Mali : L’Empire s’effondre
Nos ancêtres les Gaulois

L’intérêt morbide soudain d’une rupture territoriale pour le Mali se dilue dans un prudent optimisme d’un îlot gaulois de résistance et de liberté (Bamako) qui ne tombera jamais.
Du Sénégal (Aly Ngouille Ndiaye) au niveau continental (l’Union africaine aurait appelé à une réponse coordonnée des États face aux groupes terroristes), le souci tardif traduit le regret d’un continent incapable de modérer les tensions une fois l’idée principale de l’indépendance tenue, grosso modo.
Le souci de sauver un Sénégal littéralement dos au mur de l’Océan Atlantique du mouvement religieux depuis la Révolution iranienne de l’Ayatollah Khomeiny se double de l’incapacité de Dakar de modérer ses relations avec ses voisins illustrée par l’échec de la médiation du président Bassirou Diomaye Faye dans le dossier des États du Sahel : qu’est-ce qui nous a échappé avec le baptême de feu de de Macky Sall sur le Mali ?
On se souvient que le nouveau président de 2012 a beaucoup hésité dans la solidarité avec le Mali nouvellement soumis aux Djihadistes.
“En 2012, les Sénégalais étaient engagés très tôt” , souligne Aly Ngouille Ndiaye interpellé à l’issue de ses réflexions du 8 sur la situation au Mali, Faut_il_attendre_que_BAMAKO_Tombe ?
Dans la réalité, Macky Sall a beaucoup hésité à faire partie de la force d’intervention ou d’interposition au Mali. François Hollande a dû insister pour le décider.
La solidarité internationale, limitée dans le temps et l’espace malien à l’issue de l’opération Benghazi de Nicolas Sarkozy de triste mémoire, avait d’autres souci que le pays et sa géographie humaine ; elle visait à empêcher l’armée malienne à accéder à une zone stratégique (on n’y a compris Kidal) ou, dans le cas libyen, à mieux isoler Khadafi, l’assassiner, pour installer un béni des Yankees, le général Haftar, photo.
Limitée dans le temps et l’espace, elle s’est peu souciée de la réalité sociologique du Mali. Et bonjour la chienlit
“Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA), qui a été déployée en 2013. Son mandat était de soutenir l’armée malienne pour reprendre le contrôle du nord du pays, occupé par des groupes terroristes. La MISMA a été remplacée en juillet 2013 par la Mission intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), qui a elle-même terminé sa mission en décembre 2023.
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La France est intervenue militairement en Libye en 2011, aux côtés des États-Unis et du Royaume-Uni, dans le cadre d’une opération internationale soutenant l’insurrection populaire contre Mouammar Kadhafi. L’intervention, lancée le 19 mars 2011, visait à protéger la population civile et à stopper les offensives de Kadhafi sur des villes comme Benghazi”--Wikipédia.
L’Union Africaine aurait appelé à une réponse coordonnée des États face aux groupes terroristes
L’Union Africaine aurait appelé à une réponse coordonnée des États face aux groupes terroristes. Une proposition de bon sens mais qu’il sera difficile à mettre en œuvre vu l’implication de certains États dans le soutien des organisations terroristes. Elles sont rares à perdurer sans un soutien extérieur.
Certains dirigeants sont atteints d’un mal qu’on pourrait appelé “le syndrome du glorieux passé“. Ce mal a atteint aussi certains pays arabes.
Cette affection consiste à avoir des prétentions déconnectées des réalités présentes tout en pensant être capable de réaliser des exploits comme ceux des temps jadis.
Hélas, c’est de la témérité qui ne fait qu’amener les irréalistes à Canossa à plus ou moins long terme. Suprême humiliation !
Des États ont eu à prendre des décisions qui les ont conduits dans des impasses et ont dû reculer face aux difficultés insurmontables rencontrées.
Les relations internationales sont les reflets des rapports de forces. Les grands discours enflammés dans certaines instances flattent les égos et donnent une éphémère satisfaction. Toutefois, peu après, les dures réalités s’imposent et obligent à revenir sur ses pas. Cependant, les opportunités, les options du moindre mal auront, entre-temps, disparu.
Il faut être réaliste dans la gestion des affaires d’un pays, surtout si celui-ci n’est pas une grande puissance. Pour un État aux moyens modestes, il faut une diplomatie habile et performante.
En effet, la témérité et la prétention ne peuvent que lui nuire. L’histoire l’enseigne abondamment.
Le président Senghor, bien que poète, donc vivant parfois dans son imaginaire royaume d’enfance, avait su jouer sur ce registre, avec réalisme et habileté.
Ababacar Sadikhe DIAGNE
Ancien élève des classes préparatoires aux Grandes écoles, Ingénieur diplômé de l’ENAC-Toulouse, France, et du MIT Massachusetts; USA
