L’Éditorial de Pathé MBODJE : Ousmane Sonko, l’émotion nègre
L’Éditorial de Pathé MBODJE
Ousmane Sonko, l’émotion nègre
La forte émotion libérée par Ousmane Sonko au but de Pape Guèye est un élément nouveau révélé par le foot-ball : nous sommes capables d’être humains, sensibles, soucieux des autres, capables de compassion et de solidarité devant nos propres épreuves et celles des autres, les nôtres en particulier, d’ici ou d’ailleurs, là où le soleil ne se couche jamais et réchauffe les cœurs.
Ousmane Sonko qui se veut dur a laissé parler son coeur, après un moment de longue tension, peut-être engagée hors terrain.
Ce geste du Premier ministre consolé par le couple présidentiel et son propre homonyme ajoute à cette grandeur d’un capitaine qui désigne le Hercule de la Can comme seul digne de recevoir et de brandir en premier le trophée continental. Une onde très forte a secoué le Sénégal quand Idrissa Gana Guèye a enlevé le brassard de capitaine pour l’enfiler d’autorité au bras Sadio Mané.
Un Sénégal étoilé au bout de la nuit. N’est pas étoile qui veut, devait assurer Vovo Bombyx dans des termes autrement plus recherchés ; l’immense défilé de solidarité des Algériens à la victoire du Sénégal l’a retenu plus que de normal.
Sonko, pâle étoile d’un soir, surgie du couchant comme disait l’autre ? Sonko, aube nouvelle de la nouvelle année ? N’est pas étoile qui veut mais il faut retenir ce deux moments, ajoutés à celui de Coulibaly qui simule un malaise pour éviter une punition à son équipe. Paix sur la terre de braves hommes.
“Indignez-vous”, disait l’autre, cri de guerre d’un Ousmane Sonko, reprenant Hessel ; “Indignez-vous ! est un essai de Stéphane Hessel publié en 2010 où défend l’idée selon laquelle l’indignation est le ferment de l’« esprit de résistance ».
C’était le sens de la longue marche de Ousmane Sonko vers le pouvoir ; il y est resté fidèle, au pont de verser dans un manichéisme qui a érodé son autorité, son image, et réduit la surface de son influence. Il vient d’y ajouter une dimension qui le ramène à l’humain, qui ramène le fléau de la balance de la justice sociale à un juste milieu.
S’il a entamé l’année comme à son habitude avec la virulence du discours de Passy, Ousmane Sonko semble depuis quelque temps revenu à un équilibre politique et administratif qu’il faut souligner.
Pape Guèye au bout de la nuit étoilée a donné au Sénégal la victoire sur le Maroc. Un véritable crime de lèse majesté quand on sait que le pays organisateur a raté le coche avec le pénalty raté durant le temps réglementaire. On ne naît pas star, disait l’autre.
Un Sénégal uni, digne, fier, réconcilié avec lui-même a surgi de la nuit, non au galop des chevaux comme dans le second couplet de l’hymne national avec le Lion, emblème de souveraineté et de force, d’autorité. Il nous rend fiers de nos ancêtres et soucieux de transmettre le flambeau.
Après deux années de tensions vives qui ont ralenti la marche du peuple, le football s’est posé ce 18 janvier comme élément fédérateur des énergies nouées en fagot pour aller de l’avant.
Ecoutons cet appel. L’Odyssée de l’Homo Senegalensis a assez duré, Ousmane !
Pathé MBODJE
