Cdeps : Mamadou et sa Kane

Défense de la liberté de presse
Des “nihilistes inspirés par Bakounine et Kropotkine”
Mamadou Ibra Kane, les membres du (et non de la) Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal), leur avocat et ceux qui se prononcé en leur faveur seraient tous des “nihilistes inspirés par Bakounine et Kropotkine”. C’est en tout cas l’avis des obscurantistes quand l’organisme s’est dressé pour la défense des intérêts matériels et moraux des journalistes, toutes générations confondues.
Bilan : Félicitations à Mamadou Ibra Kane et compagnie ; malgré la peur devant l’Inquisition née avec les ides de mars 2024, ils ont su préserver le secteur coloré de la presse : ils ont infligé une correction historique au titi parisien.
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Le Conseil constitutionnel (ou la Cour suprême, selon le cas) invalide régulièrement des mesures restrictives contre la presse au Sénégal, car elles portent atteinte à la liberté d’expression garantie par la Constitution. Récemment, des arrêtés ministériels créant une plateforme de validation des médias ont été annulés par la Cour suprême pour abus de pouvoir et menace sur la liberté d’information. Ces décisions confirment que l’État ne peut pas arbitrairement contrôler l’existence légale des médias, protégeant ainsi le droit à une presse libre et pluraliste–Wikipedia.
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La forme n’y est pas avec un nouveau pouvoir favorisé par un climat international fait de violations des droits depuis les attentats contre les Tours jumelles qui ont favorisé la théorie de la vérité alternative du début des années 2000.
« La vérité est une question politique », de Gloria Origgi : philosopher à l’ère de la post-vérité
Que faire quand le mensonge menace la vie démocratique ? La philosophe ouvre quelques pistes dans un essai modeste et stimulant.
Par Florent Georgesco, Le Monde des Livres, publié le 11 avril 2024.
Plutôt que sur les faits, une “vérité alternative” se fonde sur les expériences ressenties. Alors que l’on parle souvent “d’ère de la post-vérité”, la philosophe Gloria Origgi explique comment la vérité fait l’objet de récupérations politiques pour séduire les électeurs. France culture.
La restructuration du secteur de la presse au Sénégal est pourtant un passage obligé, après plusieurs alertes d’hommes des médias et des analystes de l’évolution de la presse au Sénégal. Me Wade lui-même avait nourri quelque velléités devant une presse libre appuyée à coup de milliards. Certaines études–Cairn.info : https://shs.cairn.info › article › POLAF_101_0181 › pdf : La presse écrite sénégalaise et ses dérives et certains professeurs du cru déplorent le manque de réactivité de la presse sénégalaise face au temps, elle connue depuis 1881. (La presse écrite sénégalaise a raté le virage du numérique, osiris.sn, https://osiris.sn › la-presse-ecrite-senegalaise-a-rate-le-vir…, 12 Sàt, 2017 — Les quotidiens sénégalais ont ”raté le virage du numérique” car n’ayant pas pu créer des innovations technologiques aptes à leur permettre—
Le développement concomitant presse-partis politiques s’est vérifié au Sénégal dans les moments pluralistes qui n’étaient pas forcément démocratiques : la densité physique l’a ainsi emporté sur la densité morale durant la coloniale. Senghor y met le holà au nom de la Nation culturelle avant l’explosion sous Abdou Diouf et sa démocratie intégrale. L’histoire est connue. La formation vérifiée a donné ses titres de noblesse à la presse qui a cependant ouvert la voie à une invasion de sans-papiers qui ont limité la démarche en l’expurgeant de son trépied de collecte-traitement-diffusion, le second terme renvoyant à une construction.
Les partis politiques ont cependant réussi leur mutation à partir des années 90, poussés par une opinion selon laquelle le plus n’était plus le meilleur et qui distribuait son vote avec parcimonie. Les coalitions aujourd’hui dépassées ont aidé au mariage de la carpe et du lapin.
La presse a d’autant plus raté ce tournant que l’évolution de la technologie la mettait devant une réalité nouvelle qu’elle n’a pas su gérer : l’information devenait gratuite, littéralement, devant une concurrence qui se brûlait les doigts avec la dépêche.
Presse et partis politiques sont liés dans l’évolution politique du Sénégal ; leurs nombres correspondent d’ailleurs, 300. Hier comme aujourd’hui. Dans sa thèse de doctorat en Communication, Samba Mangane donne le tableau suivant : au total, entre 1886 et 1960, 121 titres paraissent au Sénégal, répartis ainsi qu’il suit
| Période | Saint-Louis | Dakar | autres villes | |
| 1885–1914 | 13 | 15 | ||
| 1914-1960 | 15 | 68 | 10 |
En 1974, Gabriel Jacques Gomis, Moctar Kébé et les bureau de l’Association nationale des Journalistes du Sénégal se sont lancés dans la création d’un nouveau code de la presse et devaient préciser la qualité de journalistes et techniciens assimilés. Le Comité dirigé par Kane ne doit donc pas se tromper de combat. C’est plus un combat pour une densité morale que physique que mènent le Cdeps…et le pouvoir. Sauf que la Moralität, après Hegel, n’est pas toujours innocente.
Pathé MBODJE
