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L’Editorial de Pathé MBODJE : Mbarawathie, Diatta Ndiaye

L’Éditorial de Pathé MBODJE

Mbarawathie, Diatta
Ndiaye le Lion

L’un des meilleurs joueurs du Sénégal à la Coupe d’Afrique des Nations “Maroc2025” a été peu récompensé. Krépin Diatta est pourtant homme de match. Son engagement est touchant, sa fougue aussi. L’un des meilleurs avec l’incontournable Sadio Mané ajoute à l’émotion d’une Coupe d’Afrique des Nations des plus réussies.

Krépin Diatta n’a pas été l’homme d’un match. Par sa générosité, son professionnalisme, son engagement et sa vision, il a été au-dessus de tous les matchs.
La modélisation de la Confédération africaine de Football y a ajouté au moins un but pour faire de ce joueur l’homme du match. Ce regard étriqué doit évoluer : certains joueurs valent plus par leur présence et leur prestation et produisent les conditions de réalisations ; Krépin est au-dessus du lot. Pour aller plus haut, plus loin, comme il le soulignait lui-même au début de la présente campagne.
Aux plus forts moments du football sénégalais, un fameux derby JA-Jaraf avait vu un “Moussa Traoré le baroudeur faire échec à Mbaye Fall le technicien”. Krépin Diatta  est à la fois Moussa Traoré par sa hargne et Mbaye Fall par sa vision et la précision. Certes, il lui manque le doigté d’un Léopold Diop le Kayser mais la caresse de l’amorti y est, le sérieux également.
Mais le football, c’est aussi le reporter : un Serigne Aly Cissé, un Babacar Diack et un Tony Stéphen savaient résumer dans des évocations poétiques ;  qui n’a pensé à Alassane Ndiaye Alou, à Pathé Fall Dièye, à Ballabasse Diallo, à Alé Ndao en voyant ce vilain petit canard déjà vainqueur de la Can et sollicité de partout dans les pays de grand football ? Qui peut regarder jouer Krespin Diatta sans un glissement sémantique historique ?
La détermination de Ndiaye Diatta le Lion renvoie au sacrifice d’un Lat Dior Diop pour la Nation culturelle, à cette volonté de satisfaire les populations par une prestation de qualité et le refus de toute démission. En toute sobriété, sans rien demander en retour que de servir, d’être utile, d’être agréable.
Le porteur d’eau et scieur de bois canadien français a imposé sa revanche des berceaux comme signe de vie et souci de survie ; par ses prestations, Krépin Diatta est une vie. Il vaut toutes les vies. Et une coupe.

 

Pathé MBODJE