El Hadji Momar Wade : Hurry Up, Citizen Kane
EL HADJI MOMAR WADE
Hurricane, Citizen Kane

Il n’aimait pas le mot “Hurricane” qui lui était attribué. Non sans raison : il aimait la vie, la brûlait par les deux bouts de la chandelle. En toute vitesse ? Non : à belle vitesse, au pas du sénateur, majestueux comme il était.
Il aimait la vie, qui ne le lui a pas rendu. Il souriait quand son cœur saignait. Il aimait la vie et a trouvé refuge dans la vie, dans l’esprit plutôt que la lettre qu’il a servie avec hauteur et professionnalisme. Il intervenait toujours de manière providentielle, au service de ses amis.
Ses repères et refuges avaient disparu : Chérif Elvalide Sèye et Abdallah Faye en particulier. Il s’est efforcé d’honorer leur mémoire à une période difficile de la démocratisation du Sénégal : ses invectives contre Mamadou Ndoye “Mendoza” et Madior Diouf dans un moment de politisation extrême de l’Université de Dakar sont restées célèbres ; il a joué un rôle appréciable au service de l’information, sous toutes les formes, dans toutes les rédactions. Son recul extérieur n’a pas éteint cette flamme : elle a autant brûlé urbi qu’orbi et éclairé de manière déterminante le statut et la pratique.
Cet agrégat est peut-être la raison de sa sagesse avec la proximité avec Junior de Tivaouane.
Dans le port et le geste, il avait acquis cette onctuosité religieuse qui est le reflet de toute une vie, de la force à la sagesse.
P. MBODJE
