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L’Éditorial de Pathé MBODJE : Alternances mortelles

L’Éditorial de Pathé MBODJE

Alternances mortelles

Abdoulaye Bâ est mort, littéralement dans son lit, loin du théâtre des opérations. Il s’ajoute à la longue liste des sacrifiés de l’Alternance, depuis Balla Gaye. Sous Bassirou Diomaye Faye, l’édition 2026 est plus douloureuse, les enfants ayant combattu à ses côtés pour ne plus jamais vivre ça. Cette répétition d’une même tragédie est comme une malédiction qui s’abat dans un milieu où le muscle n’est rien à la cervelle. Cheikh Oumar Anne rappelait il y a peu qu’il fallait beaucoup de générosité pour l’Université, beaucoup de hauteur, de la culture.

Abdoulaye Bâ et tous les autres sont morts. Avec eux beaucoup de Sénégalais de l’intérieur et de la Diaspora, beaucoup d’amis du Sénégal de plus en plus secoués dans le tréfonds de leur âme : ces morts de l’Alternance sont une régression du droit et de la dignité de la personne humaine. Surtout qu’elles interviennent au début du changement, à l’orée de rêves entrevus réels mais chimères d’un paradis entrevu : Abdoulaye Wade est un espoir, aujourd’hui plus qu’hier ; Macky Sall la revanche des opprimés et Bassirou Diomaye Faye la solution d’un Sénégal rejetant la dictature.
Pourtant que d’efforts déployés dans le secret d’un cabinet d’ici et d’ailleurs pour exorciser un mal qui hante finalement tous les régimes.

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“Nous sommes sur le fil du rasoir à maintenir ce pays debout ; mais on se rend compte que les gens ne sont pas conscients de la gravité de la situation du pays.
Nous sommes tout près de la solution pourvu qu’un sniper isolé ne vienne remettre tous les efforts en cause”

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Ne rejetons pas la générosité d’un Abdoulaye Wade dans sa lutte désintéressée pour la liberté et l’équité.
Remercions le président Abdou Diouf qui a tenu tête à cette institution financière internationale qui recommandait de privatiser l’université, ce qui eût accentué la fracture sociale au Sénégal.
L’émotion est forte, de même que l’indignation et les Sénégalais n’attendent pas seulement un avis de décès. Ni, au demeurant, cette querelle stérile d’un coalisé agité contre le Premier ministre.
Le Président devrait se montrer à la hauteur de la situation :

Dissolution du gouvernement
Respect des franchises universitaires.

Le peuple est à l’écoute, condoléances à ces populations qui subissent dans la dignité