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Bargny, une ville légendaire prise en otage  Par Ndiapaly GUEYE & Abou Abass DIOP

La ville de Bargny étouffe. Étranglée qu’elle est de toutes parts par des monstres, lesquels, inéluctablement prendront le dessus sur elle : la Sococim, la centrale à charbon, le port minéralier et vraquier et cette nouvelle ville Diamniadio, last but not least, l’érosion côtière avec l’avancée de la mer sont des menaces graves qui continuent de hanter le sommeil des populations riveraines. En outre, ces sociétés machiavéliques continuent insatiablement d’étendre leurs tentacules foncières au fin fond des entrailles de cette ville et balayant tout sur leur passage, comme les déferlantes vagues qui détruisent tout sans état d’âme. Même certains vestiges historiques, des objets si précieux que nos ancêtres morts emportaient avec eux, n’auront pas pu résister à cette boulimie foncière exercée par ces fossoyeurs et briseurs de rêves.

Les conséquences sont incalculables chez les populations bargnoises, particulièrement sa jeunesse.

Une ville historique qui fut le creuset des grands érudits du Coran appelés hafiz, Bargny est aujourd’hui devenue une ville  annexée, spoliée, anéantie, illégalement limitée, géographiquement charcutée, humainement polluée par ces industries minières, portuaires, infrastructures multiformes  qui ne sont pas consubstantielles à un beau cadre de vie.

Le taux de mortalité a drastiquement évolué en raison des maladies cardiaques, bronchiques, des maladies ophtalmiques liées à l’intensification des fuites de produits nuisibles et nocifs à la santé humaine ;  il urge de tirer expressément la sonnette d’alarme avant que l’irréparable ne se produise. Les Bargnois sont plus que jamais interpelés face à la dégradation progressive de leur cadre de vie.

Une véritable révolution urbaine s’impose. Tous les fils de Bargny ont l’obligation de s’indigner de la destruction de leur écosystème, car cette agression urbaine  ne peut  plus continuer à fragiliser la santé de leurs populations. Les environnementalistes et autres protecteurs de la nature, de la biodiversité sont invités à juguler cette hécatombe, dont les dessous pécuniaires et mercantiles ne sont que la face visible de l’iceberg. Si rien n’est fait, Bargny disparaîtra tout bonnement.

En définitive, la conscience collective des Bargnois doit retentir. Il leur faut aujourd’hui des dirigeants responsables, soucieux de l’intérêt général pour contraindre les pouvoirs publics à respecter les habitants de Bargny. La vie humaine est sacrée, il faut la préserver dans toute sa plénitude.

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