GMT Pile à l'heure, Génération Média&Technologies,la ligne du Devoir.

« Une ligne éditoriale très soixante huitarde, une approche iconoclaste sur fond de culture humaniste ».

L’Éditorial de Pathé MBODJE : Et l’Aigle baissa la tête

L’Éditorial de Pathé MBODJE
Et l’Aigle baissa la tête,
pas le Lion du Sénégal
Il a fallu le blocage du Golfe pour nourrir une crise économique durable : pendant une éternité, ils ont vécu des ressources des monarchies du Golfe, la moitié des ressources pétrolières et gazières connues, thésaurisant leurs réserves nationales. La virulente réaction de l’Iran face à l’agression américano-israëlienne du 28 février dernier relance l’économie mondiale : centrales nucléaires, infrastructures, détroit d’Ormuz pour le passage de 20% du gaz et pétrole demandent une nouvelle version. L’Amérique du versatile Donald Trump est certes à l’abri avec sa production de gaz de schiste mais sa promesse du paradis aux monarchies du Golf s’est transformée en enfer.
Les assurances d’invincibilité ont fait…long feu devant le déluge déclenché par le pays des Ayatollahs et l’Aigle a baissé la tête couronnée de ces Rois, Cheikhs bien approvisionnés, Émirs.
L’Iran a infligé une défaite inimaginable en résistant au-delà de ce que l’Occident avait pu imaginer et a entraîné des pertes durables dont l’économie mondiale mettra du temps à se remettre.
En partant de l’histoire économique moderne, on peut tabler sur une crise de dix ans au moins : la guerre 14-18, le krash boursier de 1929, ses conséquences avec la guerre 1939-45, l’Indochine, le Vietnam, la crise pétrolière de 1974. Depuis, l’Amérique n’avait pas su mesurer sa force avec le camouflet de Ben Laden, prétexte à la redéfinition unilatérale d’un nouveau droit international unilatéral avec bombardements de palais d’États souverains, enlèvement de chefs d’État, assassinats, etc…

Quelles perspectives pour un Sénégal résilient réduit à une économie d’échelles au niveau sous-régional ?
Le Devoir accompagne son correspondant en France Séga Fall Mbodji dans son excellent dossier de cinq artères principales pour rendre au Sénégal sa dignité, sa sérénité. Il faut en effet louer cette capacité de résilience, ce trésor d’imagination déployé des responsables des Finances, au premier rang desquels le ministre Cheikh Diba, dans leur fertile imagination à éviter la banqueroute nationale.
Depuis deux ans maintenant et au vécu de toutes les populations, au sens économique parce que culturel, le Sénégal vit les affres des politiques économiques antérieures qui ont valu à ses populations Plan d’ajustement, restructuration bancaire, dégraissage de l’administration et tutti quanti.
Tout le monde s’est réjoui le 13 mars dernier quand le Sénégal a honoré à temps l’échéance sensible de sa dette internationale, en réglant environ 471 millions de dollars de principal et de coupons à ses créanciers, évitant ainsi tout risque immédiat de défaut.

Personne ne s’est soucié du comment Cheikh Diba était parvenu à cette prouesse. Un article paru 10 jours après secoue des vierges effarouchées par cette hardiesse.
Faut-il s’attendre au pire ?
La crise née de l’agression contre la société iranienne “rappelle à quel point le destin des économies reste lié aux chocs géopolitiques et à la volatilité des prix de l’énergie. Pour le Sénégal, l’entrée dans l’ère pétrolière n’est ni une garantie de prospérité, ni une condamnation à la « malédiction des ressources ». C’est un choix stratégique”. Pour maintenir nos populations en vie. Ça n’a pas de prix.
Pathé MBODJE