GMT Pile à l'heure, Génération Média&Technologies,la ligne du Devoir.

« Une ligne éditoriale très soixante huitarde, une approche iconoclaste sur fond de culture humaniste ».

Décès de Aziz Diop Bogou : Homme de culture

Décès de Diop Bogou

Un ami, un grand-frère, un homme de culture, un écrivain, un journaliste, un formateur


Un
ami, un grand frère, un homme de culture, un écrivain, un journaliste, Abdou Aziz Diop Bogou est issu de la grande famille Nianguène de Dagana par sa lignée maternelle. Une famille qui détient le titre honorifique de Serigne Dagana hérité de mon arrière-grand-père Serigne Dagana Baye Ndaraw, père de la mère de Mbaye Diack, grand-père de mon père.

Abdou Aziz Diop est un homme multidimensionnel. Nos chemins se sont croisés en 2000. J’organisais une conférence sur le thème ” Mondialisation : Enjeux et Perspectives en Afrique” dans le cadre des activités culturelles de l’école Abdou Aziz Sy que je dirigeais à la cité Impôts et Domaines, non loin de chez lui à la Patte d’Oie. Cette conférence était animée par le docteur Chérif Salif Sy, économiste, conseiller du président de la République Abdoulaye Wade. Il a pris part à la conférence et y a fait une intervention pertinente. Depuis lors, on ne s’est pas quitté.

Aziz Diop Bogou était un intellectuel cultivé qui aimait la lecture ;  il est auteur de beaucoup de publications. A chaque fois qu’il devait dédicacer un livre, il me faisait l’honneur de m’inviter et de partager la partie avec lui. Un homme de Gauche qui militait à And Jef qu’il partageait avec son frère Boubacar Diop que je salue au passage. Ce professeur qui enseignait au CESTI, la prestigieuse école qui forme les journalistes, était un homme ouvert d’esprit, qui avait le sens de l’écoute et du partage à travers d’interminables discussions et de débats contradictoires suscitant des intérêts au service de la communauté intellectuelle. Il me vouait une grande admiration et appréciait souvent mes sorties en tant que spécialiste de l’écriture avec une plume pointue. Ses encouragements et ses critiques m’ont permis de parfaire et d’améliorer mes textes.

Daganois de souche, il a fait des recherches sur les figures qui ont marqué l’histoire du Walo dont Elhadj Abdoulaye Sow qu’il a magnifié dans une œuvre romanesque qui a battu le record en publication, une œuvre dont l’intérêt traverse les générations au regard de la dimension ésotérique de l’homme. Ce disciple de Elhadj Abdoulaye Sow est un fervent musulman qui défendait le caractère orthodoxe de la religion, tout en bannissant le fanatisme et le suivisme faisant l’objet de dérives qui sapent les fondamentaux de notre foi, de nos croyances existentielles. J’ai appris tardivement son décès ce samedi, raison pour laquelle je n’ai pas assisté à la levée du corps.

Il rejoint ses amis corporatistes Mame Less Camara, Babacar Touré. Que Firdaws les accueille. Je présente mes condoléances à tout le Walo et au monde intellectuel qui a perdu et de ses dignes représentants. Que la terre lui soit légère !

Cheikh Tidiane DIACK