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L’Éditorial de Pathé MBODJE : L’étrange destin de Macky Sall

L’Éditorial de Pathé MBODJE

L’étrange destin de Macky Sall

À l’Institut français des relations internationales (Ifri), “l’intelligence des relations internationales” dit-on, il était banni par le pouvoir, juif ou palestinien en errance désireux d’affirmation de soi et de reconnaissance, drapé dans sa dignité.

Candidat au secrétariat général de l’ONU, il est honni par un pouvoir qui l’a férocement combattu et auquel il a opposé la force du droit régalien pour léguer un pays debout, entier, démocratique. Curieux destin d’un apatride qui se fait adopter avant d’être prophète chez lui. Etrange destin que celui de Macky Sall : tel Antée, il se renforme chaque fois qu’il est à terre, renforcé par la sève nourricière. Il a été combattu, calomnié, pourchassé. Son bilan reste toujours positif et en avance sur une humanité plus humaine parce que verte, symbole de vie net de croissance. Telle est la vision de l’homme et son activité à la tête du Sénégal : a ceux qui promettent la Géhenne, il oppose l’espoir, seul moteur de développement positivé.
Si de nouvelles problématiques sociales ont obscurci la puissance cognitive de l’humanité et sa capacité d’agir plutôt que s’indigner, l’épistémologie de Macky Sall n’a pourtant guère évolué dans l’articulation de sa pensée ; elle se limite aux crises générées depuis le Printemps arabe et la crise financière. L’Afrique principal lieu des saisons occidentales en devient forcément le terreau fertile d’où devrait pousser un monde plus juste.

La progression positive du phénomène racial aux États-Unis et en Europe occidentale incite à l’optimisme : la crainte du Noir a évolué vers des quartiers des rois que l’Amérique a déjà testé avec Obama et que la France valide aujourd’hui par ses banlieues exclues et réintégrées au processus de développement après l’écran noir qui a essayé de capter la publicité des gens de couleur, comme on disait naguère chez l’oncle Tom ; Med Hondo reçoit aujourd’hui “Les Bicots nègres, vos voisins” natifs de l’Hexagone dont ils ont adopté la culture et la civilisation. La civilisation de l’Universel si chère au président poète prend forme. A Macky Sall de jouer sa partition.
Ces changements normés ne prédisposent pas obligatoirement à des bouleversements significatifs dans la marche du monde ; ils en sont certes le signe mais peut-être pour renforcer cette tendance des pays nordiques à produire des Trump, eux d’ordinaire si solidaires. Et là pourrait résider l’atout majeur pour rééquilibrer un monde désormais incapable de s’indigner qui court irrémédiablement à sa perte.