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Culture : “Colère rose” est-il un roman dangereux ?

Culture : Dieynaba Sarr : Colère rose est-il un roman dangereux ?

Amour, pouvoir et colères tues :  lecture éclairante : « J’ai voulu écrire une guerre» 

Devant un public attentif et en présence d’éminentes personnalités parmi lesquelles M. Samsidine Sadio et sa délégation représentant M. le Ministre, le Professeur Aliou Sow, M. Bocar Guiro, Directeur de la maison d’édition Ganndàl Afrique, M. Samba Mbalo, Directeur artistique du Grand Théâtre National Doudou Ndiaye Coumba Rose, Mme Sokhna Benga ainsi que plusieurs acteurs du monde culturel et littéraire, Dieynaba Sarr,
juriste et écrivaine, chef de la  division “Veille réglementaire et Contentieux” de l’Agence nationale des Affaires maritimes (ANAM), a conduit l’assistance au cœur de “Colère rose”, le deuxième roman de Sadany Sow.

En soulignant la force des personnages, la qualité de l’écriture et les grands thèmes qui traversent l’ouvrage, elle a dressé le portrait d’un récit où les sentiments se heurtent aux blessures du passé, où la colère devient un langage et où l’amour se construit contre toutes les certitudes.

Compte rendu de Chérifa Sadany Ibou-Daba SOW,

Cheffe du Desk Culture

Dans son intervention, Dieynaba a notamment déclaré : « Je vous prends à témoins, en ce bel après-midi de ce samedi 16 mai, de l’immense honneur et du pur bonheur que je ressens en ce jour, que dis- je ? depuis que ma petite sœur Sadany Sow m’a sollicitée pour présenter ce magnifique roman qu’est “Colère rose” que je souhaite être le deuxième d’une riche et longue série bibliographique in shaa Allah.
J’aimerais certes me cantonner à ma tâche de ce soir qui est de présenter cet ouvrage mais comme le dit l’adage l’adage wolof «boutel la mou def rek la saagne bi di xeegn » qui pourrait être approximativement
traduit en français par : « Le bouchon ne peut avoir que l’odeur du contenu de la bouteille qu’elle bouche ». C’est pour vous dire que je ne saurais ne pas parler brièvement de la belle relation qui nous lie, Sadany et moi, depuis deux ans maintenant et qui augure d’une forte sororité naissante Masha Allah. Nous nous sommes connues grâce à notre association littéraire “Promotion du Livre et de la Lettre” (PLL) et depuis quelques mois nous nous découvrons de plus en plus, et au fil de nos sincères échanges, une magnifique ressemblance de vies et de parcours parsemés, à l’instar de la vie, de traquenards, d’embuches mais aussi de merveilleux moments et joyeuses péripéties. Sadany se lit, se laisse découvrir, à travers sa savoureuse plume que
tout lecteur qui s’aventure dans ses écrits constatera pour le confirmer. Ce deuxième roman en est une autre illustration”.

Ce roman de 273 pages, table des matières comprise, est composé de quatre (04) chapitres intercalées en amont, par une note de l’auteure, la préface du Professeur Aliou Sow et du prologue ; et en aval, par l’épilogue et la postface de M. Samba Mbalo. En français, l’expression « colère rose » désigne une colère vive, soudaine, mais généralement passagère et sans réelle malveillance. Contrairement à la « colère noire » qui est sombre et destructrice, la colère rose exprime souvent une frustration immédiate, parfois teintée d’indignation ou d’un sentiment d’injustice, mais qui s’estompe rapidement.

C’est une colère qui est :

Soudaine : elle éclate de manière imprévisible.
Passagère : elle retombe aussi vite qu’elle est apparue.
Superficielle : elle ne cache pas de rancœur profonde.
Expressive : elle se manifeste souvent par des réactions visibles mais inoffensives.
C’est la colère qui peut illustrée par exemple par une bouderie d’enfant face à un refus ou une réaction indignée mais théâtrale lors d’un jeu de société ou encore un agacement passager face à un petit contretemps du quotidien.

Dans ce roman, le lecteur y découvre un bel attachement de l’auteure à la description, à la culture, ce qui révèle sa méticulosité et son sens aigu de l’observation de son environnement animé comme inanimé. La dominance temporelle de l’imparfait de l’indicatif sonne comme une forte envie de témoigner, de raconter sans ambages, de livrer une version à connaître. Le présent de l’indicatif vient par, à coups, imprimer la véracité des faits, avec le passé simple qui cherche à sonner une volonté de rupture impérieuse.
A la page 7, la note de l’auteur sonne comme un avertissement de sa détermination, envers le lecteur, «J’ai voulu écrire une guerre ». Par cette note, le lecteur a généreusement droit à un décor campé, des personnages décrits à travers traits de caractère et convictions.
Passé ce descriptif, l’auteur nous gratifie d’une certaines perception de l’amour, « Je crois que parfois, la seule manière d’aimer sans se perdre, c’est d’apprendre à désobéir » (page 7) Une opinion qui, qu’on la partage ou non, est empreinte d’une folle envie de croire en l’amour tout en laissant transparaître à la fois peur et fragilité emballées dans une fausse carapace de rebelle.
Le lecteur avisé ne s’y méprendra guère car, dès cette entame du livre, il sentira qu’en refermant cet ouvrage après lecture, il ne sera pas dans le même état que celui dans lequel il était avant d’entamer sa lecture.
Chers invités, mon rôle, n’est pas de vous servir le contenu de ce roman sur un beau plateau mais plutôt d’aiguiser votre appétit de lecteur pour juste après le lire pour ceux qui l’ont ou s’en procurer au plus vite afin de découvrir ce que renferme “Colère rose”.

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Dieynaba en a fait une très belle présentation qui met parfaitement en lumière l’essence de cet ouvrage né des entrailles d’un burn-out–Chérifa Sadany Ibou-Daba Sow

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Des pages 9 à 13, la préface, tel un coaching haut de gamme, est à l’image de l’éminent professeur Aliou Sow révélant la dimension du grand homme de culture qu’il est, amoureux du savoir, généreux dans la diffusion et le partage de celui-ci. Cette préface vient à la suite de la note de l’auteure nous servir du lourd.
Du prologue à l’épilogue, vous ferez connaissance avec Aïcha Traoré, Richard Touré, Betty, l’ex-femme de Richard, Jules son avocat et ami, Gabrielle sa fidèle collaboratrice et maîtresse, Karim Henry ami d’Aïcha entre autres. Aux pages 207 à 209, la référence au film “Cinquante nuances de grey” donne un aperçu de la personnalité trouble et obscure de Richard. «Tu t’es inspiré de ce film quand tu m’as proposé ton fameux contrat de mariage blanc ? » L’image de Richard comme sadomasochiste, froid et dominateur s’impose alors forcément au lecteur.
En effet, dans ce livre, Aïcha Traoré accepte l’impensable : épouser Richard Touré, un homme d’affaires froid et brisé, pour l’aider à récupérer sa fille des mains de son ex-femme. Mais entre eux, tout n’est que calcul et défiance. Lui, ne croit plus à l’amour tandis qu’Aïcha refuse d’être une simple exécutante. Alors que le compte à rebours du contrat de mariage blanc est lancé, une question plane : Aïcha parviendra-t-elle à faire tomber les barrières de Richard avant qu’il ne soit trop tard ? Ou finiront-ils par être broyés par les règles qu’ils ont eux-mêmes établies ?

Un roman sur la colère comme langage d’amour. Sur le désir qui dérange. Sur les êtres brisés qui se réparent malgré eux.
Femme de caractère, refusant la soumission, Aïcha entre dans ce contrat les yeux ouverts, avec ses propres règles et sa dignité intacte. Alors que Richard, en homme brisé, blindé par la méfiance, construit des murs pour ne plus souffrir, jusqu’à ce qu’Aïcha trouve la fissure.
Quatre (04) Thèmes centraux se dégagent :

1) Amour & contrat : deux êtres liés par un accord qui finit par les dépasser.
2) Pouvoir & vulnérabilité : qui tient les rênes, et à quel prix ?
3) Colères tues : ce que l’on ravale finit toujours par ressurgir.
4) Désir interdit : les règles qu’on fixe pour ne pas aimer… et qu’on brise.

Sans prétendre donner un cours sur les figures de style, l’oxymore « traître préféré » à la fin de la page 259, dite par Aïcha à son ami Karim suite à la trahison découverte, vaut son pesant d’or et mérite d’être relevé.
La postface est artistique à l’image de son auteur M. Mbalo, artiste, animateur culturel, Directeur artistique du Grand théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose. Cette image, le lecteur la percevra en le lisant avec bonheur les pages 267 à 270 car, à travers ces mots, on est encore balloté entre colère et peine envers Richard qui est un blessé de l’amour mais aussi un bourreau en la matière, et une Aïcha tout aussi blessée, vulnérable, enragée mais malgré tout déterminée.
Bref, procurez-vous “Colère Rose” et lisez cette pépite.
Merci de votre écoute