Gouvernement d’union : Où est l’os ?
Gouvernement d’union
Quelle est l’offre ?
Aucune offre sérieuse, des mots, encore des mots et rien que des mots. Le murmure autour d’un gouvernement d’union doit encore se ramollir, comme l’os convoité de Mor Lam.

La contradiction principale : “Gagner à partir de l’opposition”. Pour les partis de la Gauche historique où la densité morale est encore très forte, “tout l’or de Prague ne saurait enrichir Bassirou Diomaye Faye pour en faire un rempart solide devant l’ouragan qu’est Pastef”. Ce sont les Marxistes-léninistes, les Maoïstes et le Trotskystes, en gros.
L’opposition républicaine : “Une offre claire, précise et intelligible que tous reçoivent en même temps. Il appartient au président, garant des institutions, de dire aux Sénégalais ce qu’il a l’intention de faire. Les Sénégalais se positionneront par rapport à ça. Pour un gouvernement d’union, il faut s’adresser aux Sénégalais et dévoiler les points de
discussion. Chacun décidera dans un sens ou un autre. C’est mieux que ces cachotteries : on a vu un tel, on a reçu un tel autre entre 3 ou 4 heures du matin. Ça n’est pas comme ça qu’on construit un pays”. L’union en ordre dispersé : la rigueur intellectuelle et
morale chez certains n’exclut pas pour autant le souci du Sénégal chez les autres qui rejettent tout exclusivisme nationaliste. Il n’empêche : le soubassement épistémologique à la base de la théorie du gouvernement d’union repose sur la dyarchie à la tête de l’Etat et divise aussi par le bas, avec ces soupçons plus ou moins fondés d’une opposition soupirant devant Bassirou Diomaye Faye.
Une offre de la part du président Bassirou Diomaye Faye permettrait de clarifier le débat autour du gouvernement d’union. Faute de quoi, les spéculations vont bon train, en particulier en direction de Amadou Bâ.
Si, le 20 avril dernier lors du lancement de la vente des cartes, certains au niveau de la Nouvelle Responsabilité ont réaffirmé leur ancrage à gauche, c’est à cause du flou artistique dans lequel les politiques se plaisent, dans leur combat à fleurets mouchetés qui explique l’extrême prudence du chef de l’État. Tous se mettent cependant d’accord sur un point : ce gouvernement se ferait sans le Premier ministre actuel et vit de ce fantasme encore irréalisable et irréalisé.
Au début, certains voulaient faire jouer à Amadou Bâ le rôle d’agitateur, révélant implicitement par là que le candidat arrivé second à la Présidentielle de 2024 était le seul à pouvoir gêner le pouvoir aux entournures, d’autant qu’on le disait bien introduit auprès des partenaires qui boudaient désormais un pays où on les maudissait pis que pendre. Amadou Bâ avait refusé. Aujourd’hui, devant certaines informations l’invitant
au banquet de la République, on remet l’antienne avec un ancrage sans équivoque dans l’opposition.
Mais “c’est le Sénégal qui importe : le Mali n’existe presque plus ; la Guinée pourrait suivre”.
Et le parti ?
“Le parti ? Nous allons nous parler mais il faudrait d’abord quelque chose sérieux : quelle est l’offre ?”. C’est l’Arlésienne que le meeting de cette fin de semaine à Mbour pourrait peut-être réveler enfin.
Pathé MBODJE
