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Korité : La crise silencieuse L'adrénaline monte chez les chefs de famille

KORITE-LES PRIX DE LA VIANDE ET DU POULET PRENNENT L’ASCENSEUR

Tout est cher et ça se corse

du côté des pères de famille

Par Khadidiatou GUÈYE Fall,
Chef du desk Société

À l’approche de la fête de la Korité, l’adrénaline monte chez les chefs de famille. La situation de crise silencieuse dans laquelle sombre le pays ne les laisse pas indifférents. Leur souci porte sur comment gérer les dépenses de la fête avec la cherté des denrées alimentaires. Les lamentations viennent de tous les côtés.

À moins d’une semaine de la Korité, les commerçants haussent les prix. Dans les marchés, les vendeuses ne permettent plus le marchandage à leurs clients. Les effets de la cherté de vie risquent de ne pas se décanter au lendemain de la Korité.

Retrouvée dans son espace de vente de légumes, mère Faty Siré déplore la situation dans les grands marchés d’approvisionnement. Cette vendeuse de légumes âgée de plus de 50 ans se désole de la situation : « À Thiaroye, tout est cher. Je pouvais acheter un kilogramme de poivron à 400 fr mais ce n’est plus possible. Le kilogramme est 800 maintenant. Avec ça, on est obligé d’augmenter le prix de vente sinon c’est à nos pertes. Les clientes pensent que nous sommes responsables de la hausse des prix alors que ce n’est pas le cas ».

Sa cliente du nom de Ngoné n’est pas satisfaite des prix sur le marché à cette approche de la Korité : « Je suis venue aujourd’hui pour une commande de poivron, mais Mère Faty ne veut pas me faire une faveur. Elle stagne sur son prix que je trouve onéreux. Mais que faire je suis obligée de me plier et d’acheter. Je n’ai pas le temps d’aller dans les grands marchés pour y acheter des légumes et épices »

La main sur le menton, Ngoné semble déboussolée par les prix avancés par son fournisseur de légumes et épices. Elle ajoute que pour ce qui est de la viande ou des poulets, il va falloir mettre sur la table une grosse somme : « Déjà le kilo de la viande flambe toujours avec 3.500 parfois 3.800 fr. Pour les poulets, certains éleveurs n’ont pas investi dans le secteur. Les quelques rares éleveurs qui en ont vendent le poulet à 3.500 fr ou à 4.500 fr. L’oignon, l’huile, la pomme de terre, n’en parlons pas. Ou est-ce que nous allons avec cette situation ? ». Ngoné se demande comment elle va faire pour que la fête se passe bien vu qu’elle doit inviter ses amis chrétiens.

Assane, un jeune menuisier, n’est pas encore soucieux de l’alimentation. Son problème, c’est où il va trouver de l’argent pour la fête. « Pour le moment je n’ai rien pour penser à la fête de Korité. Rien ne va dans ce pays. Les ouvriers souffrent énormément. Au moins ceux qui travaillent dans les grandes entreprises peuvent s’estimer heureux d’avoir la capacité de s’acheter un poulet ou 2 kilo de viande. Mais nous qui travaillons dans l’informel, on n’espère que sur notre travail qui fonctionne occasionnellement », se lamente le jeune menuisier.

Non loin de l’atelier de Assane, on perçoit une grande boutique. À l’entrée, des sacs de pommes de terre, des sacs d’oignon, des bonbonnes de gaz, des sacs de riz encombrent les clients. C’est un grossiste qui livre en gros des denrées alimentaires aux boutiquiers du quartier. Le gérant semble occupé par les clients qui réclament des produits.

Interpellé sur la cherté des produits, il répond : « Ce n’est pas de notre faute. La hausse a impacté sur la chaîne de vente. Nous n’avons pas augmenté les prix de notre plein gré. Le prix ne dépend pas de nous. Ça dépend de combien nous l’avons acheté ». Notre interlocuteur explique que depuis le début de l’année, les problèmes ne font qu’empirer. Le manque de bonbonnes de gaz se joint à la liste des plaintes.

Pour y remédier Assane revient et demande à l’Etat de réagir face à cette situation qui risque d’impacter sur la fête de la Korité dans les foyers : « L’Etat doit faire quelque. Ce ne sont pas tous les Sénégalais qui peuvent céder aux caprices du marché. Nos moyens font défaut, donc il faut revoir les prix de la viande, du poulet, de l’oignon et de la pomme de terre. Des personnes comme moi risquent de ne pas fêter la Korité comme certains le font en famille ».

Dans quelques jours, les musulmans vont célébrer l’Eid el fitr. Mais la situation dans les marchés est plus qu’inquiétante. Pour certains pères de famille, il faut se focaliser sur les priorités en attendant un apaisement financier et la baisse.

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