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Macky Sall : Onu ou Mermoz ?

Macky Sall 

Onu ou Mermoz ?

Rien ne s’oppose plus désormais au retour de Macky Sall au Sénégal, s’il est recalé. Le problème ne se pose plus s’il est élu.

Plus qu’une cinquantaine de jours pour les 5 maîtres du monde dévoilent le choix consensuel porté sur le nouveau Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Ce scrutin est important pour le Sénégal en ce sens qu’il interfère sur son cours politique.
Macky élu, Diomaye pourrait espérer de lui un retour d’ascenseur : hériter de ses maires, de ses cadres et de ses militants désemparés à un moment donné.
Bénéficiaire d’un entretien privé très spécial au palais de la République, adoubé par le discours plus qu’élogieux de Bassirou Diomaye Faye depuis la tribune de l’ONU, il est désormais libre, blanchi de tout.

Recalé, il peut quitter la splendeur froide des salons déserts du palais de Marrakech pour la chaleur humaine de Mermoz, heureux d’un accueil triomphal, comme Abdoulaye Wade un matin du 23 octobre 1999.
Plus rien ne s’oppose à ce qu’il revienne reprendre service. La première chose à laquelle il va penser, avec sa masse et sa force de frappe, c’est de faire sauter le dualisme Sonko-Diomaye, de se positionner comme l’alternative crédible par son expérience, son carnet d’adresses et ses réalisations.
Macky Sall ne saurait être la caution morale d’un second mandat pour Bassirou Diomaye Faye, mais un rival sérieux, prêt à reprendre les rênes du pays, prêt à influer sur ses relations toutes naissantes avec la France et avec certaines chancelleries.
Quand la parole se déverse, elle ne se ravale plus. Point de rétropédalage, plus de coercition, plus de justice inquisitrice
Le président Bassirou Diomaye Faye, désormais entre deux feux, devra faire face à deux fronts.
N’a-t-il pas vendu la peau de l’ours en surfant sur les flancs du Pastef et de l’Apr avec comme seule arme de guerre un décret finissant ?

Un parti de tous horizons qui cherche à déployer l’envergure de son parapluie sur le territoire national et qui fait face à un agenda très serré de trois élections en deux ans.
Un Premier ministre aphone, absent, pas politique pour un sou, un brin ringard, alors que le pays a besoin du sang jeune, d’une figure charismatique, d’une communication qui restaure l’espoir, dissipe les craintes.

Les faits politiques submergeront les propositions de lois, le vote bloquant, les innombrables avis du Conseil constitutionnel La scène changera de tempo pour être au rythme de la course à la présidence entre Diomaye Faye le centriste réformateur, Macky Sall le système, Ousmane Sonko ou son désigné, l’anti-système.

Cheikh Tidiane DIACK