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« Une ligne éditoriale très soixante huitarde, une approche iconoclaste sur fond de culture humaniste ».

L’éditorial de JMS : La mer n’est pas un cimetière

L’éditorial de JMS 

La mer n’est pas un cimetière

Nous avons lu cette phrase qui nous a arraché le cœur : «  Un bébé de deux ans jeté à la mer à cause de ses pleurs sous les yeux de sa mère… »
Quelle main criminelle a osé commettre cet acte odieux ?
Les pleurs de ce bébé de deux ans et les pleurs de sa mère ont recouvert la mer…
La mer a changé de couleur…
On ne «  jette » pas un bébé à la mer, on le laisse grandir et pleurer sous les yeux de sa mère, de ses frères,de ses sœurs, de son père et de ses grands-parents.
Le Sénégal a mal…
Toutes les mères ont mal…
La mer n’est pas un cimetière pour les nourrissons…
La mer n’est pas un cimetière pour les êtres humains…
Des cris ont été lancés durant plusieurs années…
Ils n’ont pas été entendus par tous…
Ces voyages pleins de risques vers l’inconnu ne peuvent plus continuer…
Nous « arrêterons la mer avec nos bras » pour empêcher ces voyages douloureux.
Lire cette affreuse nouvelle au lendemain du 26 septembre est atroce car tous les mauvais souvenirs se «  jettent sur nous comme un vol criard d’oiseaux en émoi »…
26 septembre…
27 septembre ?
Quel jour de septembre était-ce ?
Joola…
Il devient urgent de mettre un terme à toutes ces tragédies de la mer…
Nous vivons dans le vingt- et-unième siècle…
Le «  bébé de deux ans » ne lira pas ce qui a été écrit sur lui car les bébés ne lisent pas, ils doivent grandir avant de lire, dans plusieurs langues.
Il a disparu pour toujours…
Notre douleur est grande et insupportable.
Levons ensemble les bras au ciel et crions ensemble notre colère…
Quelle main criminelle a osé jeter un bébé de deux ans à la mer, sous les yeux de sa mère ?
Où se trouve cette mère désespérée qui a perdu le sommeil pour longtemps?
Où vit-elle, peut-être, cachée dans un village lointain ?
Le Sénégal a mal…
Toutes les mères ont mal…
La mère du bébé tient sa tête entre ses mains car elle ne comprend pas ce qui s’est passé à cet instant précis du jour ou de la nuit, en mer…
Quelle mer ?
Quel océan ?
La mère de notre bébé de deux ans parlera mais elle n’aura jamais le courage de raconter cet acte criminel…
Si la mer reconnaissait les bébés et si elle les épargnait, elle aurait rendu, à cette pauvre mère qui partait vers d’autres cieux, son bébé de deux ans, notre bébé qui a été baptisé et qui porte un nom et un prénom…
Cet acte odieux sera puni…
Nous prierons pour le repos éternel d’un ange…
Il n’avait rien demandé à personne…
Il ne connaissait pas sa destination…
Il connaissait sa mère.
Une autre main lui a été tendue, pour sauver son âme…
Repose en paix bébé de l’Atlantique…

Un grand-père
27/9/2026