Macky-Karim : Enterrement en grandes pompes
Macky Sall-Karim Wade
Un enterrement de première classe
Bureau de Dagana-Deux grands cœurs, deux grandes âmes se rencontrent. L’image est belle ! Qui l’aurait imaginé il y a dix ans ? La grandeur de l’homme, la pureté de l’âme se mesurent à travers les actes posés.
Cette retrouvaille en terre étrangère entre deux frères qui ont cheminé dans les moments de gloire, séparés par une compétition inélégante, la quête et le maintien du pouvoir ; et pourtant ils sont tous généreux, c’est parce qu’ils sont généreux qu’ils ont oublié cette parenthèse sombre de leur histoire, ils ne sont ni rancuniers, ni revanchards.
Pouvons-nous nous interroger par rapport aux perspectives qu’une telle rencontre peut dessiner ? L’un est en train de baliser le chemin pour présider les destinées d’une organisation mondiale, l’autre, bien qu’étant absent du territoire national, bénéficie toujours de l’estime d’une partie des Sénégalais, surtout dans cette période d’interrogations marquée par des crises politico-économiques qui hantent le sommeil des Sénégalais.
Oui : deux grands hommes d’Etat se rencontrent : le président Macky Sall, l’homme d’une aura incommensurable à travers son œuvre durant les 12 ans passés à la tête du pays et son comportement responsable, Mr Karim Wade, un homme endurant à l’image de son père, généreux et attaché aux principes démocratiques qui, malgré les épreuves, reste debout et prêt à soutenir son adversaire d’hier.
Une belle leçon d’humanisme aux hommes politiques : l‘adversité politique n’est pas de l’animosité, comme disait le président Bassirou Diomaye Faye à la cérémonie de célébration du centenaire de Maitre Abdoulaye Wade, deux concurrents qui habitent la même maison doivent toujours après la compétition se retrouver et assainir leur rapport pour l’intérêt supérieur de la communauté.
Oui : Karim Meïssa Wade peut être le bienvenu en terre sénégalaise après un long moment d’absence, moment d’introspection, de réflexion et de projection, un moment marqué par la redistribution des cartes avec la recomposition du paysage politique sénégalais, la refonte du système politique sénégalais avec bien sûr la revision de la loi fondamentale dans la perspective d’approfondir la democratie pour une société juste et équilibrée
Il faut se réjouir de cette rencontre qui, au-delà de la dimension, est d’une portée humaine de haut niveau du vivant du patriarche, chantre de la démocratie et père de l’actuelle classe politique sénégalaise. Voilà le Sénégal que nous connaissons, le Sénégal des valeurs, du pardon, de l’oubli, de la générosité et de la bonté.
Cheikh Tidiane DIACK
