Gérard de Nerval : Eloge de la folie
Culture ; Vincent Van Gogh, Nietzsche, Gérard de Nerval
Les rêveries d’un promeneur solitaire
Ils sont légion dans l’extase : Vincent Van Gogh, Nietzsche, Gérard de Nerval. D’ailleurs l’Organisation mondiale de la Santé fête la Journée internationale de la bipolarité en prenant comme référence la date de naissance de Van Gogh. Arthur Schopenhauer : ” La folie est un long rêve et le rêve une brève folie “. Bel exemple qui devrait donner à réfléchir : ” La treizième heure revient, c’est encore la première “.
Gérard Labruni alias Gérard de Nerval est est un écrivain français. Et il est bon d’avoir dans sa bibliothèque des livres comme : Gérard de Nerval : “Œuvre complète “ et “Nerval par lui-même “. Notre chroniqueur a beaucoup aimé des textes comme “Les illuminés”, “Aurelia”, des poèmes comme “El desdichado”.
Nerval souffrait de bipolarité (appellation anglo-saxonne de la psychose maniacodepression) ; cette psychopathologie se caractérise par un trouble de l’humeur : l’humeur du malade oscille entre une phase de dépression et une phase maniaque , euphorique. Ce qui se répercute dans la poésie nervalienne par l’emploi de locutions alternatives comme “tour à tour ” “tantôt..tantôt ” ” ou..ou” comme par exemple dans le poème intitulé “El desdichado”(Le désespoir). Citons de mémoire :
…Suis-je Amour ou Phoebus ? Lusignon ou Buron ?
Mon front est encore rouge du baiser de la Reine.
J’ai rêvé dans la grotte où nage la sirène.
J’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée.
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée. ”
De plus, la bipolarité l’a enfermé dans une conception circulaire du temps ; par exemple, dans ce vers : ” La treizième heure revient, c’est encore la première ” car, sur le cadran des montre, 1 heure coïncide avec 13 H.
On pourrait parler d’un certain exotisme chez Nerval qui était un très grand voyageur ; par exemple, son séjour en Afrique, plus précisément en Égypte qui l’a inspiré pour une “Histoire du Prince Hakem”. Je retiens encore de lui ces beaux mots empreints d’exotisme : “C’est dans le centre de l’Afrique, au-delà des montagnes de la lune et de l’antique Éthiopie qui avaient ces étranges mystères, longtemps j’ai gémi dans la captivité ainsi qu’une partie de la race humaine. Les bocages que j’avais vus si verts ne portaient plus que de pâles fleurs et des feuillages flétris”.
Narval n’avait connu sa mère : ” Je n’ai jamais vu ma mère ; je savais seulement qu’elle ressemblait à une gravure du temps d’après Prudhon ou Fragonard et qu’on appelait La Modestie”. La maladie certainement faisait de Nerval un grand rêveur ; or, d’après Arthur Schopenhauer : ” La folie est un long rêve et le rêve une brève folie “. Malgré différents séjours à la clinique psychiatrique du Docteur Blanche, Nerval devenu SDF finira par se pendre sur une grille rue de La lanterne, non loin des Halles. Vincent Van Gogh qui m’a inspiré en arts plastiques était également bipolaire chronique comme Nerval. En période d’euphorie, il peignait des tableaux gais comme ” Champ de blé à l’alouette ” et, en période de dépression, c’est ” Champ de blé aux corbeaux” et il finira par se suicider en se tirant une balle de révolver
dans la poitrine après avoir peint ce célèbre tableau. D’ailleurs depuis un certain temps, l’Organisation mondiale de la Santé fête le Journée internationale de la bipolarité en prenant comme référence la date de naissance de Van Gogh.
Nietzshe était également bipolaire et avait envisagé de se suicider à plusieurs reprises. Le mathématicien Riemann était lui aussi bipolaire et avait tenté de se suicider à deux reprises. Einstein était légèrement bipolaire comme étaient bipolaires des conquérants comme Napoléon et Hitler.
Cheikh DIOP,
Ancien Enfant de Troupe,
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