Coalition “Diomaye Président” : Battre le frère quand il est chauve
Coalition Diomaye Président
Vaincre sans péril
Le défi est grand de battre Ousmane Sonko et son groupe. C’est le gros challenge de Aminata Touré Mimi et sa coalition Diomaye Président mutant vers Diomaye 2029. Les probatoires sont là, entre les locales et la Présidentielle proprement dite. L’espoir est là cependant, même pour une victoire sans péril.
L’enjeu est de taille qui pose trois hypothèses que Mimi a su résoudre moins par ses propres mérites que par une situation ubuesque d’un rapprochement plus facile avec Diomaye qu’avec l’autre toujours là malgré tout.
Malgré cette période de la vérité décalée, elle partage avec le président de la République de ne pas électriser les foules au moment du retour de la politique spectacle qui avait fait Wade et Ousmane Sonko : la société réfléchit plus avec le coeur qu’avec la tête, en ces moments ; il ne faudrait pas cependant se tromper sur le pouvoir des mots : Le Pen père est passé de 2% au second tour de 2002, liquidant un Lionel Jospin ulcéré ; aujourd’hui, la fille est supposée pourrait diriger bientôt la France malgré les accrocs juridiques. Le discours populiste est resté le même au sein de la famille et des sociétés occidentales et s’est métastasé d’Est en Ouest–Cf notamment : Trump : Le pouvoir des mots (Alain Bauer, First édition, 2026).
L’émotivité comme forme d’accession et de gestion du pouvoir pourrait cependant être en bout de cycle : après près de cinquante ans et ç cause des injustices nées d’abus du droit de la personne humaine, l’humanité s’enfonce de plus en plus dans un désordre que les populations n’avalisent plus.
En second lieu, le président Bassirou Diomaye Faye partage d’être avec sa directrice de campagne Aminata Touré Mimi sans rampe de lancement connue, malgré Ndiaganiao, Kaolack et Grand Yoff et la durée dans les arcanes du pouvoir : l’allumage n’est pas le décollage ;
enfin, ils sont tous les deux présentés comme des putatifs qui n’ont eu que le mérite d’avoir bénéficié de l’aura de Ousmane Sonko : au risque de les heurter, la légalité n’est pas toujours la légitimité populaire.
Cet handicap est accentué par une autre triple difficulté née avec la mise sur pied, en novembre 2025, de la coalition présidentielle :
l’impossible marginalisation d’une formation bénéficiant d’une puissante assise populaire, le Pastef dont le président agit en parallèle au président de la République pour démontrer son ancrage ; malgré un recul électoral de près de 300.000 voix entre la Présidentielle et les Législatives, la formation du ¨président Ousmane Sonko a brillamment réussi l’examen des anticipées de novembre 2024.
l’improvisation qui fait appel plus au grégaire qu’à une stratégie à court terme avec des termes de référence assez clairs sur la route des Locales et de la Présidentielle ;
ils ne peuvent enfin même pas bénéficier du rejet d’un leader maximaliste gênant à l’intérieur comme à l’extérieur : l‘érosion est ralentie par l’absence de solution face au mal vivre des populations et ceci depuis deux, alors que rien ne pointe à l’horizon. L’absence d’un espoir de sortie de crise ne permet plus de supporter le mal-vivre des Sénégal depuis ces deux dernières années.
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“À cinq reprises, Jean-Marie Le Pen est candidat à une élection présidentielle. Après avoir obtenu un résultat très faible en 1974, il se hisse par trois fois en quatrième position du premier tour (en 1988, 1995 et 2007). À la surprise générale, il accède au second tour du scrutin de 2002, à l’issue duquel il obtient 17,8 % des suffrages exprimés face au président sortant, Jacques Chirac, qui bénéficie d’un « front républicain ». Wikipedia
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L’espoir est grand cependant de vaincre en l’absence du principal challenger, entre les Locales et la Présidentielle si les tendances actuelles se vérifient au sein de Dame justice, d’autant que les majors se seront rangés derrière le candidat de la Coalition Diomaye qui devient ensuite Diomaye Président.
Le gros avantage d’une victoire par tapis vert n’est pas garant d’une victoire assurée : le déséquilibre du camp adverse pourrait secouer durablement une Nation qui en a vécu l’échauffement entre 2021 et 2023 ; au demeurant, la visite du site de la coalition fait croire que des défections sont possibles dans les rangs. Aminata Touré qui a cheminé un moment avec Alain Krivine doit en savoir un bout sur l’infiltration et les moyens d’en atténuer les effets à défaut de la combattre..
Pathé MBODJE
