Journalisme : De la criée à… internet
Chronique-Journalisme
De la criée à …internet

Parler du journalisme, c’est vouloir évoquer beaucoup de concepts de nominations, d’écoles et de dogmes qui se bousculent dans nos échanges au niveau de salles de rédaction.
Du journalisme participatif au journalisme de préfecture, puis du journalisme de données jusqu’au journalisme d’investigation, il y a un long chemin d’apprentissage, de formation et de culture à parcourir.
Peut-être qu’un médecin qui s’essayait à la publicité le plus naturellement du monde fut considéré pour cela comme le premier journaliste de tous les temps !
C’était il y a des siècles : un homme a voulu faire entendre sa voix et montrer ses écrits.
Le médecin de Louis XIII qui, du nom de Théophraste Renaudot, pouvait être considéré comme le premier journaliste des années 1550.
Or, la différence entre ce chroniqueur du beau vieux temps et le maître incontesté de la presse écrite sénégalaise d’aujourd’hui, je veux nommer Pathé Mbodje dont la moustache reste une véritable œuvre d’art nous rappelant Salvador Dali, cette différence donc est somme toute très mince : ainsi sont-ils tous deux imbus de conscience pédagogique et de savoirs très larges. Car si l’un est médecin, c’est qu’il possède un art lui permettant de prévenir et soigner, tandis que l’autre l’est autrement parce que Sociologue, donc étudiant les actions, les relations entre la société et les individus..
Si le métier de journalisme peut dériver de différents horizons, c’est parce que cela nous entraîne depuis nos origines diverses et lointaines.
Le vieux griot de Yarakh Bay Mbar, excellent crieur à la voix gutturale de son temps, n’avait ni journal, ni écritoire, encore moins une télévision comme aujourd’hui. Tôt le matin, il parcourait les rues du village de Bargny pour donner l’information à la criée, méthode par laquelle traditionnellement on divulguait les nouvelles selon un système d’enchère adossé à un principe offre/demande.
Ailleurs, cette publicité et la presse des débuts prirent d’autres formes de communication. C’était d’abord l’utilisation plus optimale des outils, des collectes, de vérification des recoupements avant la publication des informations. C’est ainsi durant presque cinq siècles que ce métier a pris son envol pour atteindre les sommets de la technologie, de l’information et de la communication..
Mais, avant que nous en arrivions, à l’instar de nos pratiques journalistiques d’aujourd’hui, avec nos smartphones, radios, télévisions et internet, l’histoire du journalisme a fait un long chemin et a traversé beaucoup d’obstacles tels la censure et l’interdit.
Les colporteurs, les distributeurs et les crieurs des siècles passés ont franchi le Rubicon quelque temps après, osant enfin parler d’accidents camouflés, de viols cachés et même de meurtres.
Avec l’apparition de l’imprimerie, des textes publiés par François de Sales, que des affiches furent distribuées dans les habitations et placardées en public. La femme, comme toujours, avait déjà joué un rôle central dans la diffusion des nouvelles, marquant l’évolution des activités journalistiques.
C’est dire que la censure et les tribunaux ont aussi marqué la marche de l’homme dans son évolution vers la presse, parallèlement à toutes ces quêtes d’informations ainsi que son évolution, vers un monde de savoirs mais aussi de paix.
Birahim DIAGNE
