Cheikh Diba : Plaintes & complaintes
Cheikh Diba : Plaintes et complaintes
On ne prête qu’aux riches
Sur le fonds, le juge Dème a tort, et la plainte du camp de Mame Mbaye Niang ne saurait prospérer. Cette diversion vise quoi, alors ?
Le juge Dème, dans le dossier des fonds secrets, les avocats de Mame Mbaye Niang, dans l’affaire Prodac, ont décidé de porter plainte contre le ministre Cheikh Diba. Prête-t-on trop aux riches ? Dans les deux cas, le ministre Cheikh Diba ne saurait être pris en défaut : sa responsabilité n’est engagée ni sur le plan administratif, ni sur le plan purement politique ; Cheikh Diba symbolise en effet une continuité que lui impose le droit administratif.

Les deux cas ont été soumis à l’expertise de Daouda Mine, référence de la presse dans les dossiers judiciaires. Ses réponses ne souffrent d’aucun doute :
Question : Si leur utilisation est couverte par la loi, est-il obligatoire de divulguer le montant des fonds secrets alloués à la Présidence et à la Primature principalement ?
Daouda Mine : Dès lors que les fonds secrets sont couverts par la loi, il est interdit à tous les corps de contrôle et même aux juges de se pencher sur la manière dont ils sont utilisés. Rappelez-vous l’affaire Idrissa Seck : dès que la commission d’instruction de la Haute cour de justice s’est rendue compte que les fonds reprochés à l’ancien PM provenaient des fonds secrets, elle en a déduit qu’elle ne peut pas enquêter sur leur utilisation du fait de la loi. Conséquence : un non-lieu.
Justement c’est parce qu’ils sont secrets et laissés à la discrétion du chef de l’État qu’on ne peut divulguer ni le montant ni les bénéficiaires.
On peut demander leur suppression ou le plafonnement du montant. Mais dès qu’on s’accorde sur l’existence de fonds secrets, ils obéissent à des règles strictes de confidentialité comme dans tous les pays du monde d’ailleurs”.
Inciter à se tourner vers le ministre Cheikh Diba revient alors à amuser la galerie, comme d’ailleurs dans l’autre cas apparemment clos et bien clos.
Question : Revenons vers vous, Baye Daouda. Makhou Lébougui aimait bien Baye Daouda de Bargny, détenteur des secrets. Dans l’affaire Prodac, les avocats de Mame Mbaye Niang ont décidé de porter plainte contre le ministre Cheikh Diba qui aurait avalisé puis fourni un document au Premier ministre.
L’acte est-il juridiquement recevable ?
Cela m’étonnerait qu’on puisse engager sa responsabilité. Il a trouvé un pré-rapport que le ministre des Finances devait valider. Promu à ce poste et du fait de la continuité du service, c’est de bon droit qu’il puisse le faire. Aussi, en tant que membre du gouvernement, il se doit de transmettre toute information ou document utile réclamé par le Premier ministre qui coordonne l’action du gouvernement. L’utilisation qui en sera faite n’est pas de son ressort. S’il y a faute, c’est peut être Ousmane Sonko qui utilise sa position de Pm et des documents officiels pour servir ses propres intérêts dans un dossier qui le concerne directement. Encore que rien n’empêche à Sonko de préparer sa propre défense avec les moyens dont il dispose.
