La Croix d’Agadez
Sénégal-Sécurité
La Croix d’Agadez
Dakar doit se préparer à gérer une frontière qui irait de l’Atlantique au Niger
Le pessimisme ambiant quant à la sécurité intérieure du Sénégal devrait amener les prospectivistes à creuser davantage, du local au global, avec les craintes djihadistes nourries depuis la révolution de l’Ayatollah Khomeiny.
Dakar qui subit le passif social de la crise africaine ne mesure pas encore l’immensité de ses frontières : de la Guinée au Soudan, le Sénégal a été la zone de repli de populations en quête de dignité. Cheikh Tidiane Sy ministre de l’Intérieur renseignait sur l’îlot de stabilité que représente le Sénégal dans l’océan trouble que constitue le Sahel et l’Afrique septentrionale en général à la suite de la chute de la muraille australe. Fachoda devenait une zone de repli de mercenaires surpris par le dénouement dans les pays de la ligne de front ; ils vivront d’expédients, de trafic de drogues et de personnes humaines avec une période des otages.
Dakar qui subit le passif social de la crise africaine ne mesure pas encore l’immensité de ses frontières : de la Guinée au Soudan, le Sénégal a été la zone de repli de populations en quête de dignité. Cheikh Tidiane Sy ministre de l’Intérieur renseignait sur l’îlot de stabilité que représente le Sénégal dans l’océan trouble que constitue le Sahel et l’Afrique septentrionale en général à la suite de la chute de la muraille australe. Fachoda devenait une zone de repli de mercenaires surpris par le dénouement dans les pays de la ligne de front ; ils vivront d’expédients, de trafic de drogues et de personnes humaines avec une période des otages.
L’interruption du processus démocratique en Algérie avec le Front islamique du Salut et le Printemps arabe serviront de prétexte pour nourrir des troupes et en faire des armes de déstabilisation massive de l’Ouest africain ; l’assassinat de Khadafi devait précipiter la descente aux enfers avec le repli de djihadistes dans cet immense no man’s land que constitue le désert du Sahara. Depuis, de Dakar à Niamey, la révolte du capitaine Sanogo du Mali fait sourire alors qu’elle était la tradition ancestrale de l’empire de refuser de ployer sous le joug des envahisseurs armés.

Aujourd’hui, le Mali n’existe presque plus. La Guinée Conakry suivra. Il faut mettre fin à une transition, éphémère par définition. Cruel dilemme cependant qui traduit une intrusion dans les affaires intérieures d’un État souverain : les clauses sous-régionales condamnent en effet les prises du pouvoir par la force ; elles révèlent une fracture béante qu’une force intérieure doit aider à solutionner, puisque les accords sous-régionaux ne permettent pas de constituer une force africaine capable d’opposer la force à la force.
Le Burkina ne vaut guère mieux et sa chute organisée par des puissances extérieures entrainera un problème frontalier pour ceux qui veulent exploiter le pétrole du Nord malien comme durant le conflit maliano-voltaïque de 1974.
Le Sénégal a déjà payé un lourd tribut frontalier avec la Mauritanie et la Guinée-Bissau et joue un rôle stabilisateur avec son remuant voisin du Sud pour des raisons de stabilité intérieure et de lutte contre le narco-trafic.
La diplomatie intégrationniste de Senghor par cercles concentriques se heurte depuis l’An 2000 à des ruptures plus ou moins heureuses orientées vers des pays souvent peu regardants sur le plan des droits humains. Le résultat visible est cette alternance sans consistance que tout le monde nous envie mais qui enfonce de plus en plus le Sénégal dans des difficultés sociopolitiques.
Le Sénégal indépendant avait ouvert son chemin de Damas après la diplomatie de la Paix avec de fortes interventions sénégalaises sur le théâtre des opérations au Proche-Orient et au Koweït de la période 
de Saddam Hussein.La diplomatie de bon voisinage s’est heurtée à l’intrusion dans la politique intérieure de la Gambie et de la Guinée Bissau, introduisant une rupture d’un processus de changement comme observé en Algérie avec le Front islamique du Salut.
Par deux fois, le Sénégal a raté le coche dans ses relations de bon voisinage : avec le Mali d’abord, quand Macky Sall a traîné les pieds pour voler au secours de Mali envahi par les Djihadistes en 2012. La même année, la fermeture de la frontière avec la Guinée pour des raisons sanitaires avec la crise de l’Ébola a jeté un froid dans la population : même si, comme le souligne le Pr Seydi dans le cas du hantavirus, “un seul cas peut entraîner une déstabilisation socioéconomique (1), l’expérience du cas d’Ébola a prouvé que le plateau technique sénégalais est de loin supérieur à celui de la Guinée pour appuyer un voisin historique en difficulté.
Pathé MBODJE
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Nota
(1) L’observateur, quotidien, N 6787 du 27 mai 2026, pages 4 et 5
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Echanges sur le vif

Ça n’est pas que Dakar qui est envahi par nos voisins.
Les Maliens sont aussi à Mbilor (le campement risque de devenir un village). La pêche fluviale échappant progressivement au Gaya Gaya et aux Thiarêne..
La Mauritanie prend de plus en plus ses distances par petites touches : incident de Gokhou Mbathie, blocage des passages (la pirogue de Keur Mour était hors de l’eau sur instructions de Nouakchott). Pour moi, la Mauritanie anticipe les problèmes de frontières entre le Sénégal et ses voisins.
Bonjour : En plus des problèmes de frontières avec Bissau, il y a un gros problème économique : la noix d’anacarde est produite en Guinée Bissau ; elle est transférée au Sénégal avec la complicité des fraudeurs de l’État ou même les États).
Le tonnage commercialisé au Sénégal est largement supérieur à la production intérieure..
Les pêcheurs de Kafountine (Saint-Louisiens, Cayariens…) sont souvent frauduleusement dans les eaux Bissau guinéennes…
Etc..
Nos frontières ne sont pas que des opportunités…elles sont également de gros facteurs de risque…
Heureusement que nous avons l’Atlantique à l’est😂
