Gouvernement : Pastef marche vers Diomaye
Gouvernement du Premier juin
Sortir la tête de Lô
Les partenaires techniques et financiers ont bien réagi à cet aréopage de compétences mis en place le Premier juin dernier : malgré les cris d’orfraie et les menaces sous-entendues, cet attelage de compétences avérées devrait aider, par la pacification du discours officiel, de sortir la tête des Sénégalais hors de l’eau. Par la capacité pédagogique de l’équipe, le groupe devrait aider à faire le départ entre ce qui s’est fait depuis 2024.
Certes, méthodologiquement, beaucoup de ressorts attendaient ce moment pour se détendre et détendre l’atmosphère politique viciée par une intolérance qui ne trouvait sa base que sur une incompétence que l’on cherchait à cacher sous une phraséologique gauchisante qui a fini de démontrer ses limites épistémologiques et culturelles : il faut beaucoup d’intelligence pour interpréter correctement les nouvelles mutations sociales qui interpellent les hommes de science ; seul Me Abdoulaye Wade avait su lire la société de 1988, sensiblement revenue entre 2021 et 2024 de populations, au sens culturel, qui luttaient moins pour les hommes que pour elles-mêmes dans leur volonté d’honorabilité.
Ce gouvernement n’en est pas un de transition soumis à l’épée de Damoclès que serait Pastef : l’absence de majorité parlementaire est la même qu’avec Sonko en 2024 ; le même Diomaye lui avait permis de franchir le gué, à la veille d’un délai légal de dissolution de l’Assemblée. 2002 présentait la même configuration avec Me Abdoulaye Wade ; l’amendement Moussa Sy avait permis d’inverser la tendance d’une réelle cohabitation.
Il faut seulement regretter ce fatalisme défaitiste du président de la République qui avoue avoir fait avec ce qu’il a, tout en continuant de marcher sur Pastef.
Garder Pastef, gagner Pastef, gagner avec Pastef
Personne n’a voulu lâcher le morceau Pastef entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye et le président de la formation majoritaire à l’Assemblée, Ousmane Sonko. Tous les deux ont voulu garder Pastef, gagner Pastef, gagner avec Pastef. Surtout sur le plan moral quand il a fallu affirmer son ancrage ou éviter de perdre la face dans un bras de fer sans objet : à y réfléchir de près et selon certaines sources, Pastef ne vaudrait pas aussi lourd que prétendu dans son apport du 24 mars 2024, ce qui s’est vérifié immédiatement après la Présidentielle lors des Législatives post-dissolution. Il en était même pour Macky Sall en 2012 : le poids de l’Alliance pour la République était de 15% sur les 26 % obtenus pour un passage au second. tour. Au demeurant, les déchirures actuelles au sein de la formation majoritaire à l’Assemblée devraient s’élargir devant un horizon d’interrogations sans réponses claires et précises. La question fondamentale reste en effet la même, lancinante : Que dire à Pastef ?
Le président de la République a cependant gagné son pari de l’ancrage dans une formation qui ne lui est pas hostile et qui a démontré, à 

l’heure du choix, que la patrie vaut bien une messe.
Curieux Diomaye qui a non point tant voulu sauver un Pastef qui courait à sa perte que gagner avec Pastef. Les atermoiements dans la composition et la publication de la liste du nouveau gouvernement ont relevé encore ce paradoxe d’un ami (chef de l’État) voulant coûte sauver un ami, ancien Premier ministre.
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Je suis un peu inquiet.
Si en libérant son Premier ministre le président de la République n’avait pas fini sa (une) liste, nous sommes mal gouvernés.
Je pense sincèrement qu’il n’a jamais envisagé de s’en séparer…il a juste été contraint…
Non : il veut sauver Pastef en l’incluant et Sonko joue sa dernière carte : éviter tout lien avec Diomaye. En jouant au dur, il veut accroître une côte qui a dangereusement chuté.
Ce calcul heurtait Sonko qui voulait renforcer sa main-mise sur Pastef et qui aurait signé sa capitulation devant un Diomaye sorti renforcé de l’épreuve parce que affirmant son appartenance à la formation de Sonko éclatée entre la Nation et le Parti.
Pathé MBODJE
