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Halima Gadji et autres : Société cruelle

Halima Gadji, Marilyn Monroe et autres
Sous la plume de Eza Boto, nous sommes tous Cronos

La télévision seule n’a pas révélé la dimension de Halima Gadji comme le cinéma seul n’a donné Marilyn Monroe. À preuve, ceux qui en parlent ici avouent ne pas regarder la télévision : “Je ne l’ai connue qu’à son décès car je ne regarde pas la télé. J’ai ressenti beaucoup de compassion pour son décès et sa souffrance psychologique car elle était bipolaire comme Marylin Monroe” ; l’autre renchérit :

La télévision seule n’a pas révélé la dimension de Halima Gadji comme le cinéma seul n’a donné Marilyn Monroe. À preuve, ceux qui en parlent ici avouent ne pas regarder la télévision : “Je ne l’ai connue qu’à son décès car je ne regarde pas la télé. J’ai ressenti beaucoup de compassion pour son décès et sa souffrance psychologique car elle était bipolaire comme Marylin Monroe” ; l’autre renchérit :

La télévision seule n’a pas révélé la dimension de Halima Gadji comme le cinéma seul n’a donné Marilyn Monroe. À preuve, ceux qui en parlent ici avouent ne pas regarder la télévision : “Je ne l’ai connue qu’à son décès car je ne regarde pas la télé. J’ai ressenti beaucoup de compassion pour son décès et sa souffrance psychologique car elle était bipolaire comme Marylin Monroe” ; l’autre renchérit : Je ne connais pas l’histoire de Halima parce que je ne regarde pas les feuilletons. Mon épouse m’a parlé d’elle et de ses grandes souffrances ; je ne la connais vraiment pas. Je sais que son départ a bouleversé de nombreuses personnes. Idem pour Marilyn. Je sais qu’elle était très belle. Je connais sa fameuse photo qui reste un « chef d’œuvre » selon ce que les photographes ont écrit”.

“Tous les artistes, grands hommes et conquérants étaient bipolaires”, affirme l’un et l’autre prend la balle au rebond en affirmant n’avoir appris l’existence de cette maladie chez certains grands hommes comme Napoléon ou Hitler.
Vovo Bombyx : La « bipolarité » est regardée comme une « maladie ».
Les médecins spécialisés n’en parlent pas beaucoup
Notre ami Cheikh Diop a bien fait d’en parler
Il a eu la chance d’évoluer dans le secteur sanitaire.
Je crois qu’il pourrait parler.
Il connaît le vocabulaire”.
——« Nul homme n’est une isle complète en soy-mesme ; tout homme est un morceau du continent, une part du tout… La mort de tout homme me diminue, parce que je suis solidaire du genre humain. Ainsi donc, n’envoie jamais demander : Pour qui sonne le glas ? Il sonne pour toi. »
Ernest Hemingway : « Pour qui sonne le glas ? », 1940, Gallimard, France.
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Halima a raconté elle-même ses souffrances, celles d’une grande âme en deuil moins de son idéal que de l’agressivité des autres : comme l’aliéné en lutte pour sa survie en milieu hostile qui n’épargne pas le suicidaire de passer à l’acte.
Halima l’illustre très quand dit : “C’est la société qui m’a rendue malade”, rappelant un certain Jean-Jacques Rousseau : “L’individu naît bon, la société le corrompt”.

La bipolarité est une évolution linguistique pour respecter la dignité du malade. Dans les années 70, la sociologie s’en était saisie pour constater, avec Maheu et Sévigny,(Cours-année, 1980, Université de Montréal- qu‘elle est une tentative de survie en milieu hostile quand la société est incapable de répondre aux extasiés qui l’interrogent à l’envers. Le Pr Coulomb de Fann en avait tenté une approche quand il refusait d’extraire le malade de la société.
Avons-nous tué Halima Gadji, Marilyn Monroe, Vincent Van Gogh, Nietzsche, Gérard de Nerval, Napoléon Bonaparte et Adolf Hitler ?
Cruelle responsabilité. Dire que sur le cadran d’une montre 1 heure coïncide avec 13 H est d’une banalité que nous attribuons aux bipolaires. Nous sommes tous bipolaires dans les 24 heures. Ne l’avoir pas compris a entraîné le geste fatal quand nous n’avons pas su répondre à l’appel au secours.
La vie au quotidien, la vie en société a servi de révélateur pour montrer comment la société est incapable de répondre quand on l’interroge à l’envers, comme font les bipolaires. Ce qui conduit à l’acte final qui se veut réponse à une non-réponse.
Halima Gadji a eu la grandeur de succomber à un malaise plutôt que d’envoyer un pied de nez à la société ; tous les autres grands ou illustres inconnus se sont distingués dans une fin horrible.

Pathé MBODJE

Avec Vovo Bombyx
et Cheikh DIOP Thilmakha