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La santé malade du Sénégal Le trop-plein des hôpitaux

SYSTÈME SANITAIRE

 

La santé malade

du Sénégal

 

Le trop a fait le plein dans les hôpitaux

 

Le personnel sanitaire sénégalais est dans de sales draps. Les épreuves se succèdent et pèsent sur leur dos : des bébés sont morts calcinés à Linguère et à Tivaouane, des accouchements ont été négligés,  des femmes perdent leur vie en donnant la vie dans les hôpitaux pour négligence, l’accueil tétanise les patients et  laisse le personnel de marbre. Est-ce à dire que les Sénégalais ne sont plus en sécurité dans les lieux qui devraient sans doute les rassurer ? La faute à qui ?

 

Par Khadidiatou GUEYE Fall,

Chef du Desk Société

En avril 2021, des bébés ont péri dans un incendie à l’hôpital de Linguère. Le cas suivant concerne 11 bébés de la pédiatrie de l’hôpital Mame Abdou Aziz Dabakh de Tivaouane. Les citoyens sénégalais en ont plus qu’assez de sacrifices. Coumba Pilor, une jeune femme célibataire exprime son ressenti face au drame. “C’est horrible ce qu’il s’est passé dans cette structure à Tivaouane. En tant que femme et future mère, je regrette cet horrible événement qui montre une fois de plus la négligence des uns et des autres. La colère que je ressens pour ce système est énorme” déclare-t-elle. A l’instar de beaucoup de Sénégalais, Coumba trouve inadmissible ce qui se passe dans les hôpitaux.

Pourtant les Sénégalais attendaient la démission du ministre de la santé. Mais le chef de l’Etat Macky Sall a été plus responsable. Il a limogé le ministre Abdoulaye Diouf Sarr. Ce, pour une solution peut être.

Notre interlocutrice frappe sur la table et apporte une appréciation de la décision du président de la République. ” Le limogeage du ministre Diouf Sarr ne règle pas le problème. C’est plus profond que cela et tout le système est en souffrance. Nos hôpitaux sont devenus des mouroirs et la population est abandonnée à elle-même. On doit faire table rase de la chaîne pour ne pas dire encore système. Des mauvais traitements, des erreurs de diagnostic, un manque de communication, un manque de respect, des lenteurs pour la prise en charge des cas assez complexes et j’en passe” énumère mademoiselle Pilot.

D’après elle, il faut rééduquer le personnel et revoir les politiques mises en place pour soigner les populations : « La santé coûte cher dans ce pays ;  en plus de ça, il y a un problème de formation et d’humanisme. Heureusement il y’à quelques exceptions sinon c’est le désastre ».

Pour ce journaliste, le limogeage de Abdoulaye Diouf Sarr en le remplaçant par Khemesse Ndiaye, c’est de la poudre dans les yeux. « Aucune prévision prometteuse ne peut être espérée. Diouf Sarr a certes une part de responsabilité. Le directeur de l’établissement de santé aussi doit être limogé », martèle le porteur de voix. Un collègue à lui soutient : « Ce n’est pas Diouf Sarr le problème. Il exécute les directives prises en conseil des ministres. Mais il a une part de responsabilité dans la mise en œuvre de ces politiques ».

Le remplacement de Abdoulaye Diouf Sarr par Khemesse Ndiaye ne semble pas enchanter les Sénégalais. Coumba Pilor pense que la solution ne concerne pas seulement la hiérarchie, c’est un problème de management qu’il faut régler. « Pour remédier à ce problème, il faut revoir les managers. L’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Séparer la politique de choses aussi sensibles qu’est la santé. Remettre l’humain au centre des choses. Bref revoir nos comportements de tous les jours et avoir la culture de la dénonciation dans ce pays ; trop de laisser aller, trop de laxisme. Nos soignants sont devenus insensibles et on dirait dans certains cas que le respect à la vie humaine est à remettre en cause. Mesurent-ils vraiment leurs engagements et missions si nobles…Notre système a montré ses limites donc il faut de vraies solutions mais également mettre les moyens qu’il faut pour accompagner ce changement, ce renouveau ».

La situation devient très tendue du côté du gouvernement. Malgré le limogeage du ministre concerné, les Sénégalais en veulent toujours au personnel de santé, aux autorités sanitaires et au président de la République.