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La Ligne du Devoir

Et on l’appelait aussi « LAYE NDIOMBOR » ! Par Tidiane SÈNE, Correspondant en France, Toulouse

Au-delà de la couleur des feuilles d’arbre, il y a les cimes et le bleu du ciel

Sans doute, dans l’histoire du Sénégal, aucun homme n’aura autant marqué les secteurs de l’enseignement, de la politique à travers l’opposition et dans les labyrinthes du pouvoir et de la communication sociale que lui. Senghor comprit très tôt que la finesse politique dont l’homme se prévalait pour créer son parti faisait de ce dernier un adversaire redoutable armé d’une intelligence hors pair. Abdoulaye Wade a marqué son enfance et sa vie adulte par des souvenirs à vous couper le souffle, refusant de toujours jouer au petit citoyen, à l’adulateur. Il est un homme qui fonce tout droit à la recherche de solutions aux problèmes qui se dressent devant lui. Déjà, son enfance est marquée par des engagements courageux aussi bien dans sa vie scolaire que durant son bref passage dans l’armée. C’est véritablement en entendant Senghor dire qu’il a levé les yeux et regardé la couleur (verte) des feuilles des arbres qu’il a pu lui aussi contempler au-delà des cimes et le ciel afin de trouver la couleur (bleue) de son parti, le PDS. Pour lui, à l’image de nos ancêtres, tout est grandeur. Tout est sublime !

Wade est un athlète cérébral doublé d’une culture colossale. Il écrit sur les mathématiques, sur l’économie, sur l’histoire et sur la politique dont il est un exégète né. Nonobstant, le prophète du « Sopi » aime discuter sur tous les sujets ayant trait aux sciences humaines et philosophiques. Le natif de Kébémer n’a pas peur de fréquenter les milieux intellectuels où on devise sur l’islam, le christianisme, le bouddhisme, la poésie, l’art, la littérature et sur tous les autres sujets brûlants qui nous préoccupent. Il savait disserter sur les grands de ce monde, notamment sur Mouhamet (psl), Jésus, Serigne Touba ou El Hadji Malick, etc… Il pouvait sans sourciller vous inspirer des peintres tels Edouard Manet ou Pablo Picasso, des poètes à l’image de Stéphane Mallarmé au pamphlétaire et journaliste Zo d’Axa. Il possède une vaste culture sur des domaines variés, les célébrissimes chutes du Niagara gigantesques et vertigineuses à toutes les Pyramides d’Egypte les plus emblématiques de cette civilisation, du Roi Soleil à Charles Dickens, plus grand romancier de l’époque victorienne, du chimiste Lavoisier à l’architecte Léonard de Venci, de Napoléon Bonaparte à Léopold Senghor, de David Diop au nucléaire, de Maradona à El Hadji Diouf, de Modou Lô à Yawou-Dial en passant par Jigoro Kano jusqu’à Gogen Yamaguchi, ce célèbre adepte du Jiyu Kumite fondateur du style Goju et dont le pseudonyme était « le chat », et des flèches du Bantou aux Masques Dogon. Les connaissances de Wade vont jusqu’aux rites d’intronisation de nos ancêtres Aski au « Ndeupp » des Lébou, que prônait Baye Daouda Seck de Bargny. Contestataire, pragmatique mais généreux, il peut être radical voir exultant. Mais il ne lésine pas pour dire tout haut ce que d’autres pensent tout bas, ce qui le rend souvent brutal, féroce, talentueux, rêveur, sensible et habile politique. Professeur agrégé et pédagogue de renom, il est un maître dans beaucoup d’autres domaines qu’il exerce aussi bien en explorant à fond le droit constitutionnel, sociologique et politique, que les sciences économiques. Abdoulaye Wade en tant que génie sénégalais est tout cela à la fois. Ses découragements sont vite dissipés, car sa hardiesse face aux épreuves traversées est, à la limite, surhumaine…

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