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Crise au Ps-Le Vert Est Dans Le Fruit

Crise au Ps

 

Le Vert est

dans le fruit

Après une première attaque à la veille du remaniement de la Toussaint 2020, Serigne Mbaye Thiam a encore secoué fin septembre 2022 le baobab socialiste en se lançant à la succession de Ousmane Tanor Dieng.
La première fois, il s’était présenté comme l’élu de sages qui lui avaient indiqué la voie ; reconduit dans le gouvernement du 17 septembre après quelques secousses internes, il s’est « lancé » à la course de tête au moment où la responsable socialiste qui a remplacé Ousmane Tanor Dieng au Haut conseil (Hcct) Aminata Mbengue Ndiaye était au plus mal, ce qui lui a valu quelques banderilles.
La persistance de ministre de l’Eau, comme en 2020, accentue la fracture à l’intérieur de la formation socialiste et introduit le vert dans le fruit pourri depuis la fracture de 1996 qui marquait le début de la destruction du Parti socialiste.
À la vérité en effet, ceux qui sont le problème ne sauraient en être la solution : à la proximité avec un pouvoir qui entraîne le parti de Senghor dans sa chute libre, s’ajoutent les querelles de préséance d’individus sans relief, plus soucieux de leur bonne fortune que de la survie du parti de Diouf enterré avec le premier président du Sénégal.
Et ceci dès 1996 au moins quand le processus de liquidation du parti commence avec celui qui ne s’y est jamais retrouvé, Abdou Diouf. La descente aux enfers remonte avec l’arrivée du champion de la déconfiture élu au congrès sans débat de 1996 ; 2000 en fut l’apothéose, suivie des tentatives de redressement sans effet.

Le protocole de Paris du 30 septembre 2012

Sur les raisons pour lesquelles il doit partir :

1.wax waxeet : il s’était engagé à partir, qu’il gagne ou pas : dans toutes les démocraties, le candidat qui perd doit partir.

2. 1996, il était à plus de 50 % ; en 2011, en coalition, on est a 11 PC, toujours dernière les dauphins de Wade ;

3. Donner la chance à un nouveau candidat jeune pour la recomposition de la famille socialiste, surtout de nous laisser une famille socialiste unie et non explosée entre Wilane, Noël Seck.

96 : congrès sans débat.

98 : fait partir Djibo Kâ.

2000 : il a fait perdre Diouf.

2001, perd le groupe parlementaire.

2003, on perdu les Municipales

2007, échec de la coalition Diam Dji avec Idrissa Seck. Échec du boycott des législatives. La même année, il vient derrière Idrissa et Niass avec 12 %.

2012, Échec Benno et débâcle de la présidentielle avec 11%.

Est-ce que le PS, en coalition présidentielle, est un parti de masse ?

Paris, Ermone Eaubone, 30 septembre 2012.

NDLR : Le signataire du texte est élu le 31 juillet dernier comme député local sur la liste de Yewwi Askan Wi.

Le sort du Parti socialiste s’est aussi joué en France en juillet 2012 et explique l’actuelle déconfiture d’une formation leader de l’opposition en 2002 en termes de nombre de voix et qui se retrouve au lendemain des Législatives du 31 juillet dernier avec la part congrue de la majorité avec seulement cinq pauvres sièges propres.

Ousmane Tanor Dieng était dans les valises d’un Macky Sall cherchant encore ses repères entre les  Socialistes François Hollande et Abdou Diouf, sous la baguette du Premier secrétaire comme on appelait naguère le responsable du Parti socialiste.

Khalifa Sall aussi était à Paris, en route vers la Belgique.
De la rencontre des Socialistes locaux à La Chapelle, il est sorti la résolution que les 40 ans et le prestige du Ps valaient plus qu’une figuration sur une photo avec Macky Sall devant : après l’avoir accompagné au pouvoir, le Ps devait retourner chercher le pouvoir.

Khalifa Sall est passé de l’Érèbe à la roche tarpéienne à partir de là quand beaucoup considéraient Ousmane Tanor Dieng comme champion du recul des Verts et que Khalifa Sall devait conduire le changement.
L’avait-il compris ainsi ?
Dans tous les cas, il a manqué de tact dans sa diplomatie d’État avec le pouvoir, lui qui avait géré la période des braises avec Zoulou et le redoutable opposant Abdoulaye Wade.
La suite, on la connaît : la charge concomitante de l’Etat et du parti donne un résultat jamais enregistré dans une formation avec son responsable de la vie politique ;  en détention préventive depuis le 7 mars 2017, pour des malversations présumées portant sur 1,8 milliard de francs CFA, Khalifa Sall et 65 militants sont exclus en décembre pour les beaux yeux d’un président en butte à la capitale et qui voulait coute que coute un deuxième mandat. Depuis, les rafistolages succèdent aux rafistolages, la chute devient plus dure et émeut ceux de l’intérieur et de l’extérieur qui veulent sauver le soldat socialiste Ryan du Macky.

P. MBODJE