L’Éditorial de Pathé MBODJE Le jour d’après
L’Éditorial de Pathé MBODJE
La trêve des confiseurs
Pastef qui va voter la Lfr conformément à la Constitution veut une concession, moins sur la densité morale (les fonds politiques absous) que sur le pouvoir de négociation … pour l’après-députation : l’Assemblée s’est en effet transformée en ring où tous les coups sont permis, surtout en dessous de la ceinture. Il faudra rendre compte après le 02 décembre et il faut négocier demain aujourd’hui. Quelle alternative pour Pastef après le 02 décembre ?
Evacuer cette question permettra le résultat de ce mardi 03 novembre dans des formes d’une diplomatie qui ne se fait pas sur la place publique. Les complaintes du ministère des Finances qui excipe de sa bonne foi dans ses négociations officielles avec le groupe Pastef de l’Assemblée nationale deviennent alors inutiles.
Sur le strict plan du Droit, malgré les supputations et l’allusif en avant-procès, aucune cour constituée n’a encore émis la moindre sentence sur quelque membre que ce soit ce soit. Les projections avancées de part d’autre reposent sur des jugements de valeur et de sentences péremptoires avancées avec quelque intérêt par diverses sources.
La trêve des confiseurs (du 27 au 30 octobre dernier) sous l’empire de l’article 84 est donc plus une victoire du gouvernement que d’une majorité qui joue les utilités pour ne pas accentuer son inutilité : face à la furie, la folie et l’indécence couvertes par l’immunité, le pouvoir oppose la loi et le mépris devant insanités. La Loi fondamentale aidera à faire la part du feu.
L’Assemblée nationale sous Ousmane Sonko a permis au Sénégal d’épuiser toutes les voies de recours pour éviter toute crise institutionnelle future : de l’opposition au pouvoir, la majorité a épuisé à son niveau toutes les entorses possibles, suscitant une réaction tout aussi efficace en face. La morale est d’inspirer le législateur pour éviter les errances politiques depuis mai ; cela éviter les sauts d’adrénaline et les quolibets de partenaires friands de joutes locales pour justifier leur inutilité : de Diouf avec ses ajustements ratés à Diomaye et en passant par Macky Sall, le Sénégal soumis à la diète depuis les années 80 survit sans apport extérieur autre que celui de sa daynamique dispora.
Nécessaire mais pas déterminant dans les relations entre le Sénégal et le Fonds monétaire international, le vote de la loi de finances rectificatif ne saurait déterminer la vie des populations : si elles ont vécu chichement sous Abdou Diouf et ses plans, elles ont appris à se passer du FMI sous Macky Sall et durant les deux premières années du mandat de Bassirou Diomaye Faye. Ousmane Sonko qui sait lire et dire doit donc avoir d’autres soucis.
Il est déjà Noël. Paix sur la terre pour les hommes de bonne volonté. Repos, Cheikh Diba !
____________

Un programme avec le FMI est désirable mais, comme nous l’avons soutenu depuis 2024, :
1) la dette du Sénégal est viable
2) nous pouvons refinancer notre dette sans restructuration
3) les ressources du PRES ont renforcé notre résilience contribuant à hauteur de 300 milliards sur les 955 milliards collectés entre 2025 et 2026 permettant également d’amortir un choc majeur de près de 600 milliards de subventions.
L’année 2027 devrait être l’année de mise en œuvre de la SND avec des finances publiques assainies. Nous sommes déjà au rez-de-chaussée.
Librement.
Abdourahmane Sarr, ministre
