L’Éditorial de Pathé MBODJE : Indignez-vous !
L’Éditorial de Pathé MBODJE
Indignez-vous !


Les partis politiques sont capables d’indignation. Le Sénégal le vit. Et ce qui s’est fait à Dabia, à Matam, et au Grand parti de Malick Gakou, à Dakar, est rassurant : dans leurs querelles de transhumants où bêtes et noms d’oiseaux se confondent, l’arrière-banc reste constant dans une dignité qui n’est pas celle de la tête jouant à la vierge effarouchée.
La réaction de la base refusant de suivre aveuglément les ukases du sommet n’est certes pas une nouvelle donne avec le vote-sanction consacré depuis Abdou Diouf dans sa compréhension des clans et tendances à l’intérieur des Socialistes.
Ailleurs, le dogmatisme d’un Macky Sall refusant la vie du parti par segmentations-vivifications-associations explique la facile isolation d’un chef obnubilé dès la fin de son premier mandat par sa longévité clanique à la tête de l’État.
Il ne s’agit guère là d’un phénomène de coquetterie politique : la superposition de mémoires contradictoires est signe de vie parce que de remises en questions auxquelles il faut trouver réponse. C’est le phénomène du paradigme, réalité que se partage une communauté donnée qui peut cependant se heurter au supra d’interrogations sans réponses satisfaisantes.
Le vaudeville de l’affaire Déthié Diouf, le 10 septembre dernier, renseigne sur le primat du militant sur la formation politique, même au pouvoir : M. Diouf s’est estimé plus cher qu’un simple poste de président du conseil d’administration du Grand théâtre Doudou Ndiaye Coumba Rose. La pièce était annoncée, il fallait la jouer. Le sire se révéla triste comédien.
À Dabia, Matam, Yaya Abdoul Kane avait voulu un remake de ce qui s’est fait à Dakar, avec Malick Gakou et le Grand parti. Mal leur en prit tous les deux : l’arrière-banc refusa de suivre.

Mame Coumba Diop : La colère d’une juste
L’Assemblée nationale lieu de diffamation et d’accusations sans preuve a suscité mardi 08 septembre la réaction outrée d’une ministre de la République, Mame Coumba Diop. Cette républicaine n’a pas pu supporter cette image de dégradation des institutions par des attaques contre ceux qui les représentent ; elle n’a pas compris que le rappel à l’ordre puisse être sélectif pour certains et absent pour d’autres. Surtout, celle qui est responsable des femmes de Kiiraay n’a pas supporté les délires et les divagations de certains, dans des termes que la décence rejette.
Elle n’est pas la seule : depuis quelque temps, les manifestations se vérifient à l’intérieur de l’hémicycle contre cette forme de prime à l’impunité qui consiste à casser du sucre sur le dos des absents.

Un article paru en 2014 et réactualisé en 2021 ici même est remis à l’honneur depuis la séance de présentation de la déclaration de politique générale qui a généré l’incident.
Mame Coumba Diop y est présentée comme gardienne du temps, jalouse de l’image du géniteur, autorité tutélaire éternelle.
Responsable de la section des femmes de Kiiraay, elle va au-delà des genres, dans ce Plateau multiculturel mais fidèle au ballon rond. Ce symbole d’unité autour d’un but commun se veut fair-play dans le terrain.
