GMT Pile à l'heure, Génération Média&Technologies,la ligne du Devoir.

« Une ligne éditoriale très soixante huitarde, une approche iconoclaste sur fond de culture humaniste ».

Fouta sous Kiiraay : Un soupirail ?

 Fouta

Kiiraay, la solution

ou une simple respiration ?

Par Habib KA,

Chef du Bureau régional de Matam

Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a réussi à réduire en lambeaux le “Neddo ko banndum” faussement interprété, et à aliéner quasiment le titre foncier du fils prodigue proclamé dans la ferveur et dans la liesse du 6 février 2019 à Matam.Le Fouta continue pourtant de survivre dans sa chair, comme du temps des années de sécheresse de 1973.

Thilogne-Le 6 février 2019, Macky Sall, en pleine campagne présidentielle pour un second mandat, bat tous les records d’affluence à Matam. Jamais dans l’histoire politique de la ville une telle mobilisation n’avait été vue.

Aujourd’hui, c’est le branle-bas dans les 10 communes du département ; 3 ont plié bagages à la première heure et rejoint Diomaye Président :

  • Abdoulaye Sally Sall, ex-conseiller personnel du président Macky Sall et maire de Nabadji Civol,
  • Diallo Baalel, immigré, maire de Ogo,
  • Yaya Abdoul Kane, ancien ministre des Postes et Télécommunications, tout récemment nommé PCA du FONGIP ;
    Le plus inattendu, c’est la forteresse de Farba Ngom :
  • Le tout-puissant député-maire des Agnams, Farba Ngom, ses lieutenants, l’ancien ministre de la Communication, Moussa Bocar Thiam, maire de Ourossogui, le député-maire de la commune de Matam, Mamadou Mory Diaw ainsi que Amadou Yéro Ba d’Oréfondé et son oncle Samba Léldo Seck de Nguidjilone, seraient en téléchargement libre vers le nouveau pouvoir.
    Le maire de Thilogne, Mamadou Élimine Kane et son 1er adjoint Abdoul Guissé, réputés pour leur insoumission à l’édile des Agnams, cherchent encore leurs repères dans un silence de cathédrale.

Chez l’homme d’affaires Kalidou Wague, maire de Bokidiawé, c’est le blackout total.

La carte politique du département de Matam, redessinée, le bleu-blanc-rouge serait superposé presque parfaitement au marron-beige. L’APR se muerait en KIIRAAY.
Les ondes du séisme politique se propageraient naturellement dans les deux autres départements de la région : Kanel avec ses 16 communes et Ranérou Ferlo, avec ses 4 communes.

Car le Sénégal politique fonctionne ainsi : à chaque alternance, le parti déchu périt et le parti vainqueur s’encombre de ses leaders, accros aux prébendes et privilèges de l’État.

Le Fouta s’est barricadé pendant deux ans. il a passé deux ans à stigmatiser ses propres fils qui se positionnent autrement, les traitant comme des renégats, des pestiférés.
Ce qui semblait être une Grande muraille, une cuirasse d’acier; n’était en fait qu’un château de cartes, aussitôt effondré à l’appel du président, déverrouillant totalement la transhumance.

Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a réussi à réduire en lambeaux le “Neddo ko banndum” faussement interprété, et à aliéner quasiment le titre foncier du fils prodigue proclamé dans la ferveur et dans la liesse du 6 février 2019 à Matam. Enterrant ainsi définitivement l’orgueil mal assumé et la fierté débridée entretenus pour aviver la fibre du régionalisme et de l’ethnicisation.

Le Fouta continue de survivre dans sa chair, comme du temps des années de sécheresse de 1973. il vit de l’apport de ses fils travailleurs, de la solidarité agissante de l’émigration, de ses braves mères de famille entreprenantes.
Pas d’industrie. Pas de programme agricole ou pastoral. Des terres abandonnée faute de pluies.

Pourtant, les dirigeants foutankés, autour du chef de l’État pendant 12 ans avaient largement le temps de prier ce dernier de venir à la rescousse de la région. Mais ils étaient plus soucieux de s’enrichir personnellement, parfois à coup de milliards, que d’œuvrer pour un développement durable de leurs localités et pour une amélioration qualitative des conditions de vie de leurs populations,
Ils ont étouffé les cris de cœur des mouvements “Daande Maayo Emergent” et “Fouta Tampi”, qui furent les premières alertes dénonçant l’indifférence des politiciens face aux urgences de leurs concitoyens. Puis, ils ont récupéré politiquement ces mêmes mouvements et désorienté la lutte des populations de Ndendory, Hamady Hounaré, Horkadiéré contre l’exploitation anarchique des phosphates et la gestion catastrophique de l’environnement.

Edition du 23 décembre 2021