger avec eux sur la situation du pays, de la région et du continent et sur la contribution que je pourrais être appelé à faire à la fin de ma mission onusienne ». C’est quand, justement ? (Sud Quotidien numéro 8144 des 11 et 12 juillet 2020, page 4).
Aujourd’hui, Mankeur Ndiaye est le sel fin de la vie sénégalaise, spécialiste de piques et de répliques, tirant plus vite que Lucky Luke sur tout ce qui bouge et vit.

Celui qui, il n’y a guère, se glorifiait de l’absence de compte social, en particulier sur Facebook, est devenu une vedette des réseaux sociaux : ses nombreux tweets sont attendus, suivis, partagés, commentés comme dans un processus de coaching pour le lifting de quelqu’un qu’il faut coûte que coûte compter dans sa liste d’amis.
Certains milieux s’interrogent même sur l’authenticité de tweets tant ils pullulent et envahissent tous les secteurs de l’activité humaine.