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L’image du politicien trempe dans le mensonge, la corruption et dans l’enrichissement illicite: Les populations entre incertitude et désespoir Khadidiatou GUÈYE Fall

La gestion de la cité fait partie intégrante de la vie. Il s’agit de s’organiser pour un peuple ou une communauté afin de gérer des biens et d’améliorer les conditions de vie de cette dernière. La politique inclut la façon de gouverner. Mais depuis un certain, l’image du politicien ne correspond plus aux attentes de la population. Les personnes dites politiciens impliquées dans des affaires juridiques ont complétement dénaturé le sens vrai et juste d’exercer la politique.

Depuis la circulation d’une vidéo d’un célèbre politicien trempé dans une affaire de faux billets, les citoyens ne veulent plus faire confiance aux autorités étatiques. L’avenir du pays semble piétiné par ces présumés politiciens. L’image qui devrait être dorée est blasée par ces derniers. D’où un manque de confiance inouï que manifestent les gouvernés. Ils restent gouvernés malgré l’instabilité des attitudes et l’insouciance qui se décèlent auprès des gouvernants. A un certain niveau, la confiance qui solidifiait l’apparence de nos autorités s’estompe de facto. Alors l’autorité commence à perdre son poids exécutif ; s’en suit le respect incontestable qui devait de suite être aperçu à l’endroit de nos présidents, ministres, maires et gouverneurs.

Dans l’attitude du citoyen, le politicien ne mérite pas de respect, se fier à ses dires revient à fantasmer.

Dans une boutique de sacs à Sandaga, un jeune homme avec une mise distinguée pousse d’une main la porte d’entrée. Un pantalon noir et une chemise bleue font sa prestance. Sur l’affaire d’un membre du parti de la mouvance présidentielle, il spécule avec certainement une connaissance tout en se promenant dans les allés. De loin, on entend sa voix rauque, il dénonce le laxisme des Sénégalais sur cette question. « Comment les Sénégalais peuvent-ils être aussi laxistes face aux mensonges de certaines autorités ? Le Sénégal n’a pas la chance d’avoir des dirigeants honnêtes et exemplaires. Que chaque Sénégalais veille sur son avenir et celui de sa localité sans attendre quoi que ce soit des politiciens » fustige-t-il.

L’image des politiciens a toujours été ainsi tachetée par les mensonges, l’ingratitude et l’égoïsme, d’après Soda Ndiaye, une ménagère. Elle raconte que son papa parlait tout le temps des politiciens alors qu’elle était encore petite. « Mon défunt père suivait les politiciens de près à travers les journaux. Ses commentaires à leur endroit n’inspiraient pas à donner confiance en ces hommes. Il disait tout le temps qu’un homme de principes ne peut jamais faire carrière dans la politique. Seuls les politiciens qui n’ont que faire de leurs principes peuvent aventurer dans ce milieu », narre-t-elle. Depuis son enfance, elle regarde les politiciens d’en bas : « Les propos de mon père ont été confirmés car depuis que j’arrive à faire la part des choses, je ne fais que constater la ressemblance entre ces gens. S’ils ne sont pas au pouvoir pour s’enrichir, ils sont dans l’opposition pour nous raconter des ragots. Je ne crois plus à leurs promesses », se désole Soda Ndiaye, une femme de la trentaine. Elle souhaiterait voir un nouveau de type politicien avec des principes de base solides que rien n’ébranlera : « Puisqu’on ne peut pas se passer de la gestion de la cité, il est souhaitable de choisir un homme de morale avec des valeurs solides pour gouverner. Le peuple est aussi responsable de la mauvaise conduite des politiciens, il accepte d’échanger la confiance par un billet de 5.000francs à l’approche des élections. Une somme qui ne comble même pas les besoins journaliers ». Soda appelle cela un achat de conscience que la population accepte malgré la certitude de la vérité, d’après elle.

Pour Aminata, le fonctionnement des politiciens est manqué d’éthique. Mais elle avoue que ce n’est pas unanime et universel : « Tous les politiciens ne fonctionnent pas de la même manière ; il y’en a qui tiennent parole quelle que soit la position qu’ils occupent. Mais on est arrivé à un stade où les Sénégalais se sont habitués aux mensonges, au point qu’ils pensent qu’ils sont tous pareils ».

Aminata fait savoir que la nature du politicien qui était de mettre en exergue sa capacité de gouverner, est devenue aléatoire car l’égoïsme est décelé dans leur démarche.

Cette jeune enseignante considère que les vrais politiciens restent dans leur objectif principal tout en conservant les valeurs inculquées. Certains politiciens sont des hommes sans valeur ni engagement patriotique. Ils ne cherchent que leur intérêt personnel et non l’intérêt communautaire. Ils ne sont pas dignes de confiance et n’inspirent pas confiance. La façon dont ils font la politique n’est pas un exemple pour nos enfants qui sont les futurs dirigeants du pays », soutient-elle. L’enseignante n’a pas d’état d’âme quand elle voit un homme politique impliqué dans un quelconque scandale : « Rien ne peut me surprendre venant des politiciens : s’ils ne cherchent à pas s’enrichir de manière illicite, ils sont impliqués dans une affaire de détournement ». Le moment est venu de donner la bonne version de la politique aux enfants, futurs gouvernants du pays.

L’interprétation faite de la politique et du politicien sénégalais n’encourage pas les parents à laisser leurs enfants s’identifier aux autorités. Si certains citoyens se sont lassés de croire aux promesses de nos dirigeants, d’autres pensent que le schéma n’est toujours pas le même ; car pour eux certains abordent la même allure de rester les mêmes avec leurs principes et les valeurs défendues. Raison pour laquelle il devient opportun pour la population de distinguer le vrai du faux politicien.

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