L’Éditorial de Pathé MBODJE-Onu : Le Compromis Dynamique
Éditorial–Macky Sall à l’Onu
Le compromis dynamique

Macky Sall poursuivi par le fantôme malien doit espérer un compromis historique avec les autorités sénégalaises pour accepter sa candidature à l’Onu. Il en aurait fait une question de principe pour se lancer, une condition sine qua non. Cependant, l’aval du Sénégal n’est pas une condition dirimante qui lierait la conférence des présidents à dévoiler éventuellement le nom de Macky Sall comme candidat de l’Afrique. Encore moins l’organisation internationale elle-même prévoyante, qui avait anticipé pareil cas avec la résolution 79/327 du 05 septembre 2025. Entre “La dialectique du concret” de Karel Kossik et le compromis historique de l’Italien Enrico Berlinguer, Bassirou Diomaye Faye himself, et lui seul, peut aujourd’hui faire face à son baptême épistémologique pour affirmer le paradigme de la rupture systémique qui le conduirait au compromis dynamique de Senghor.
Abdou Diouf avait eu son baptême du feu avec Kukoi Samba Sagna et sa tentative de coup d’État en Gambie ; Me Abdoulaye Wade a lutté contre la balkanisation de la Côte d’Ivoire en envoyant d’urgence un excellent diplomate, le ministre d’État Cheikh Tidiane Gadio, accélérer les accords de Marcoussis. Macky Sall aussi avec le Mali. Bassirou Diomaye Faye vient de boucler la boucle avec l’Union africaine qui présente la candidature de Macky Sall au secrétariat général de l’Onu.
Si le Sénégal de 1981 n’avait pas hésité à engager l’opération “Fodé Kaba” pour se départir avant terme du jihadisme qui menaçait l’Afrique de l’Ouest avec la Révolution de l’Ayatollah Khomeyni, il a fallu en 2012 tirer les oreilles à Macky Sall devant sa réticence à participer à la force africaine d’intervention au Mali dont le Sénégal était et est toujours à la fois la porte d’entrée et la zone de repli et zone d’éclatement, comme plus largement lors des opérations d’évacuation de ressortissants face aux secousses de l’Ouest africain.
Le Sénégal s’est offert en spectacle à l’interne comme à l’extérieur dans un vaudeville autour de la candidature du président Macky Sall à l’Onu : un Premier ministre chef de gouvernement mandaté sans mandat clair sur l’ordre du jour est une billevesée.
Le Sénégal adossé à la problématique Macky Sall n’a pas su lire en politique et se projeter dans l’histoire. Senghor avait favorisé la candidature de Cheikh Fal à la tête d’Air Afrique non point tant pour la valeur intrinsèque de l’homme que pour l’éloigner du Sénégal, ayant vu en lui un probable perturbateur ; ledit directeur de la compagnie continentale ne se privera d’ailleurs pas de dire leur fait aux chefs d’État des pays membres.
Macky Sall à l’Onu dégage une plage importante pour ceux qui ont paradoxalement combattu sa candidature : la bataille de succession va s’avérer difficile chez une armée de généraux mexicains prétendant tous à une légitimité impossible.
Sans compter cette idée incongrue d’une dévolution … monarchique avec cette rumeur de la dynastie Fayçal.
