L’Éditorial de Pathé MBODJE : Le tiroir et le dilatoire
L’Éditorial de Pathé MBODJE
Le tiroir et le dilatoire
Il a fallu deux ans pour comprendre que la dette gardée sous le coude était simplement programmée à un règlement ultérieur, devant l’ampleur des urgences de la Nouvelle administration de 2024. Deux ans au cours desquels les Sénégalais ont été la risée des institutions financières internationales et des partenaires financiers et techniques au développement. A cause d’un homme qui se croyait le sel de la terre, sorti de la cuisse de Jupiter, à la fois Icare et Prométhée. Il a fini sur la roche tarpéienne.
Le tiroir de la dette tel que développé jeudi dernier par Séga Fall Mbodji ne saurait constituer une tentative de dissimulation. Contre qui et pourquoi, au demeurant ? La notion de “dette cachée” développée naguère a toujours paru “absurde”. En…l’espèce, il s’agissait simplement d’un arbitrage et les urgences ont semblé de la mauvaise monnaie qui renvoie la bonne au fond de la chaussette.
Le tiroir ne saurait constituer une clause dirimante dans les relations entre le Sénégal et le Fonds monétaire international ; il ne saurait non plus constituer un poids supplémentaire dans la dette que l’État est obligé de gérer dans l’immédiat, ni à l’interne, ni dans ses relations avec les partenaires techniques au développement. Il n’est pas caché, simplement différé parce non programmé au paiement.
L’institution financière en reconnaît la réalité qui demande cependant son inscription sur la colonne du débit afin que nul n’en ignore ou que personne ne crie plus désormais à la supercherie d’un régime battu. Le dilatoire aura duré deux ans.
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Ceux qui savent compter sont ceux qui comptent
Votre éditorial pose un débat comptable et politique fondamental en distinguant avec justesse le « différé » du « caché ». En comptabilité publique, un engagement non encore programmé au paiement n’est effectivement ni une dette illégale, ni une fraude, mais un simple ajustement de trésorerie. Sur le plan théorique, ce tiroir n’aurait jamais dû constituer une clause dirimante.
Cependant, la réalité des marchés et du FMI est pragmatique : dès lors que le politique a publiquement qualifié ce différé de «scandale», la confiance est rompue. Le problème n’est donc pas tant le contenu du tiroir que la théâtralisation de son ouverture, qui a contraint nos partenaires à exiger une réintégration budgétaire stricte. Votre démonstration remet l’orthodoxie financière au centre du jeu face aux raccourcis communicationnels.
Au Sénégal, les véritables savants et les techniciens de l’orthodoxie financière sont trop souvent relégués à l’arrière-plan, au profit de la surenchère et des calculs politiques. Quand le spectacle prend le pas sur la science des chiffres, ce sont la rigueur du débat et les intérêts du citoyen qui en pâtissent
Séga Fall MBODJI
Desk Economie
